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Samantha, dans Sex & the City, revendique sa sexualité libérée.
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Et hop ! 135 partenaires sexuels pour la bande d’amis de "Friends" : la culture pop offre-t-elle une représentation réaliste de nos vies sexuelles ?
Publié le 20 janvier 2013
Samantha de "Sex and the City" aurait eu plus de 40 partenaires quand Joey de "Friends" dépasse les 50… Des "scores" qui semblent bien loin du quotidien sexuel du commun des mortels.
Francis Métivier est Docteur en philosophie, enseignant en Lycée et dans le supérieur. Spécialiste de questions d'esthétique et d'éthique, il est l'auteur de plusieurs livres : "Rock'n philo" (Bréal) ; "Sexe & Philo" (Bréal) ou encore "L'esprit du vin...
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Francis Métivier est Docteur en philosophie, enseignant en Lycée et dans le supérieur. Spécialiste de questions d'esthétique et d'éthique, il est l'auteur de plusieurs livres : "Rock'n philo" (Bréal) ; "Sexe & Philo" (Bréal) ou encore "L'esprit du vin...
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Samantha de "Sex and the City" aurait eu plus de 40 partenaires quand Joey de "Friends" dépasse les 50… Des "scores" qui semblent bien loin du quotidien sexuel du commun des mortels.

Si certaines parlent du sexe du bout des lèvres, de nombreuses séries en ont fait leur fonds de commerce ! Sex and The City, Nip/Tuck, Friends, Californication, True Blood, Skins… Les sitcoms qui mettent en scène une sexualité débordante se comptent par dizaines, voire centaines. La sexualité n’est pas un sujet nouveau dans la culture. Chaque époque a eu son moyen de représentation, le sexe a simplement quitté les toiles de nus des musées pour renaître sur les écrans télés. Mais que signifie cette surenchère de partenaires et de pratiques de nos héros favoris ?

À eux six, les personnages de la série "Friends" ont eu entre 135 et 140 partenaires sexuels. Même si Chandler finit par épouser Monica dans la septième saison et que Rachel et Ross terminent eux aussi en couple, ils ont eu un nombre impressionnant de relations avant de se stabiliser. Joey  et Phoebe restent les deux personnages ayant le plus de rapports avec de nouvelles personnes, avec respectivement 51 et 32 conquêtes.

4,4 partenaires en moyenne pour les Françaises contre 11,6 pour les hommes

Cette bande d’amis n’est pas la seule à vivre une sexualité démultipliée. C’est également le cas des héroïnes de la série "Sex and the City". Samantha, la "sex addict" aurait couché avec 40 hommes et 1 femme pendant les six saisons, même si cette dernière raconte dans l’un des épisodes qu’elle a eu "des centaines d’hommes et deux femmes". Les plans à plusieurs et l'utilisation de gadgets sont également pratiques courantes. Et si Carrie Bradshaw finit par enfiler une superbe robe de mariée Vivienne Westwood, le personnage incarné par Sarah Jessica Parker connait 18 hommes, tout comme Charlotte contre 17 pour Miranda. Bref, nous sommes bien loin de la première série sitcom de l’histoire des Etats-Unis, Mary Kay and Johnny, qui créait une petite révolution en montrant à l’écran un couple marié partageant le même lit, sans sexe évidemment.

Ces chiffres impressionnants semblent bien loin de la réalité de la sexualité. Que ce soit dans les pratiques ou leur fréquence, pas sûr que les téléspectateurs se retrouvent dans les habitudes sexuels de leur héros. Le nombre de partenaire d’une personne est en effet significativement inférieur à celui constaté dans ces séries à succès. En effet, en France, 47,3% des femmes disent avoir eu au moins deux partenaires, contre 70,7% des hommes. Cette différence est encore plus marquée pour les personnes déclarant avoir eu de nombreux partenaires sexuels : 10,9% des femmes et 35,4% des hommes ont déclaré au moins 10 partenaires sexuels dans leur vie. Ainsi, le nombre moyen de partenaires varie fortement selon le sexe : 4,4 pour les femmes contre 11,6 pour les hommes, en 2006.

(Cliquer sur l'image pour agrandir)

  • Chandler: 10.5 sex partners
  • Ross: 14 sex partners
  • Monica: 14.5 sex partners
  • Rachel: 15.5 sex partners
  • Phoebe: 32.5 sex partners
  • Joey: 51.5 sex partners
 
 

Certains chercheurs expliquent que la moyenne de partenaires constatée à New-York, où se déroulent les deux shows, est largement supérieure à celle du reste des Etats-Unis. Le nombre de partenaires de leurs héros ne seraient donc pas si éloigné de la réalité, si on oublie les performances démesurées de Joey ou Samantha. Mais le sexe reste quand même et surtout un sujet sans fin d’intrigue pour les scénaristes. Et ce n’est pas nouveau. Les "sériephiles" considèrent souvent Dream On, comme étant la première véritable série à oser montrer des scènes de sexe tout en parlant librement du sujet et ce dès 1990.

Atlantico : Multiplication des partenaires, pratiques très variées, parfois déviantes... La sexualité dans les séries est-elle un fantasme complet ou représente-t-elle une certaine réalité ?

