Paris, 17 fév 2019 (AFP) - Le parquet de Paris a annoncé dimanche avoir ouvert une enquête sur les injures antisémites adressées samedi au philosophe et académicien Alain Finkielkraut en marge d'une manifestation de "gilets jaunes", alors que l'intéressé a dit qu'il ne porterait pas plainte, se disant "ni victime ni héros".

Cette enquête préliminaire a été ouverte pour "injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion, par parole, écrit, image ou moyen de communication électronique", a précisé le parquet. Les investigations sont confiées à la BRDP (Brigade de répression de la délinquance à la personne).

"Barre-toi, sale sioniste de merde", "grosse merde sioniste", "nous sommes le peuple", "la France, elle est à nous", avaient notamment crié plusieurs manifestants face au philosophe, poussant des policiers à s'interposer pour le protéger, selon plusieurs vidéos diffusées samedi.

"Parce que la France ne leur appartient pas, qu'elle n'est pas cette haine, une enquête a été ouverte. Un suspect, reconnu comme le principal auteur des injures, a été identifié par nos services", a indiqué le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner dans un tweet.

"J'ai été en effet pris à partie de manière très violente par des manifestants", et "je dois dire qu'ils avaient vraiment envie d'en découdre parce que si des policiers ne s'étaient pas interposés (...), je pense que certains d'entre eux voulaient me casser la gueule. C'était une violence, malgré tout, pogromiste", a raconté l'académicien dimanche matin sur LCI.

"Je n'ai pas vraiment eu le temps d'avoir peur" et "je ne suis ni une victime ni un héros", a précisé l'intéressé, ajoutant qu'il ne voulait pas porter plainte, comme il l'a également déclaré dans un entretien au Parisien.

"J'ai envie qu'on sache qui sont ces gens, ça, ça m'intéresse. Mais je n'aime pas rentrer dans ce genre de processus, peut-être je l'aurais fait si on m'avait cassé la gueule", a-t-il confié sur LCI. En outre, il a affirmé ne pas avoir entendu "sale juif" parmi les insultes qui lui ont été lancées.

M. Finkielkraut a par ailleurs justifié l'évolution de sa position à propos des "gilets jaunes", mouvement qu'il avait accueilli avec bienveillance, avant de critiquer ce qu'il est devenu.

"Je ne renie absolument pas les positions que j'ai prises. Je ne soutiens plus les manifestations, ça devient grotesque, c'est un mouvement qui ne sait plus s'arrêter. Mais il y a eu un sursaut de dignité chez des gens qu'on avait oubliés et même méprisés (...) et qui réclamaient de vivre dignement de leur travail", a-t-il expliqué.

"C'est un peu comme le Golem (créature mythique de l'histoire du judaïsme, ndlr), ces manifestations: il avance en dévastant tout", a-t-il conclu, se demandant si "nous ne sommes pas condamnés à avoir, 5 ans, 10 ans ou 15 ans de manifestations hebdomadaires".

Publié le 17/02/2019 12:05
Lyon, 17 fév 2019 (AFP) - "Insupportable": la violente attaque d'un fourgon de police samedi à Lyon lors d'une manifestation des "gilets jaunes", filmée depuis le véhicule, a été vivement condamnée par les autorités, en premier lieu par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

"On est pris à partie et on reçoit des pavés", entend-on dire le policier qui filme la scène au début de la vidéo, diffusée par la chaîne LCI. Au volant, sa collègue tente de se frayer un chemin entre deux files de voitures, sous les jets de projectiles. La scène dure plus d'une minute.

La manifestation des "gilets jaunes" a bloqué pendant deux heures, samedi, la circulation dans un sens de l'autoroute A7 qui traverse Lyon. Le véhicule de police, appartenant à la CRS autoroutière, était pris dans le trafic quand il a été violemment attaqué.

Sur la vidéo, on voit notamment un manifestant vêtu de noir arriver en courant et sauter sur le capot. D'autres lancent des projectiles qui brisent les vitres. Certains assaillants portent un gilet jaune, d'autres non. Des forces de l'ordre arrivent finalement pour protéger leurs collègues. La conductrice finit en pleurs. "J'ai trop eu peur", l'entend-on souffler à la fin du document, qui a provoqué l'indignation.

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a dénoncé une "violence insupportable" dans un tweet. "Demain ils seront dans leur commissariat pour enregistrer la plainte d'une femme agressée ou sur le terrain pour porter secours à un commerçant braqué. Leur quotidien: nous protéger. Notre devoir: ne rien laisser passer. STOP !", a ajouté le ministre en soutien aux policiers.

La préfecture du Rhône a condamné "avec la plus grande fermeté l'attaque de CRS hier lors des manifestations de gilets jaunes à Lyon", dans un communiqué publié dimanche. "Ces policiers lâchement attaqués étaient là pour protéger les manifestants. Soutien total à nos forces de l'ordre", a ajouté le préfet.

Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour des "faits de violences avec arme et en réunion sur personnes dépositaires de l'autorité publique", confiée à la Sûreté départementale, sans interpellation à ce stade.

L'attaque a également été vivement condamnée par le syndicat Alternative Police, qui a diffusé la vidéo sur les réseaux sociaux.

"On voulait montrer l'extrême violence à laquelle les policiers sont confrontés au quotidien et le sang-froid remarquable dont nos deux collègues ont fait preuve", a déclaré à l'AFP Alexandre Costa, délégué zonal du syndicat en Auvergne-Rhône-Alpes pour les CRS.

Les deux fonctionnaires attaqués appartiennent à la CRS 45, une unité mixte de maintien de l'ordre et de sécurité routière basée à Genas à l'est de Lyon. "Mais eux font de la sécurité routière, pas du maintien de l'ordre. Qu'on ne vienne donc pas nous dire qu'ils ont fait de la provocation", a ajouté le syndicaliste.

Publié le 17/02/2019 12:01
Lagos, 17 fév 2019 (AFP) - Les Nigérians étaient dimanche abasourdis, au lendemain de l'annonce surprise du report de la présidentielle, à quelques heures du scrutin, un report dont le coût est estimé à plusieurs milliards de dollars par des économistes.

