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Des scientifiques ont trouvé la solution pour sauver la planète… Le problème, c’est qu’elle coûte 176 000 milliards de dollars

Publié le 07 décembre 2014
Plutôt que de réduire les émissions de CO2, il est désormais possible de les capturer et les enterrer avant que celles-ci ne se répandent dans l'atmosphère. Le plus ambitieux de ces projets a démarré au mois d'octobre, à Saskatchewan dans l'Ouest canadien.
Stephan Silvestre
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Stephan Silvestre est ingénieur en optique physique et docteur en sciences économiques. Il est professeur à la Paris School of Business, membre de la chaire des risques énergétiques.Il est le co-auteur de Perspectives énergétiques (2013, Ellipses) et de...
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Plutôt que de réduire les émissions de CO2, il est désormais possible de les capturer et les enterrer avant que celles-ci ne se répandent dans l'atmosphère. Le plus ambitieux de ces projets a démarré au mois d'octobre, à Saskatchewan dans l'Ouest canadien.

Atlantico : Concrètement, comment ce procédé fonctionne-t-il ?

Stephan Silvestre : Le procédé de capture et stockage de CO2 (CCS en anglais) consiste en trois principales phases : la capture, qui consiste à séparer le CO2 des autres gaz traités, le transport, généralement par gazoduc et enfin la séquestration dans des couches géologiques adaptées, comme des réservoirs vides d’hydrocarbures, des anciennes mines de charbon ou encore des aquifères salins.

C’est l’étape de capture qui est la plus complexe et onéreuse. Ce procédé est déjà mis en œuvre depuis une petite vingtaine d’années sur certains sites de production de gaz naturel. L’idée serait de généraliser cette technique à d’autres sites émetteurs de CO2, notamment les centrales thermiques.

Quelles sont les initiatives déjà entreprises dans le monde ? À quel rythme parviennent-elles à capturer le dioxyde de carbone ?

Pour le moment, les unités existantes sont des sites d’exploitation ou de traitement d’hydrocarbures, en Algérie, en Norvège, aux États-Unis et au Canada. Il y a plusieurs raisons à cela : d’une part, le gaz naturel doit être débarrassé de son CO2 pour être commercialisé. Cette étape étant la plus critique, il n’est pas difficile d’injecter ensuite le CO2 dans le puits d’où provient le gaz. La technique dite EOR permet de plus d’améliorer l’extraction de pétrole.

Ensuite, le CO2 n’a pas besoin d’être transporté vers un site adapté. Enfin, les concentrations de CO2 sont suffisamment élevées. Ces sites injectent entre 1 et 10 millions de tonnes de CO2 par an. Au total, cela représente quelques dizaines de millions de tonnes par an, chiffre dérisoire au regard des 10 milliards de tonnes émises chaque année par l’humanité.

En dehors de la pétrochimie, il n’existe pas de site industriel opérationnel, notamment de centrales électriques. De nombreux projets sont en cours. Toutefois, les quantités capturées seront très inférieures à celles des sites d’hydrocarbures.

S'il fallait capturer l'ensemble des émissions des centrales électriques du monde entier, cela reviendrait à 176 000 milliards de dollars (soit 143 000 milliards d'euros). Au regard du coût de cette technologie, peut-on réellement la considérer comme une solution capable de réduire les émissions de dioxyde de carbone ?

Pour le moment il existe de sérieux doutes sur la viabilité économique de ces projets. Le procédé CCS induit un coût de l’ordre de 40 à 90 € par tonne de CO2. Si l’on compare ce chiffre au cours actuel du crédit carbone, actuellement inférieur à 5 € la tonne, on comprend qu’il est plus intéressant d’acheter des droits d’émission que de séquestrer du CO2. Pour les centrales électriques, on estime le surcoût du kWh de 25% à 60%. Ce surcoût est actuellement rédhibitoire en Europe et ailleurs.

À l’évidence, non. Elle continuera d’être exploitée dans l’exploitation d’hydrocarbures car elle est relativement aisée et permet de réduire leur impact carbone, mais son effet à l’échelle humaine restera marginal. En effet, indépendamment de toute considération économique, la CCS ne concerne qu’une faible partie des émissions humaines : celles qui sont concentrées à la source. Mais la plus grande partie est diffuse : combustion dans les moteurs, combustion dans les chaudières ou agriculture. Quant sources d’émissions captables, encore faut-il qu’elles ne soient pas trop éloignées d’un site de stockage.

Sous quelles conditions pourra-t-on diminuer le coût des procédés ?

Des travaux de recherche sont en cours sur divers procédés organiques ou biochimiques. Mais c’est plutôt du génie génétique qu’une rupture pourrait intervenir. Pour pallier le problème de l’accès à un site géologique approprié, le stockage minéral, testé en Australie, est séduisant. Mais il est encore onéreux et très énergivore.

 

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Commentaires (1)
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Karg se
- 07/12/2014 - 10:20
Risible
Terminer la R&D et construire 10 000 réacteurs au thorium couterait dix fois moins cher, c'est ridicule de proposer ce genre de solution.