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Le dragon qui ne crachait plus que de la fumée : la Chine essorée par son modèle de développement

Publié le 19 juillet 2013
Les mécanismes qui permettent à l'investissement et à la consommation de s'équilibrer - ces milliards de décisions de millions d'acteurs décentralisés qui font émerger des tendances - sont absolument grippés en Chine.
Pascal-Emmanuel Gobry
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Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.
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Les mécanismes qui permettent à l'investissement et à la consommation de s'équilibrer - ces milliards de décisions de millions d'acteurs décentralisés qui font émerger des tendances - sont absolument grippés en Chine.

Depuis que la Chine a renoué avec la croissance, la tentation a été forte de par le monde de tirer des leçons de son prétendu “modèle” d'investissement dirigé par l'Etat et orienté sur l'export et l'industrie.

Mais certaines voix se sont élevées pour dire que le modèle chinois n'en était pas un. La Chine est un pays avec une population très importante et bien éduquée, une position centrale dans le monde, une diaspora étendue et ayant bien réussi dans les affaires. C'est aussi un pays dont les dirigeants politiques ont méthodiquement détruit toute la capacité productive pendant des décennies.

Comme son nom l'indique, la croissance est un taux de croissance. On peut avoir un taux de croissance élevé et rester un pays très pauvre, ce qui est le cas de la Chine. Lorsqu'un pays avec autant d'atouts décide d'avoir des politiques un peu moins folles et totalitaires, il aura forcément un taux de croissance élevé, et ce fut le cas de la Chine. Ce taux de croissance, en soi, n'indique pas grand-chose.

Et, de fait, aujourd'hui, la Chine se ralentit. Comme le signale Paul Krugman dans une chronique hier, tous les observateurs sont d'accord pour dire que l'économie chinoise est entrain de gravement ralentir, avec beaucoup de problèmes à l'horizon.

La raison la plus généralement avancée est que la Chine doit rééquilibrer son économie depuis l'investissement vers la consommation et qu'elle a du mal à faire ce rééquilibrage. Depuis des décennies, l'Etat et les entreprises chinoises investissent une très grande partie du produit intérieur brut pour construire les usines et l'infrastructure nécessaires à la politique de croissance par l'export de la Chine. Seulement voilà, au bout d'un moment, il y a de moins en moins de choses dans lesquelles investir. Et si l'investissement est une grande partie du PIB et qu'il baisse, le PIB baisse. La question est : est-ce que la consommation des ménages peut prendre la relève? La réponse est non.

Cette raison généralement avancée est la bonne, mais elle ne suffit pas. Pourquoi est-ce que la Chine est en sur-investissement? Pourquoi est-ce que les ménages ont du mal à prendre le relais de l'investissement?

Il faut comprendre que, si en Occident nous voyons le leadership chinois comme des grands manitous très malins à qui leur régime autoritaire confère les pleins pouvoirs, c'est probablement l'inverse qui est vrai. L'administration chinoise est tellement tentaculaire et tellement corrompue qu'en pratique, l'action publique est chaotique. Il faut aussi comprendre que la Chine a certes un régime autoritaire, mais plus totalitaire, et que les leaders doivent prendre en compte les priorités de divers lobbies pour, pensent-ils en tout cas, empêcher la cocotte d'exploser. Or le lobby le plus puissant en Chine (après l'armée) est celui des entreprises exportatrices qui dominent l'économie. Nous pensons que la stratégie de soutien à l'export du gouvernement chinois est un coup de génie machiavélique, mais en réalité, le mécanisme est exactement le même que nous connaissons si bien dans nos démocraties : la capture des politiques publiques par des intérêts privés.

Tout cela a plusieurs conséquences. La politique de monnaie faible de la Chine permet aux entreprises d'exporter plus mais baisse le pouvoir d'achat des chinois, qui ne peuvent pas consommer assez et sont appauvris.

