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Bug dans la politique environnementale : les leçons de la crise de la betterave

Publié le 02 août 2020
Les néonicotinoïdes permettant la protection des récoltes ont été interdits en 2016 en raison du principe de précaution de l'environnement et des abeilles.
Cyrille Milard
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Cyrille Milard est agriculteur et président de la FDSEA 77. 
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Jean-Marc Boussard est économiste, ancien directeur de recherche à l’INRA et membre de l’Académie d’Agriculture.Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont La régulation des marchés agricoles (L’Harmattan, 2007). 
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Les néonicotinoïdes permettant la protection des récoltes ont été interdits en 2016 en raison du principe de précaution de l'environnement et des abeilles.

Atlantico.fr : Les néonicotinoïdes permettant la protection des récoltes ont été interdits en 2016 en raison du principe de précaution de l'environnement et des abeilles. Est-ce justifié selon vous ? 

Cyrille Milard : Dans le cas de la betterave, aucunement. Les néonicotinoïdes appliqués sur la betterave ne tuent pas d’abeille pour une simple raison : il n’y a pas de butinage de leur part car les betteraves ne font pas de fleur. 

Depuis la nuit des temps, je n’ai jamais vu une abeille sur un champ de betterave. Nous sommes donc en train de trouver une solution à un problème qui n’existe pas. Aujourd’hui, nous sommes face à une catastrophe annoncée. Nous avions déjà dit à l’époque qu’il s’agissait d’une hérésie d’interdire ces produits sur la betterave, et nous sommes à présent face à une attaque de pucerons sans précédent qui ont transmis le virus de la jaunisse. Cette invasion va nous faire perdre 50% de nos rendements sur la betterave et cela aura de lourdes conséquences : s’il n’y a plus de betteraves pour approvisionner les usines, elles fermeront d’ici un an. C’est un milliard de perte dans la balance commerciale pour la France et 45.000 emplois qui vont disparaître. 

Jean-Marc Boussard : Les  « néonicotinoïdes », c’est  un groupe de substances qui attaquent le système nerveux des insectes, comme le fait la nicotine du tabac. Ce sont des insecticides efficaces, utilisés  en pulvérisation, mais surtout  en « enrobage de semences » : les semences sont enfermées dans une sorte de gangue riche en néonicotinoïdes. Les jeunes pousses les absorbent, ce qui rend la plante invulnérable aux attaques d’insectes, sans qu’aucun nuage toxique ne vienne planer au dessus du champ.   Ces produits  ont eu un succès considérable dans les années récentes, d’autant plus que l’on interdisait  au même moment une foule d’insecticides utilisés en  pulvérisation.   

Ils ont cependant  fait l’objet de critiques très vives, d’abord de la part des apiculteurs (les éleveurs d’abeilles) qui les accusent d’être la cause de la mortalité élevée constatée dans les ruches au cours des années récentes. Il s’agit là d’une hypothèse intéressante, mais non démontrée, car la preuve formelle en est difficile à apporter. En outre, et contrairement à une idée reçue,  les abeilles domestique ne sont pas du tout indispensables à la  pollinisation ( l’action par laquelle les grains de pollen sont transportés sur le pistil des fleurs, en permettant ainsi la reproduction ),  parce qu’il existe une foule d’autres insectes susceptibles de jouer le même rôle. Si par conséquent les néonicotinoïdes étaient vraiment à l’origine des pertes enregistrés dans les colonies d’abeilles, ce serait dommage pour les apiculteurs (qui pourraient peut être réclamer indemnisation), mais pas une catastrophe pour l’environnement en général. 

Cependant - et surtout - , on observe  que ces produits laissent des résidus dans les sols. Ceux-ci peuvent alors être absorbés par les plantes, même celles que personne n’avait envisagé de traiter, et cela, après plusieurs années. C’est principalement cette dernière observation  qui se trouve à l’origine des législations interdisant les néonicotinoïdes dans l’Union Européennes, avec cependant des exceptions dans le cas des cultures en milieu artificiel comme les serres, lorsque des dispositions sont prises pour éviter que les produits puissent sortir hors du bâtiment.

Atlantico.fr : Cette décision a-t-elle été prise sans données scientifiques réelles ?

Jean-Marc Boussard : Le lien entre la baisse des populations de pollinisateurs   et l’usage des néonicotinoïdes est loin d’avoir été démontré de façon indiscutable. Mais le contraire non plus. On est donc ici dans l’inconnu. Quand à la question de l’existence de résidus dans les sols, elle est prouvée, mais les conséquences possibles à long terme sont encore mal évaluées. Ici joue évidemment le « principe de précaution » : tant qu’on peut soupçonner une pratique d’être dangereuse, et tant qu’on a pas démontré que cette crainte était vaine, il convient de l’interdire. Or la démonstration de la « non-dangerosité » est quelquefois difficile à faire, ce qui conduit à prendre des précautions inutiles. Il est possible que ce soit le cas ici.  