Les rues de Lagos, capitale économique de l'Afrique de l'Ouest aux 20 millions d'habitants, étaient vides, dimanche matin, après la déception et la colère provoquées par le report in extremis d'une semaine des scrutins présidentiel, législatifs et sénatoriaux.

Les deux principaux candidats à la présidentielle, le président sortant Muhammadu Buhari et son adversaire majeur dans l'opposition, Abubakar Atiku, avaient condamné ce report mais aussi appelé samedi leurs partisans au calme.

Dans un pays rongé par le chômage et l'extrême pauvreté, où chaque déplacement est un sacrifice financier pour beaucoup, des dizaines de milliers de personnes avaient quitté les villes où ils vivent, dans la perspective du scrutin, pour se rendre dans leur région d'origine où ils sont inscrits sur les listes électorales.

Sur les réseaux sociaux, des collectes étaient organisées pour aider les petits cuisiniers de rue, qui avaient prévu de vendre des denrées périssables dans les files d'attente des électeurs.

Une goutte d'eau pour venir en aide aux dizaines de millions de personnes qui vivent avec moins d'1,9 dollar par jour (seuil de l'extrême pauvreté), mais qui témoigne d'une entraide assez inhabituelle au Nigeria.

La plupart des entreprises, mais aussi le port de Lagos, point d'entrée dans ce pays de 190 millions d'habitants, première économie d'Afrique, avaient fermé dès vendredi pour permettre aux employés de pouvoir quitter les centres urbains avant le couvre-feu électoral, de samedi 08h00 à 18h00.

Les aéroports et les frontières terrestres avaient également été fermées.

"Le coût de ce report est inimaginable. L'économie était au ralenti vendredi, et complètement paralysée samedi", a écrit le directeur de la Chambre de Commerce de Lagos, Muda Yusuf, qui estime les pertes financières à 1,5 milliard de dollars.

Selon lui, le secteur maritime sera le plus impacté et ce report ne fera que ralentir un peu plus les circuits d'import/export, déjà très congestionnés en raison du manque d'infrastructures..

Mais "ce qui nous coûtera le plus cher, ce sera ce qui pèse sur notre réputation", note de son côté l'économiste nigérian Bismark Rewane. "La confiance des investisseurs a été érodée". Il estime que sur le long terme, et en comptant les coûts indirect, ce report pourrait peser environ 2 points du PIB, soit "9 à 10 milliards de dollars".

Plus de 84 millions de Nigérians étaient attendus dans les quelques 120.000 bureaux de vote samedi pour élire un nouveau chef d'Etat, ainsi que les 360 membres de la Chambre des représentants et les 109 du Sénat.

La commission électorale s'est réunie en urgence en fin de soirée vendredi, et annoncé le report du scrutin au 23 février quelques heures avant l'ouverture des bureaux de vote.

"Pour pouvoir garantir la tenue d'élections libres, justes et crédibles, organiser le scrutin comme il était convenu n'est plus possible", a annoncé le président de la commission, Mahmood Yakubu, après avoir assuré il y a quelques jours que tout serait prêt pour le jour J.

Il n'a donné aucune précision sur les problèmes logistiques invoqués pour le report. Mais trois de ses centres ont été brûlés à travers le pays, et l'opposition dénonçait l'absence de bulletins dans de nombreux Etats.

Publié le 17/02/2019 11:44
Washington, 17 fév 2019 (AFP) - Heather Nauert, ancienne journaliste et porte-parole du département d'Etat américain, a annoncé samedi avoir renoncé à se porter candidate au poste d'ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies.

"Ces deux derniers mois ont été éprouvants pour ma famille, et c'est pourquoi il vaut mieux pour ma famille que je renonce", a déclaré dans un communiqué l'ex-présentatrice de la chaîne de télévision Fox News.

Le court communiqué a été publié après des semaines de critiques mais aussi de moqueries envers le peu de compétences prêtées à Mme Nauert pour un poste aussi délicat, elle qui n'avait aucune expérience dans la diplomatie avant de devenir porte-parole en avril 2017.

De nombreux opposants à M. Trump avaient estimé que, malgré son assurance devant les caméras, elle était dépourvue du savoir-faire nécessaire pour négocier des compromis face aux diplomates aguerris qu'envoient à l'ONU les autres grands Etats membres.

Le président américain, téléspectateur fidèle de Fox News, avait confié à la presse en décembre qu'il la voyait à ce poste.

Sa nomination, cependant, n'a jamais été notifiée au Sénat, qui, contrôlé par les républicains, l'aurait probablement entérinée. Et l'ancienne journaliste n'avait pas fait d'apparition publique ces deux derniers mois.

Le porte-parole de la diplomatie américaine, Robert Palladino, a précisé que le président soumettrait un nouveau candidat "prochainement".

Le poste d'ambassadeur à l'ONU est vacant depuis le départ le 31 décembre de Nikki Haley, étoile montante des républicains qui avait démissionné au bout de deux ans sans donner de raison claire.

Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo a fait l'éloge de Heather Nauert dans un communiqué, faisant part de son "grand respect" après sa décision "personnelle" de se retirer.

Publié le 17/02/2019 02:21
Washington, 16 fév 2019 (AFP) - Le chef du Pentagone Patrick Shanahan a indiqué samedi n'avoir encore pris "aucune décision" sur le financement du mur que veut construire Donald Trump à la frontière avec le Mexique en puisant dans le budget militaire.

"De façon très délibérée, nous n'avons pris aucune décision", a déclaré le ministre de la Défense par intérim dans l'avion qui le ramenait de Munich. Il participait en Allemagne à une réunion internationale lorsque le président américain a décrété vendredi "l'urgence nationale" pour faire face à ce qu'il qualifie d'"invasion" de gangs, de passeurs, de drogues et de migrants clandestins traversant la frontière avec le Mexique.

Grâce à cette procédure exceptionnelle, M. Trump a maintenant accès à des fonds fédéraux pour financer la construction du mur frontalier qu'il a promis lors de sa campagne présidentielle.

