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Le coup d'Etat monétaire (Digest) Les erreurs qui ont transformé l'euro en machine à étouffer la croissance
Auteur : Mathieu Mucherie
Des conditions monétaires trop restrictives maintenues par une Banque centrale ivre d'indépendance : telle est la cause principale et invariante décelée par Mathieu Mucherie pour expliquer la situation dans laquelle se trouve la zone euro depuis ces sept dernières années.
A paraître Rentrée 2014
28 pages
44min de lecture
Expert
ISBN: 978-2212-86942-2
Mathieu Mucherie
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Le coup d'Etat monétaire n’est pas un énième livre pour ou contre l’euro. Les 4 parties ont été conçues pour pouvoir être lues par des partisans comme par des adversaires de l’euro. C’est la doctrine de l’indépendance maximale, avec ses abus, ses contradictions et ses cachotteries, qui doit tomber si l’on souhaite obtenir enfin une détente monétaire ; et il n’y a pas besoin pour cela de changer le traité européen : ce n’est pas ce dernier qui a fait de l’inflation la seule boussole de la BCE, ce n’est pas lui qui autorise la BCE à chasser les politiques des questions de taux de change, ce n’est pas le traité qui empêche un quantitative easing ou un débat monétaire de qualité sur le Vieux Continent. La détente monétaire procurerait un grand réconfort pour les pays, les ménages et les entreprises, et un sursis significatif pour l’euro.

La détente monétaire est la condition sine qua non pour une amélioration pérenne des perspectives en zone euro, pour le remboursement sans trop de heurts des dettes privées et publiques, et pour le maintien d’un certain affectio societatis européen. Cette détente n’est pas du tout une " solution de facilité " ou un "retour aux années 1970". Elle a été promise maintes fois (SMP, OMT…), elle n’est jamais arrivée, comme les promesses d’une plus grande transparence depuis 15 ans. On nous a promis " les soviets et l’électricité ", nous avons un cadre monétaire qui n’est compatible, ni avec les exigences de base de la démocratie, ni avec les principes monétaires qui ont fait leur preuve face aux crises. On avait promis aux pays périphériques des taux allemands en échange d’une renonciation aux dévaluations : ils ne peuvent plus dévaluer depuis 15 ans, mais depuis 4 ans ils n’ont plus des taux allemands. On avait promis aux Français une gestion de l’euro équilibrée, susceptible de nous rendre moins dépendants de la FED et de la Bundesbank : nous sommes piégés dans un currency board qui ne dit pas son nom, et dans une politique monétaire du tiers payant où la FED agit plus que jamais comme seul réassureur global. 

 

Découvrez également sur Atlantico éditions les parties 1, 2, 3 et 4 : 

 

Je vais me concentrer sur les principes et sur la question du management monétaire dysfonctionnel en zone euro. L’approche retenue est quelque peu critique, " central banking without romance ", parce que les résultats économiques et financiers de ces dernières années ne permettent pas de raconter une histoire à l’eau de rose. Je fais le plus vite possible sur les questions de personne. Mais il faut bien en parler un peu tant elles conditionnent les résultats dans une ère de banquiers centraux de plus en plus indépendants.

Je cherche à expliquer pourquoi et comment le bon vieux principe monétariste de méfiance envers l’indépendance du banquier central (partie 1) a été rejeté dans les poubelles de l’Histoire. Il y a le rôle de la très anti-monétariste Bundesbank (partie 2), dont le magistère sur la BCE est très sous-estimé et dont la véritable histoire est fort différente de celle que l’on nous présente le plus souvent. Il y a au même moment toute une littérature académique des années 1970 et 1980 (l’incohérence temporelle des politiques optimales, en particulier) qui a enterré Milton Friedman et qui, sans trop le vouloir en fait, a posé les bases de l’ère des banquiers centraux libres dans le poulailler libre (partie 3). Cette littérature ne manquait pas de noblesse mais ce que la crise révèle depuis bientôt six ans, c’est qu’elle s’est emballée. Le résultat de tout cela, c’est une impossibilité de résoudre la crise actuelle en zone euro (partie 4), faute de pouvoir reprendre la main sur la politique monétaire (comme les Américains l’avaient fait à la suite des années 1930, comme les Japonais sont en train de le faire depuis fin 2012), faute même de pouvoir faire en sorte que la BCE puisse apprendre de ses erreurs. Je conclue en montrant que nous ne pourrons plus éviter très longtemps une discussion franche avec l’Allemagne sur ces sujets, et j’espère que tout ce travail aidera à trouver des arguments de fond pour cette discussion qui s’annonce mouvementée.

Au fond, la conclusion rétrospective des économistes à propos de chaque crise grave a toujours été : "les conditions monétaires étaient trop restrictives, d’où la faiblesse du PIB nominal". Alors que, confrontés à l’évènement, la plupart déclarent : "cette fois, c’est différent". Il en ira de même avec cette crise. On comprendra que les taux sont trop hauts et l’euro trop cher mais… trop tard. Ce que je vais essayer de montrer ici, c’est que ce retard traditionnel de compréhension est en zone euro fortement exacerbé par l’indépendance de nos banquiers centraux ; en ce sens, cette fois, c’est un peu différent.

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Mots-clés
Atlantico éditions, Eyrolles, A-book, e-book, Mathieu Mucherie, monétarisme, monnaie, Euro, zone euro, crise économique, crise financière, Bundesbank
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