En tout cas, nous sommes cette année en face d’un nouveau problème, celui de la « jaunisse de la betterave » : c’est une maladie causée par un virus - rien à voir, par conséquent, avec les néonicotinoïdes. Mais ce virus (contre lequel on ne possède pas de parade) est transmis par un puceron,  qu’il  faudrait  donc pouvoir éradiquer pour éviter la maladie. Or l’enrobage des graines de betteraves avec des insecticides est très efficace pour cela : les planteurs de betterave réclament donc une dérogation pour pouvoir enrober leurs graines pour la prochaine récolte, faute de quoi on se retrouvera sans production de sucre l’an prochain.

Cyrille Milard : C’est un dossier purement dogmatique et politique. Un vrai totem des écologistes et cela a été voté par des députés qui n’avaient pas forcément les données scientifiques et qui ont répondu à une pression environnementale et écologique. Aujourd’hui, les 105 députés qui encouragent la réintroduction des néonicotinoïdes pour la betterave sont ceux qui étaient absents dans l’hémicycle le jour du vote. 

Nous les avons alerté en leur disant que c’était une bêtise de faire ça, qu’il n’y avait aucun risque pour les abeilles. Quelle a été leur réponse ? Nous dire que l’interdiction était valable pour toutes les cultures. Pourtant, paradoxalement, il faut savoir que vous pouvez retrouvez les néonicotinoïdes sur les colliers anti-puce de vos chiens et chats, et cela en vente libre. C’est un produit qui est censé être très dangereux, on nous l’a interdit en agriculture pour de mauvaises raisons, et on l’autorise pour les colliers d’animaux alors que c’est un perturbateur endocrinien. Nos animaux de compagnies les portent, nos enfants les caressent et cela ne pose de problème à personne. 

Ce principe d’interdire est déjà révoltant, mais en plus autoriser les néonicotinoïdes à certains cas est véritablement aberrant, incompréhensible, car l’homme est en contact direct avec. Pour rappel, il n’y a aucun risque à ce que l’on en retrouve dans le sucre. 

Atlantico.fr : Vous a-t-on proposé des solutions ?

Cyrille Milard : On savait que ça la jaunisse pouvait apparaître, mais personne n’y était confronté car nous avions ce traitement. Il a fallu attendre l’interdiction pour s’en rendre très vite compte. Il suffit d’un puceron sur une betterave pour que celle-ci contracte la jaunisse. Nous avons cette année centaine de pucerons par betterave. Auparavant, nous utilisions les produits efficaces. Cette année, nous avons utilisé des insecticides qui n’ont rien changé, et on nous demande de nous en contenter. Pour eux, la solution est l’épandage aérien. Mais il y a vrai risque de pollution à cette technique : nous tuons la biodiversité, notamment les coccinelles, qui mangent à elle seule 10 à 30 pucerons par jour. Nous avons besoin d’elles et nous les éradiquons malgré nous avec les autres insecticides proposés. Conclusion : nous ne comprenons plus.

Atlantico.fr : La filière est-elle suffisamment considérée par le gouvernement selon vous ? 

Cyrille Milard : Barbara Pompili a dit sur un média que le gouvernement ne reviendrait pas sur cette décision, et a affirmé que la France importerait. Elle est prête à sacrifier le bassin d'emplois et la filière. Pire, elle a expliqué qu’en cas de pénurie, nous importerions du sucre étranger, taxé bien évidemment car il ne respectera pas  les normes du pays. Sauf que dans ce cas, les Français paieront plus cher leur sucre. Et à cela s’ajoutent bien d’autres conséquences. Coca-cola, par exemple, fabrique en France. Si demain le sucre est importé, il délocalisera, et cela aura de nouvelles conséquences sur l’emploi. 

Nous sommes révoltés. Aujourd’hui, il y a une exploitation sur deux qui fait de la betterave en Seine-et-Marne. Les exploitations qui n’en font pas survivent, et nous, c’était la betterave qui nous faisait vivre. Cette année, je vais débourser 1000 euros par hectare, soit le double de mon revenu avec cette histoire de pucerons que nous ne parvenons pas à éradiquer. 

