Paris, 12 fév 2019 (AFP) - Les chefs de file des députés LR Christian Jacob et UDI-Agir Jean-Christophe Lagarde ont plaidé mardi pour un changement de la loi afin que les actes antisémites, qui ont connu un bond de 74% en 2018, soient davantage condamnés.

"Il y a beaucoup d'inquiétude" et les actes des derniers jours - image de Simone Veil barrée d'une croix gammée, tag "Juden" sur la vitrine d'un restaurant parisien, arbre en mémoire d'Ilan Halimi coupé - sont "inacceptables", a estimé M. Jacob lors d'une conférence de presse.

Les députés LR ont "tenté à plusieurs reprises" d'élargir le champ des poursuites pour "appels à la haine, à la violence", notamment sur les réseaux sociaux qui "sont parfois des déversoirs de haine". Il faudrait reprendre l'idée "pour les actes antisémites, et aussi les attaques contre les églises", selon M. Jacob.

Jean-Christophe Lagarde a indiqué devant la presse qu'il allait déposer une proposition de loi pour "une augmentation des peines". Et de lancer: "Le temps des condamnations morales, ça suffit".

De leur côté, des députés LREM ont suggéré "des mesures d'éducation", en cette semaine d'examen par l'Assemblée d'un projet de loi sur l'école. "Il y a une option, c'est l'éducation": "mieux prévenir, mettre des mots, des images sur cette atroce réalité, informer", selon la porte-parole Olivia Grégoire, qui a aussi appelé à "de la fermeté absolue sur ces actes".

Sa collègue Elise Fajgeles a aussi appelé devant la presse à "un état d'urgence sur l'antisémitisme", avec "des mesures concrètes, peut-être des mesures d'éducation".

"Notre pays est en train de prendre un mauvais pli" et "c'est un climat contre lequel nous devons nous insurger, lutter, apporter des réponses", a affirmé le président du groupe LREM Gilles Le Gendre, en estimant que le grand débat national pouvait "réintroduire petit à petit de la civilité" dans la société.

Dans une tribune transmise à l'AFP, le député François Pupponi (Libertés et territoires), ancien maire de Sarcelles (Val-d'Oise), a jugé que "la seule chose à faire devant cette situation insupportable serait tout d'abord de présenter des excuses à la communauté juive de France devant l'incapacité de la République à la protéger".

Et "ensuite d'être intraitable quotidiennement contre tous ces actes qui, petit à petit, gangrènent notre République dans l'indifférence de nos institutions".

"Ne jamais laisser faire, ne jamais banaliser", a appelé Pierre Dharréville (PCF). "La question de la résurgence de l'antisémitisme est l'affaire de tous les républicains", pour Boris Vallaud (PS). Le sujet a aussi été le fil rouge des questions au gouvernement.

parl/tes

Publié le 12/02/2019 04:40