Le Pentagone est de loin la plus grande source de fonds fédéraux d'urgence, et la Maison Blanche a indiqué que le président allait accéder à 6,1 milliards provenant de deux sources du ministère de la Défense: 3,6 milliards d'un fonds consacré à la construction militaire, et 2,5 milliards de fonds destinés aux activités de lutte contre la drogue.

Or le Pentagone a fait savoir dès vendredi dans un communiqué que la Constitution accordait au ministre de la Défense le contrôle ultime des fonds prévus pour la construction militaire en cas de déclaration d'urgence nationale. Elle lui permet de "déterminer si des barrières à la frontière nécessitent l'utilisation des forces armées et la redistribution de fonds destinés à la construction militaire pour construire des barrières à la frontière", d'après le ministère.

"Il n'y a eu aucune détermination de ma part. C'est ce que je ferai demain", a précisé M. Shanahan aux journalistes qui l'accompagnaient.

M. Trump faisait planer depuis des mois la menace d'une déclaration d'urgence nationale pour obtenir le financement que le Congrès lui refuse pour son mur.

"Nous avons toujours anticipé que cela attirerait beaucoup d'attention et puisque de l'argent risque d'être redirigé. Vous imaginez les inquiétudes que cela suscite", a expliqué M. Shanahan.

Le Pentagone s'est donc préparé à cette éventualité et a identifié plusieurs sources possibles de financement dans son budget. "Je vais rentrer et revoir cette analyse maintenant que l'urgence nationale a été déclarée", a ajouté M. Shanahan.

Il s'est abstenu de préciser le montant des fonds que le Pentagone pourrait éventuellement débloquer et les projets qui pourraient être annulés. Le sujet est sensible aux Etats-Unis, où de nombreux logements militaires sont insalubres, selon un récent rapport.

Mais selon un responsable militaire ayant requis l'anonymat, "en ce qui concerne les 3,6 milliards de dollars, il est probable qu'il les dépensera". "Cependant, ce n'est pas certain tant que l'analyse n'est pas achevée", a-t-il ajouté.

Cette a source a précisé que la décision finale de M. Shanahan pourrait ne pas être annoncée avant plusieurs jours, car il souhaite consulter l'état-major et les responsables des différentes branches des forces armées.

Les fonds anti-drogue posent moins de problèmes au Pentagone car ce sont des fonds annuels, qui doivent être dépensés avant la fin de l'année.

Interrogé sur la latitude que lui accorde la Constitution, le ministre par intérim a répondu: "Je pense que j'ai beaucoup de latitude (...), je ne suis obligé à rien."

Publié le 17/02/2019 12:21
Cúcuta (Colombie), 16 fév 2019 (AFP) - Plusieurs dizaines de tonnes d'aide humanitaire des Etats-Unis, destinée au Venezuela, sont arrivées samedi du côté colombien de la frontière, une délégation américaine appelant l'armée, soutien du régime de Nicolas Maduro, à ne pas bloquer son entrée prévue le 23 février.

Deux avions militaires américains C-17 ont atterri à l'aéroport de Cucuta, lors de la seconde phase d'une opération qualifiée de "show politique" par le président vénézuélien Nicolas Maduro, et qui vise à pallier les pénuries d'aliments et de médicaments dont souffre l'ancienne puissance pétrolière, en plein marasme économique.

Une délégation des Etats-Unis, dirigée par le secrétaire de l'agence pour le développement international (USAID), Mark Green, était présente à la livraison de cette aide, stockée dans des entrepôts près du pont international de Tienditas, qui unit la Colombie au Venezuela, mais barré par l'armée vénézuélienne, notamment à l'aide de conteneurs.

L'envoyée du département d'Etat américain, Julie Chung, a averti les militaires qui restent loyaux à Nicolas Maduro de ne pas bloquer l'entrée de l'aide, expédiée à l'appel de l'opposant Juan Guaido, reconnu président intérimaire par une cinquantaine de pays et qui a appelé à manifester samedi prochain pour la réclamer.

"Vos concitoyens fuient et meurent de faim. Vous commettez une terrible, terrible erreur en bloquant cette aide", a déclaré Mme Chung lors d'une conférence de presse à Cucuta.

L'un des avions, en provenance de la base de Homestead, à Miami, a notamment apporté 70 tonnes d'aide, dont des suppléments nutritionnels, des produits d'hygiène, ainsi que des monte-charges et du personnel pour aider à décharger la cargaison.

Elle s'ajoute à d'autres envois des Etats-Unis et de Porto Rico stockés à Cucuta, sous la surveillance des autorités colombiennes depuis le 7 février.

De nouveaux avions sont attendus avant le jour J du 23 février fixé par Juan Guaido pour l'entrée de l'aide au Venezuela.

"Nous sommes fiers d'être de votre côté, avec votre peuple, de le soutenir. Nous sommes avec ceux qui réclament cette liberté, avec les gens qui demandent une véritable démocratie", a ajouté M. Green, lors de la conférence de presse.

En rejetant la "tyrannie de Maduro", le secrétaire d'USAID a aussi appelé les militaires à ne pas empêcher l'entrée et la distribution de cette "aide dont le besoin est immédiat".

La veille, Nicolas Maduro, dont la réélection est considérée comme frauduleuse par ses opposants, mais qui revendique le soutien d'une cinquantaine d'autres pays membres de l'ONU, a ordonné un déploiement militaire spécial à la frontière, face aux "plans de guerre" des présidents américain Donald Trump et colombien Ivan Duque.

D'autres cargaisons devraient arrivées la semaine prochaine au Brésil, à Miami et à Curaçao.

Jusqu'à présent l'opposition et ses alliés n'ont pas révélé de quelle manière ils envisagent de faire entrer cette aide au Venezuela.

Les Etats-Unis "mettent en oeuvre une stratégie gouvernementale importante, intégrale, pour répondre aux conséquences humanitaires de cette crise politique et économique", a seulement précisé Mme Chung.

Lester Toledo, désigné par Juan Guaido comme coordinateur de l'aide humanitaire, s'est dit convaincu de son entrée prochaine et a demandé aux bénévoles, appelés par l'opposition à y contribuer, à "venir en blanc" le 23 février.