Enfin, ajoutons que personne ne veut parler des perturbateurs endocriniens dans les eaux, parce que les stations d’épurations avec les sécheresses sont le seul moyen d’alimenter nos rivières. Un poisson qui se fait alimenter par une station d’épuration, avec des perturbateurs endocrinien, ça ne fait pas bon ménage mais personne en parle. Nous avons donc l’impression que l’on nous tape dessus en permanence, que l’écologie ne passe que par l’agriculture, mais aucune solution alternative ne nous est proposée. Nous devons nous débrouiller seuls. Nous sommes preneurs de toutes solutions écologiques, faut-il encore nous en donner. Si demain on vous demande d’utiliser votre voiture 6 mois dans l’année, vous allez vous demander comment faire les 6 autres suivants. « Débrouillez-vous », vont-ils vous répondre. Voilà à quelle genre de situations nous sommes confrontés. 

Jean-Marc Boussard : Depuis Napoléon Ier, la « filière  sucre » est l’objet de phase alternatives de passion gouvernementale, puis de désintérêt total. Aujourd’hui, nous serions plutôt dans une phase de désintérêt, avec la suppression des « quotas betteraviers » et la libéralisation totale de la production de sucre. De fait,  jusqu’en 2017,  chaque producteur de sucre titulaire de « quota » était sûr de pouvoir vendre à prix fixé une quantité de sucre déterminée. La somme des « quotas » de  l’ensemble des producteurs correspondait en gros à la consommation nationale. Ce système a été supprimé à la demande des producteurs, qui se croyaient capables d’augmenter leur production pour  vendre sur les marchés internationaux « libres ». Hélas pour eux, à la suppression des quotas, le prix s’est effondré, leur causant de lourdes pertes, et entraînant la disparition de nombreuses sucreries. 

Bien évidemment, le virus de la jaunisse n’arrange pas les choses... Cependant,  sait-on jamais, en réduisant encore la production, il pourrait faire monter les prix à des niveaux jamais atteints. De fait,  l’utilisation du  sucre est très peu sensible au prix, qui doit atteindre des valeurs très élevées pour en réduire significativement la demande... Dans cette hypothèse, les derniers planteurs qui auraient surmonté à la fois la baisse du prix et la jaunisse de la betterave  feraient fortune. Ce serait alors les consommateurs de sucre qui pourraient se plaindre, et réclamer une levée au moins provisoire de l’interdiction des néonicotinoïdes pour la betterave afin de résorber cette pénurie dramatique et coûteuse... Bien sûr, on pourrait importer du sucre de canne, mais avec quoi le payer ? 

A noter qu’une solution simple pour réduire l’utilisation des néonicotinoïdes, et les réserver  à des usages indispensables,  serait de les frapper d’une taxe significative qui en augmenterait le prix de façon substantielle : ainsi économiserait-on une armée de contrôleurs chargés de vérifier l’absence de ces produits dans les entrepôts, et pourrait-on en réduire la consommation  à un niveau compatible avec la capacité d’absorption de l’environnement (il est vrai, pas simple à déterminer...)...Cela a très bien marché avec le tabac. Pourquoi ne pas essayer avec les néonicotinoïdes ?

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Commentaires (3)
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brennec
- 04/08/2020 - 12:16
@Zèbre Zélé
Avant on avait des rendements infiniment inférieurs mais ce n'était pas un handicap commercial car c'était le cas pour tout le monde.
SD..
- 03/08/2020 - 14:59
@zebre Zélé
C’est une très bonne question que l’on ferait bien de se poser plus souvent, surtout tout en haut de l’état!! Je vais tenter une réponse:
Remontons avant la seconde guerre mondiale: pourcentage d’agriculteurs dans la population active : 75%, on était donc beaucoup plus dans l’auto subsistance. On ne mourait pas de faim en France, mais la main d’œuvre remplaçait les tracteurs et pecticides. On utilisait les chevaux, la binette pour désherber, et la main d’œuvre pour enlever les doryphores ou autres chenilles.
On consacrait un budget beaucoup plus important à la nourriture, sachant qu’aujourdh’ui La part consacrée à l’alimentation est de 14% du budget, sachant que c’est 14% à la sortie du supermarché, après transformation et autres marges. La part de matières premières est de 15% des 14%; autrement la part du budget nourriture qui va aux agriculteurs est très faible .
Autre point: les coûts de main d’œuvre agricole était très faible: pas de charges liées à la sécu, à la retraite. Les ouvriers logeaient souvent dans les fermes avec les animaux. Regardez à nouveau « les enfants du marais », les ouvriers avaient de petits logements d’une pièce, ce film n’est pas une caricature.
Zèbre Zélé
- 03/08/2020 - 11:46
Comment faisions nous avant ?
Comment faisions-nous avant les pesticides et néonicotinoïdes ?