Francis Métivier : Le problème du sexe dans les séries, c'est que c'est tout l'un ou tout l'autre : soit c'est le thème central de la série et il y en a beaucoup, dans des formes très diverses, comme c'est le cas dans Californication, Nip Tuck, Sex and The city même si cette dernière date un peu. Soit la thématique n'est pas du tout abordé, c'est "no sex". Précisément, dans les séries où la place du sexe est importante, j'ai constaté que les scénaristes ont tendance à montrer tout l'échantillonnage des positions et des pratiques. Dans les séries qui parlent vraiment du sexe, il y a ce soucis d'être exhaustif, c'est-à-dire de faire référence à  tout ce qui peut exister en matière de sexe et de sexualité, soit en le montrant - dans des séries assez crues comme Nip Tuck - soit par le langage et le dialogue. Ainsi je me souviens d'un épisode de Californication où lors d'un dîner tout y passe en termes de pratiques sexuelles, mais uniquement au niveau verbal, des choses que l'on ne peut pas montrer mais dont on peut parler. Il y a ce souci de faire le tour de la question.

Dans des séries qui parlent de sexe (et, encore une fois ce n'est pas le cas de toutes), on est dans la reproduction, dans l'imitation des pratiques. Bien entendu ces pratiques sont réelles pour certaines personnes  et ne restent que des fantasmes pour d'autres, chacun sa sexualité ! Mais en tout cas ce qui est représenté fait référence à une certaine réalité.

Comment est perçue en France cette sexualité libérée, présentée dans les séries télévisées ? Les Français ont-ils tendance à l'envier ou la voient-ils d'un mauvais œil ? D'autre part, a-t-elle un impact sur leurs comportements sexuels ?

En termes de "quantité" de conquêtes, on connaît le personnage de Casanova au XVIIIe siècle ou encore de Don Juan immortalisé par Molière ou Mozart donc l'idée de la séduction, de la drague, et d'un nombre important de conquêtes n'est pas nouvelle. Que cette thématique apparaisse dans une série, c'est-à-dire dans une forme assez récente d'expression, n'est donc pas très étonnante. Le nombre de conquêtes est un thème récurrent dans la littérature par exemple, même assez ancienne. Donc voir un personnage comme Joey [dans  Friends], dans une série qui dure 10 saisons, avoir plus de 50 conquêtes, l'idée ne choque pas les mentalités. Est-ce que cela influence les comportements des téléspectateurs, je ne sais pas. Mais on n'a pas attendu Friends pour montrer le sexe.

Quant à la perception de cette représentation d'une sexualité libérée, tout dépend de sa propre morale. Mais je ne crois pas que ça procure de l'envie. Je ne pense pas qu'on ait tendance, nous les Français, à penser que l'Américain soit un archétype. Des hommes qui veulent un maximum de conquête, dans la culture occidentale, que ce soit aux Etats-Unis ou en France, ça existe. Je ne pense pas qu'en matière de sexualité ce soit l'Amérique qui donne le ton. Alors évidemment dans les séries françaises on n'a pas ça, en matière d'imitation dans l'art, de reproduction télévisuelle, les Américains sont beaucoup plus forts que les Français. En matière de représentation du sexe, à part avec la série Clara Sheller, la France en est encore à Hélène et les Garçons. Pourquoi on en est resté là ? Je vais être un peu provocateur mais peut-être que les Français dans la réalité "ont leur compte" et n'ont n'a pas besoin de compenser par la télévision !

En France, la moyenne des partenaires d'une femme est de 4,4 et celle d'un homme 11,6. Comment qualifier la sexualité des Français ?

On ne peut pas comparer la sexualité représentée dans une série américaine  et la sexualité réelle des Français, ce sont deux plans complètement différents. Ce qu'il faut comparer, c'est la moyenne réelle des conquêtes des hommes aux Etats-Unis avec celle des Français. Mais ce qui est sûr c'est que la représentation télévisuelle du sexe est plus marquée chez les Américains que chez les Français, ce qui ne veut pas forcément dire que les Américains sont dans la réalité plus libérés que nous.

En tout cas la sexualité des Français est très diversifiée, on n'a pas tous la même sexualité, on n'a pas tous les mêmes pratiques sexuelles, on n'a pas tous le même souci de la diversité sexuelle… Je pense que les Français sont plus discrets que les américains dans la façon de représenter les choses.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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zaz
- 21/01/2013 - 13:12
@laurentso
Il faut prendre le même nombre d'hommes que de femmes, sinon le calcul est faussé. Dans votre exemple, il manque 2 hommes qui n'ont aucune relation (ou alors des relations "pour tous", tous les deux ensembles).

Le différentiel vient plutôt à mon avis de la différence de signification du mot "partenaire" : Un coup d'un soir pour un homme / une histoire qui compte pour une femme.

Ou alors c'est que le GHB est en libre service dans les monoprix...
laurentso
- 21/01/2013 - 12:45
Ouh là... apprenez à compter avant de critiquer
Un homme rencontre trois femmes différentes. Lesquelles n'ont pas d'autres aventures.
Un autre homme reste fidèle à sa femme. Et réciproquement

Nous avons une moyenne de 2 femmes partenaires pour un homme ((3+1)/2) et 1 homme partenaire en moyenne pour les femmes ((1+1+1+1)/4). Les chiffres ne sont donc pas équivalents.
zeliclic
- 21/01/2013 - 07:10
bah ...
les français doivent préférer les étrangères ... ;)