"Dans sept jours, cette aide sera là-bas et le monde entier saura le plus important: que non seulement elle passe la frontière, mais qu'elle parvienne aux plus nécessiteux", a-t-il ajouté.

Depuis Washington, où il était en visite, le président Duque a réaffirmé samedi "l'engagement des Etats-Unis et de la Colombie pour la libération du Venezuela".

Le gouvernement chaviste de Nicolas Maduro nie l'urgence humanitaire et a averti qu'il n'autoriserait pas l'entrée de l'aide qu'il considère comme une étape avant une intervention militaire américaine.

La lutte pour le pouvoir au Venezuela intervient alors que le pays est confronté à la pire crise de son histoire, marquée par l'hyperinflation et des pénuries de produits de première nécessité.

Environ 2,3 millions de Vénézuéliens ont fui leur pays depuis 2015, selon l'ONU.

Publié le 16/02/2019 11:42
Paris, 16 fév 2019 (AFP) - Le philosophe et académicien Alain Finkielkraut a été injurié et sifflé ce samedi en marge de la manifestation des "gilets jaunes" dans le quartier de Montparnasse à Paris, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et qui ont déclenché une vague d'indignation au sein de la classe politique, beaucoup dénonçant des propos à caractère antisémite.

"Barre toi, sale sioniste de merde", "grosse merde sioniste", "nous sommes le peuple", "la France elle est à nous", ont crié plusieurs manifestants qui défilaient boulevard du Montparnasse, et qui venaient d'apercevoir l'académicien, d'après une vidéo diffusée par Yahoo! Actualités.

Sur une seconde vidéo tournée par un journaliste freelance, on peut voir les forces de l'ordre s'interposer pour protéger le philosophe.

"J'ai ressenti une haine absolue, et malheureusement, ce n'est pas la première fois", a réagi Alain Finkielkraut auprès du Journal du dimanche. "J'aurais eu peur s'il n'y avait pas eu les forces de l'ordre, heureusement qu'ils étaient là", a-t-il raconté au journal, soulignant que tous les "gilets jaunes" ne s'étaient pas montrés agressifs envers lui, l'un d'eux lui ayant même proposé de revêtir un gilet et de rejoindre le cortège, tandis qu'un autre saluait son travail.

Cet incident a déclenché une vague de condamnations et de messages de soutien au philosophe, beaucoup dénonçant le caractère antisémite de ces injures, jusqu'au chef de l'État.

"Fils d'émigrés polonais devenu académicien français, Alain Finkielkraut n'est pas seulement un homme de lettres éminent mais le symbole de ce que la République permet à chacun", a déclaré Emmanuel Macron sur Twitter, ajoutant que "les injures antisémites dont il a fait l'objet sont la négation absolue de ce que nous sommes et de ce qui fait de nous une grande nation. Nous ne les tolèrerons pas".

- "Bête immonde" -

"Un déferlement de haine à l'état pur que seule l'intervention de la police a interrompu. Assister à une telle scène à Paris, en 2019, est tout simplement INTOLÉRABLE", a annoncé sur Twitter le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

"La bête immonde tapie dans l'anonymat d'une foule. Ceux qui insultent ont le visage découvert. J'espère qu'ils seront identifiés, poursuivis et lourdement condamnés", a renchéri le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

Parmi les responsables de l'opposition, Laurent Wauquiez a dénoncé "d'abjects crétins... Révoltante confirmation de ce qu'Alain Finkielkraut a pointé lui-même : l'antisémitisme se drape dans les habits de l'antiracisme et se nourrit de la chasse aux prétendus islamophobes. Quand ouvrirons-nous les yeux ?"

"L'agression d'Alain Finkielkraut aujourd'hui est un acte détestable et choquant, qui illustre la tentative d'infiltration du mouvement des Gilets Jaunes par l'extrême-gauche antisémite", a estimé pour sa part Marine Le Pen, la dirigeante du RN.

"Non vous n'êtes pas le peuple, vous êtes la +France+ de la haine, celle qui nous fait honte.Ces manifestations doivent cesser!", a lancé le président du Sénat Gérard Larcher à l'attention des personnes qui ont insulté l'académicien.

L'ex-premier ministre Manuel Valls a jugé ces insultes "à vomir".

Ian Brossat, tête de liste PCF aux européennes, a estimé qu'"on peut détester les idées de Finkielkraut", mais que "rien ne peut justifier qu'on s'attaque à lui en tant que juif".

"Je combats les idées réactionnaires et radicales d'Alain Finkielkraut. Mais je condamne sans aucune réserve ceux qui l'ont conspué, insulté et traité d'un +sale sioniste+ qui voulait dire +sale juif+. Et laissez la Palestine en dehors de cette violence antisémite gratuite", a lancé Benoît Hamon, fondateur du parti Génération.s

"Gilets Jaunes je suis avec vous depuis le début. Là stop. Certains franchissent toutes les limites", a réagi Esther Benbassa, sénatrice EELV.

"L'antisémitisme, c'est aussi simple, aussi simplement abject que ce +Rentre chez toi à Tel Aviv+ visant un écrivain français juif", a lancé le cofondateur du mouvement de gauche Place Publique, Raphaël Glucksmann.

"La France n'appartient pas un ramassis d'antisémites qui cassent les vitrines et flambent des voitures en conspuant les Juifs", a tonné Joël Mergui, président du Consistoire israélite de France dans un communiqué, pointant du doigt des "casseurs incultes et haineux".

fpo-mig/jt/cb

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Publié le 16/02/2019 10:53
Paris, 16 fév 2019 (AFP) - Le philosophe et académicien Alain Finkielkraut a été injurié et sifflé ce samedi en marge de la manifestation des "gilets jaunes" dans le quartier de Montparnasse à Paris, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et qui ont déclenché une vague d'indignation au sein de la classe politique, beaucoup dénonçant des propos à caractère antisémite.

"Barre toi, sale sioniste de merde", "grosse merde sioniste", "nous sommes le peuple", "la France elle est à nous", ont crié plusieurs manifestants qui défilaient boulevard du Montparnasse, et qui venaient d'apercevoir l'académicien, d'après une vidéo diffusée par Yahoo! Actualités.