Mais surtout, l'économie est trop centralisée. Pourquoi est-ce que, si la Chine investit trop depuis 10 ans, la plupart des chinois vivent toujours dans des habitations délabrées ? L'immobilier est une forme d'investissement. Pourquoi est-ce que, s'il faut rééquilibrer de l'investissement vers la consommation, les banques ne prêtent pas aux citoyens pour consommer au lieu de prêter aux entreprises ?

Parce que l'économie est centralisée et l'Etat corrompu. Les manufacturiers font pression sur l'Etat qui font pression sur les banques (semi) publiques qui accordent aux manufacturiers des crédits qu'ils ne devraient pas lui accorder. Et comme les banques sont subventionnées et répondent aux directives du gouvernement central, elles ne répondent pas aux besoins des consommateurs. Les responsables locaux du Parti construisent des usines qui ne servent à rien et des immeubles dans lesquels personne ne vivra, parce que ces constructions génèrent une augmentation comptable du PIB, qui permet à la Chine d'atteindre ses objectifs centralement décidés de croissance, et donc au responsable local d'être promu.

On ne le répètera jamais assez : l'économie est d'abord un mécanisme de transmission de l'information, mécanisme qui fonctionne d'autant mieux toutes choses égales par ailleurs qu'il est décentralisé. Les chinois vivent dans des taudis et l'Etat construit des villes-fantôme gigantesques. Le problème de fond n'est pas qu'il y a trop d'investissement ou pas assez de consommation, le problème de fond est que les mécanismes qui permettent justement à l'investissement et à la consommation de s'équilibrer - ces milliards de décisions de millions d'acteurs décentralisés qui font émerger des tendances- sont absolument grippés.

Le développement de la Chine est un des événements les plus heureux du 20ème siècle. Mais le prétendu modèle chinois est en réalité un anti-modèle. La Chine doit évoluer et nous ne devons pas nous méprendre sur la réalité de son système.

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un_lecteur
- 23/07/2013 - 15:30
Qui connait la Chine?
Un pays très grand, un peuple intelligent et travailleur...
Gobry ferait mieux de s'intéresser à non problemes à nous qu'à ceux de la Chine qu'il ne connait manifestement pas.
Ce pays n'est pas a notre échelle, il a d'énormes problèmes, à commencer par celui de la pollution.
Mais au moins il les affronte au lieu de les nier comme nous..
Et surtout il applique le principe valable dans toute l'Asie : "celui qui ne travaille pas ne mange pas".
Chez nous c'est "celui qui ne travaille pas vit mieux que celui qui travaille". À crédit.
Depuis plus d'un siècle, les chinois ont vécu l'enfer : guerres civiles, guerres étrangères, maoïsme...ils en sont sortis.
Dans notre cas, l'enfer est devant nous.
un_lecteur
- 23/07/2013 - 15:30
Qui connait la Chine?
Un pays très grand, un peuple intelligent et travailleur...
Gobry ferait mieux de s'intéresser à non problemes à nous qu'à ceux de la Chine qu'il ne connait manifestement pas.
Ce pays n'est pas a notre échelle, il a d'énormes problèmes, à commencer par celui de la pollution.
Mais au moins il les affronte au lieu de les nier comme nous..
Et surtout il applique le principe valable dans toute l'Asie : "celui qui ne travaille pas ne mange pas".
Chez nous c'est "celui qui ne travaille pas vit mieux que celui qui travaille". À crédit.
Depuis plus d'un siècle, les chinois ont vécu l'enfer : guerres civiles, guerres étrangères, maoïsme...ils en sont sortis.
Dans notre cas, l'enfer est devant nous.
gliocyte
- 20/07/2013 - 08:45
Et la relativisation?
"Mécanismes absolument grippés" M Gobry ne fait pas dans la dentelle. Il sait! Il y a tout de même un facteur très important à prendre en ligne de compte, à savoir la capacité du chinois à rendre conciliables deux entités contradictoires, ce dont l'occidental est incapable. Cela fait, d'ailleurs, la force de ce peuple.
Rien n'est joué. Etre aussi péremptoire est bien présomptueux.
" La vérité est le point d'équilibre entre deux contradictions" Voilà un proverbe chinois que beaucoup devraient méditer.