Sur une seconde vidéo tournée par un journaliste freelance, on peut voir les forces de l'ordre s'interposer pour protéger le philosophe.

"J'ai ressenti une haine absolue, et malheureusement, ce n'est pas la première fois", a réagi Alain Finkielkraut auprès du Journal du dimanche. "J'aurais eu peur s'il n'y avait pas eu les forces de l'ordre, heureusement qu'ils étaient là", a-t-il raconté au journal, soulignant que tous les gilets jaunes ne s'étaient pas montrés agressifs envers lui, l'un d'eux lui ayant même proposé de revêtir un gilet et de rejoindre le cortège, tandis qu'un autre saluait son travail.

Cet incident a déclenché une vague de condamnations et de messages de soutien au philosophe, beaucoup dénonçant le caractère antisémite de ces injures, jusqu'au chef de l'État.

"Fils d'émigrés polonais devenu académicien français, Alain Finkielkraut n'est pas seulement un homme de lettres éminent mais le symbole de ce que la République permet à chacun", a déclaré Emmanuel Macron sur Twitter, ajoutant que "les injures antisémites dont il a fait l'objet sont la négation absolue de ce que nous sommes et de ce qui fait de nous une grande nation. Nous ne les tolèrerons pas".

- "Bête immonde" -

"Un déferlement de haine à l'état pur que seule l'intervention de la police a interrompu. Assister à une telle scène à Paris, en 2019, est tout simplement INTOLÉRABLE. Je viens de m'entretenir avec Alain Finkielkraut pour l'assurer de mon soutien absolu", a annoncé sur Twitter le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

"La bête immonde tapie dans l'anonymat d'une foule. Ceux qui insultent ont le visage découvert. J'espère qu'ils seront identifiés, poursuivis et lourdement condamnés", a renchéri le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

Parmi les responsables de l'opposition, Laurent Wauquiez a dénoncé "d'abjects crétins... Révoltante confirmation de ce qu'Alain Finkielkraut a pointé lui-même : l'antisémitisme se drape dans les habits de l'antiracisme et se nourrit de la chasse aux prétendus islamophobes. Quand ouvrirons-nous les yeux ?"

"L'agression d'Alain Finkielkraut aujourd'hui est un acte détestable et choquant, qui illustre la tentative d'infiltration du mouvement des Gilets Jaunes par l'extrême-gauche antisémite", a estimé pour sa part Marine Le Pen, la dirigeante du RN.

"Non vous n'êtes pas le peuple, vous êtes la +France+ de la haine, celle qui nous fait honte.Ces manifestations doivent cesser!", a lancé le président du Sénat Gérard Larcher à l'attention des personnes qui ont insulté l'académicien.

L'ex-premier ministre Manuel Valls a jugé ces insultes "à vomir".

Ian Brossat, tête de liste PCF aux Européennes, a estimé qu'"on peut détester les idées de Finkielkraut", mais que "rien ne peut justifier qu'on s'attaque à lui en tant que juif".

"Je combats les idées réactionnaires et radicales d'Alain Finkielkraut. Mais je condamne sans aucune réserve ceux qui l'ont conspué, insulté et traité d'un +sale sioniste+ qui voulait dire +sale juif+. Et laissez la Palestine en dehors de cette violence antisémite gratuite", a lancé Benoît Hamon, le fondateur du parti Génération.s

"Gilets Jaunes je suis avec vous depuis le début. Là stop. Certains franchissent toutes les limites", a réagi Esther Benbassa, sénatrice EELV.

"L'antisémitisme, c'est aussi simple, aussi simplement abject que ce +Rentre chez toi à Tel Aviv+ visant un écrivain français juif", a lancé le cofondateur du mouvement de gauche Place Publique, Raphaël Glucksmann.

La Licra a également affirmé son soutien à l'académicien, évoquant "une honte absolue" et "des méthodes fascistes d'intimidation".

fpo/sd

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Publié le 16/02/2019 09:37
Bissau, 16 fév 2019 (AFP) - La campagne pour les élections législatives du 10 mars a démarré samedi en Guinée-Bissau, pays confronté à de "nombreux défis", dont une instabilité politique et militaire, que l'ONU a promis d'appuyer après le scrutin, a constaté l'AFP.

Ces élections, initialement prévues en novembre, doivent permettre de mettre fin à la crise que traverse le pays depuis l'éviction en août 2015 par le président José Mario Vaz de son Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir), auquel M. Vaz appartient également.

Le scrutin législatif devrait être suivi par une élection présidentielle. Ce processus électoral pourrait ouvrir la voie à une levée des sanctions internationales imposées à ce pays depuis 2012 à la suite d'un coup d'Etat militaire.

"Le président (Vaz) a soulevé la question des sanctions concernant les auteurs du coup d'Etat. C'est un dossier que nous allons amener avec nous pour l'examiner à New York", a déclaré à la presse Anatolio Ndong Mba, chef d'une mission de l'ONU.

Il a bouclé samedi avec sa délégation une visite de 24 heures à Bissau, après avoir rencontré le chef de l'Etat, le Premier ministre, les acteurs politiques et la société civile.

Il a dit espérer que "la fête de la démocratie qui commence aujourd'hui avec la campagne se termine de manière positive le 10 mars avec l'organisation des élections".

"Ce qui manque, c'est l'appui à ce pays. La communauté internationale va accompagner la Guinée-Bissau, après le scrutin, pour faire face aux nombreux défis qu'elle affronte", a t-il dit.

La campagne électorale dure jusqu'au 8 mars. 21 formations dont le PAIGC sont en lice pour le scrutin du 10 mars, à un seul tour, dans ce pays à régime parlementaire.

Des caravanes formées de plusieurs véhicules ont quitté Bissau samedi, pour y revenir prochainement.

Les cortèges se sont dirigés vers deux des plus grandes villes du pays, Bafata et Gabu, dans l'est, région qui forme la deuxième plus grande circonscription électorale après la capitale.

"Ce que nous voyons n'a rien à voir avec la réelle situation de pauvreté du pays, de déliquescence financière du gouvernement. C'est triste qu'un des pays les plus pauvres du monde expose autant de voitures de luxe pour séduire des électeurs", a déclaré un magistrat sous couvert de l'anonymat.

Les élections du 10 mars doivent permettre de renouveler les 102 sièges de l'Assemblée nationale dominée par l'opposition, avec 15 députés pour le mouvement pour l'alternance et la démocratie (Madem) et 41 députés pour le Parti pour la rénovation sociale (PRS). Le PAIGC, après notamment une dissidence de députés du Madem, compte actuellement 42 députés. D'autres petits partis contrôlent le reste des sièges.

Publié le 16/02/2019 09:01
Rennes, 16 fév 2019 (AFP) - La permanence du député de la Sarthe Damien Pichereau (LREM) a été complètement "saccagée" samedi après-midi lors d'une manifestation de "gilets jaunes" au Mans, qui a été émaillée de nombreuses dégradations, a indiqué la préfecture.

"C'est un saccage en bonne et due forme avec plusieurs milliers d'euros de frais", a déclaré M. Pichereau, citant la destruction de matériel informatique, du mobilier et de la vitrine de sa permanence.

"C'est un petit groupe de casseurs, intégrés au cortège des gilets jaunes, qui a agi extrêmement vite et avec beaucoup de violence", a-t-il décrit, relatant les dires de témoins de la scène.

"Un niveau complet de la permanence a été complètement détruit. Heureusement, il n'y avait personne à l'intérieur car samedi la permanence est fermée", a-t-il ajouté.

Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM) a exprimé sur twitter son "soutien total au député @DamienPichereau" et demandé une "ferme condamnation des actes de destruction et de violence. Auteurs et complices doivent être confondus", a-t-il estimé.

"Pensées et soutien à mon ami @DamienPichereau député de la #Sarthe et à ses collaboratrices face à cette violence inexcusable. Il est temps que cela cesse !", a également twitté la Secrétaire d'État à l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa, par ailleurs conseillère municipale du Mans.

La préfecture de la Sarthe a fait état de nombreuses dégradations samedi au Mans perpétrés par des "individus" au "visage masqué" et au "comportement violent". "Ils ont tagué le mur du commissariat, des projectiles ont été lancés (pierres, pétards...). Un policier a été légèrement blessé par un jet de pavé envoyé au niveau du commissariat", selon un communiqué.

Des fenêtres d'un bâtiment administratif "ont été brisées", "des poubelles enflammées" et "de très nombreuses vitrines de commerçants, banques, Chambre de Commerce et d'industrie (CCI) ont été brisées dans le centre ville, des voitures dégradées", selon la même source.

Les vitrines de la rédaction du quotidien régional Ouest-France ont également été prises pour cible durant la manifestation, selon les médias locaux.

La police a procédé à deux interpellations, selon la préfecture.

A Nantes, la préfecture de Loire-Atlantique a fait état de 14 interpellations et de "nombreuses violences", avec des jets de projectiles en tous genres sur les forces de l'ordre, des feux de poubelles, dégradations de mobilier urbain et bris de vitrines.

Quatre policiers et trois manifestants ont été légèrement blessés, selon la même source.

Publié le 16/02/2019 08:43
Goma (RD Congo), 16 fév 2019 (AFP) - Le parc national des Virunga (PNVI), le plus ancien d'Afrique, est de nouveau ouvert aux touristes dans l'est de la République démocratique du Congo après plus de neuf mois de fermeture imposée par plusieurs incidents meurtriers et à l'issue d'un audit des mesures de sécurité, a appris l'AFP samedi auprès de sa direction.

"C'est à partir d'hier (vendredi) que le tourisme est à nouveau rouvert au public" dans le parc national des Virunga, a déclaré à l'AFP son directeur, le Belge Emmanuel De Mérode.

"La sécurité du Parc national des Virunga a été soumise à un audit mené par un organisme internationalement respecté et les rapports ont indiqué que tous les indicateurs sécuritaires sont bons", a-t-il ajouté.

"Nous sommes satisfait de cette réouverture car c'est un signal fort qui montre que la paix et la sécurité sont garanties", dans le PNVI, s'est réjoui pour sa part Olivier Kamusinzi, ministre provincial de l'Environnement du Nord-Kivu (est).

"Dans un premier temps, deux sites sont ouverts, celui du volcan de Nyiragongo et le site de Kibumba des gorilles de montagne", a indiqué M. Kamusinzi, ajoutant que "deux groupes de touristes sont déjà sur le site de Nyiragongo".

Les activités dans le PNVI étaient suspendues depuis le 11 mai 2018, après la mort d'une ranger et l'enlèvement de trois personnes dont deux touristes britanniques, libérées deux jours plus tard.

Entre le 9 avril et le 21 mai 2018, deux militaires, un civil, cinq gardes et un chauffeur avaient été tués dans le parc dans des attaques d'hommes armés non identifiés.

Le PNVI a enregistré en 20 ans 176 personnes tuées, selon un bilan de juin 2018. En 2014, son directeur Emmanuel de Mérode, avait survécu à une attaque.

Situé à la frontière avec le Rwanda et l'Ouganda, les Virunga s'étendent sur 7.800 km2 dans la province du Nord-Kivu, fief de plusieurs milices et groupes armés.

Des bords du lac Kivu au volcan Nyiragongo, à la sortie de Goma, jusqu'aux monts Rwenzori à la frontière avec l'Ouganda vers le nord, le plus ancien parc naturel d'Afrique à la grande biodiversité sert de refuge à des espèces menacées comme le gorille des montagnes.

Publié le 16/02/2019 08:41
Paris, 16 fév 2019 (AFP) - Le philosophe et académicien Alain Finkielkraut a été injurié et sifflé ce samedi en marge de la manifestation des "gilets jaunes" dans le quartier de Montparnasse à Paris, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et qui ont déclenché une vague d'indignation au sein de la classe politique.

"Barre toi, sale sioniste de merde", "grosse merde sioniste", "nous sommes le peuple", "la France elle est à nous", ont crié plusieurs manifestants qui défilaient boulevard du Montparnasse, et qui venaient d'apercevoir l'académicien, d'après une vidéo diffusée par Yahoo! Actualités.

Sur une seconde vidéo tournée par un journaliste freelance, on peut voir les forces de l'ordre s'interposer pour protéger le philosophe.

Plusieurs responsables politiques dont des membres du gouvernement ont aussitôt condamné fermement ces faits.

"Un déferlement de haine à l'état pur que seule l'intervention de la police a interrompu. Assister à une telle scène à Paris, en 2019, est tout simplement INTOLÉRABLE. Je viens de m'entretenir avec Alain Finkielkraut pour l'assurer de mon soutien absolu", a annoncé sur Twitter le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

"Honte aux auteurs de ces menaces répugnantes et à leurs complice", a lancé Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale.

"La bête immonde tapie dans l'anonymat d'une foule. Ceux qui insultent ont le visage découvert. J'espère qu'ils seront identifiés, poursuivis et lourdement condamnés", a renchéri le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

- "Foule haineuse" -

"Nous devons être rassemblés et forts face à ces haineux, racistes et antisémites, qui menacent la République et notre démocratie", a estimé son collègue Franck Riester, ministre de la Culture.

"Vous êtes chez vous, M Finkielkraut, qu'on soit ou non d'accord avec vous. En revanche la foule haineuse qui vous poursuit abuse de sa liberté et de notre démocratie. Honte à elle", a écrit la ministre des affaires européennes Nathalie Loiseau.

De nombreuses figures de l'opposition ont également dénoncé ces actes et apporté leur soutien à l'académicien.

Laurent Wauquiez a dénoncé "d'abjects crétins... Révoltante confirmation de ce qu'Alain Finkielkraut a pointé lui-même : l'antisémitisme se drape dans les habits de l'antiracisme et se nourrit de la chasse aux prétendus islamophobes. Quand ouvrirons-nous les yeux ?"

"Soutien total à Alain Finkielkraut odieusement insulté par des sauvages", a affirmé Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, tandis que le député LR Éric Ciotti dénonçait des propos "ignobles et insupportables".

Sébastien Chenu, député Rassemblement National, a dénoncé des "insultes haineuses et honteuses".

Ian Brossat, tête de liste PCF aux Européennes, a estimé qu'"on peut détester les idées de Finkielkraut", mais que "rien ne peut justifier qu'on s'attaque à lui en tant que juif".

L'ex-premier ministre Manuel Valls a jugé ces insultes "à vomir".

"Ça suffit", s'est insurgé le sénateur PS Rachid Temal, rappelant que "le droit de manifester n'est pas celui d'insulter, de menacer ou de tenir propos antisémites, racistes ou xénophobes".

"Gilets Jaunes je suis avec vous depuis le début. Là stop. Certains franchissent toutes les limites", a réagi Esther Benbassa, sénatrice EELV.

"L'antisémitisme, c'est aussi simple, aussi simplement abject que ce +Rentre chez toi à Tel Aviv+ visant un écrivain français juif", a lancé le cofondateur du mouvement de gauche Place Publique, Raphaël Glucksmann.

La Licra a également affirmé son soutien à l'académicien, évoquant "une honte absolue" et "des méthodes fascistes d'intimidation".

fpo/sd

YAHOO!

TWITTER

Publié le 16/02/2019 08:17
Paris, 16 fév 2019 (AFP) - Le Rassemblement national (RN) a saisi le CSA pour "que le temps de parole d'Emmanuel Macron soit décompté dans le cadre de la campagne pour les élections européennes", a annoncé samedi Jean-Lin Lacapelle, délégué national du RN.

"Je crois qu'Emmanuel Macron aujourd'hui est en campagne. Il monopolise l'espace médiatique sur les chaînes d'info pendant six, sept, huit heures de manière continue en faisant énormément de blabla", a-t-il déclaré sur Franceinfo.

"Nous avons saisi le CSA de manière à ce que le temps de parole d'Emmanuel Macron soit décompté dans le cadre de la campagne pour les élections européennes", a ajouté M. Lacapelle, également conseiller régional d'Ile-de-France.

Depuis plusieurs semaines, l'opposition tire à boulets rouges contre les longs directs diffusés sur les chaînes d'info à chaque réunion publique où le président de la République s'invite. Elle l'accuse de mener une campagne électorale déguisée, avant les élections européennes du 26 mai.

Le président des Républicains Laurent Wauquiez a également saisi le CSA au sujet des interventions du président qui "monopolisent les antennes".

Le député LFI Alexis Corbière a aussi demandé mercredi, à l'Assemblée nationale, que "le temps de parole du président se passe hors caméras" pour que le pluralisme soit "garanti".

Des élus PS ont également indiqué vouloir s'assurer que les règles soient respectées.

Les interventions présidentielles dans le grand débat rentrent bien dans le calcul du temps de parole de l'exécutif, qui s'imposent aux chaînes de télé, généralistes ou d'info en continu, avait rappelé vendredi le CSA à l'AFP.

"Les interventions du président sont soumises aux règles du temps de parole, lorsqu'il s'exprime dans la cadre du +débat de politique national+", avait-il expliqué. Une règle définie par le CSA dans sa délibération du 22 novembre 2017.

Et seules les déclarations d'Emmanuel Macron lorsqu'il s'exprime sur des sujets régaliens (par exemple, une allocution suite à un attentat) ne sont pas comptabilisées.

Publié le 16/02/2019 07:57
Toulouse, 16 fév 2019 (AFP) - Plusieurs milliers de "gilets jaunes" - 4.000 selon la police - ont manifesté samedi à Toulouse, un des bastions du mouvement, avant des incidents et au moins dix interpellations en fin d'après-midi.

"Seule la mort nous arrêtera", proclamait une banderole en tête de manifestation, quasiment trois mois après le début de la colère populaire des "gilets jaunes".

Les manifestants ont défilé dans le calme et sous un soleil printanier de 14H00 à 16H30 derrière des pancartes comme "fâché mais pas facho" ou encore "Dinosaures capitalistes, tremblez, le monde va changer" et en entonnant les désormais classiques chants anti-Macron dans le centre de la Ville rose.

Puis les premières échauffourées ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre, ces derniers répondant à des jets de projectile par des gaz lacrymogènes, en milieu d'après midi selon un scénario qui se répète de semaine en semaine, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Quelques incidents ont eu lieu à différents endroits à Toulouse avec des tags et appositions d'affiches, des feux de poubelles, une barricade et des jets de projectiles en direction des forces de l'ordre", a confirmé la préfecture dans un communiqué, évoquant "quelques milliers" de manifestants.

A 19H00, les services de l'État recensaient "deux blessés en urgence relative" et 10 interpellations "pour l'instant".

Clément, 23 ans, chômeur, est venu de la région de Rodez avec une délégation aveyronnaise de 150 à 200 membres: "Un coup, on vient manifester à Toulouse, un coup on va à Montpellier, on alterne", explique-t-il.

- "Il faut de l'entraide" -

"On n'a toujours rien obtenu alors on continue. Le grand débat, c'est de la manipulation, on en a eu plusieurs en Aveyron (...) ça ne sert à rien, c'est juste pour gagner du temps. Nous, ce que l'on veut, c'est une autre République, on veut plus de représentativité", insiste-t-il.

Laure, une aide-soignante toulousaine d'une vingtaine d'années, en congé maladie longue durée, est "contente de voir qu'avec ce mouvement les gens se remettent à se mobiliser. Je vois des gens comme mes parents se faire avoir. Il y a des laissés-pour-compte".

"C'est par exemple très dur de travailler aujourd'hui dans le secteur de la santé. Je veux une société avec des valeurs de partage, il faut de l'entraide", souligne-t-elle.

"Ça me fait chaud au coeur de voir tout ce monde aujourd'hui mais j'ai peur: j'ai été choquée par les violences que j'ai vues, j'ai vu des enfants se faire gazer par la police", affirme-t-elle.

En fin de cortège, des représentants des principaux syndicats de gauche, notamment la CGT, sont venus en nombre, certains ayant revêtu des gilets rouges.

Le 19 janvier, au plus fort de la mobilisation à Toulouse, la préfecture avait décompté 10.000 manifestants, soit un record national.

La semaine dernière, il y avait eu à Toulouse 6.000 manifestants, soit la plus forte mobilisation nationale, selon la police.

Samedi matin, quelques dizaines de "gilets jaunes" souhaitant "un retour aux sources du mouvement" ont perturbé la circulation sur des ronds-points de l'agglomération et bloqué brièvement l'entrée d'un dépôt d'Amazon.

Des échauffourées entre participants et forces de l'ordre éclatent chaque samedi en fin de manifestations, avec de nombreuses dégradations dans le centre de Toulouse, notamment des agences bancaires et immobilières.

hj-cpy/sd

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Publié le 16/02/2019 07:53
Bordeaux, 16 fév 2019 (AFP) - "On n'est pas fatigués !" : 4.500 "gilets jaunes", selon la police, ont défilé samedi dans le centre de Bordeaux, confortée comme l'une des places fortes du mouvement, la manifestation se terminant par des heurts, désormais habituels, avec les forces de l'ordre.

Sous un grand soleil, et survolé par le traditionnel hélicoptère de la police, le cortège a emprunté un itinéraire différent des autres samedis, passant dans des quartiers cossus où des tags sur les belles façades proclamaient notamment "mort aux riches".

Mais l'itinéraire s'est terminé à l'endroit habituel, place Pey Berland, entre cathédrale et mairie, où comme chaque samedi des violences ont éclaté : la police a répondu à coup de canons à eau et de gaz lacrymogène à des jets de bouteilles, pétards et autres projectiles, selon des journalistes de l'AFP.

Les heurts, au cours desquels une voiture notamment a été incendiée, ont pris fin vers 19H00. A leur terme, 19 personnes ont été interpellées pour jets de projectiles sur les forces de l'ordre, outrage ou détention de matériel offensif, a indiqué la préfecture.

Interrogé sur l'antenne régionale de France 3, Nicolas Florian (LR), qui succèdera au poste de maire à Alain Juppé début mars, a reconnu la sincérité de la majorité des "gilets jaunes", mais a dénoncé "toute cette frange qui est là pour en découdre". "Je partage le même sentiment qu'Alain Juppé. Il arrive un moment où on va être au bout de l'exercice. C'est aux 'gilets jaunes' de se responsabiliser", a-t-il lancé.

Depuis plusieurs samedis, le cortège reste globalement de même ampleur mais cette fois-ci, les "gilets jaunes" ont tenté de se compter eux-mêmes, chacun donnant une pièce ou un objet aux "compteurs".

Les masques à l'effigie d'Alexandre Benalla remportaient un franc succès dans le cortège, avec les traditionnelles pancartes demandant la démission d'Emmanuel Macron ou le RIC. Plus créatives, d'autres proclamaient "L'esprit de Nelson Mandela guide les Gilets jaunes", "Nous vivons pour marcher sur la tête des rois", "Remuons les bourgeois".

Certains avaient tendu sur les piliers du Grand Théâtre une énorme banderole proclamant "Castaner la honte de la République", tandis que les manifestants chantaient "tout le monde déteste la police".

Vendredi soir, au nord de Bordeaux, des "gilets jaunes" avaient repris leurs actions sur les routes avec un blocage des échangeurs sur l'A10, à hauteur de Saint-André-de-Cubzac, provoquant un bouchon. Selon la préfecture une vingtaine d'entre eux avaient allumé des feux de palettes et déposé une herse artisanale sur la chaussée, une "aberrante mise en danger d'autrui", a tweeté le préfet de Nouvelle-Aquitaine Didier Lallement. Deux personnes ont été interpellées.

Ces manifestations hebdomadaires, et les violences qui les accompagnent, ont mis certains commerces bordelais à genoux, et la région Nouvelle-Aquitaine a annoncé vendredi soir le déblocage de deux millions d'euros de "soutien exceptionnel" pour eux et ceux de Limoges, Poitiers ou Bayonne...

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Publié le 16/02/2019 07:51