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The Paper Boy, Shame, The Master... l'année du sexe canaille sur grands écrans : pur marketing ou évolution des mentalités ?
Publié le 08 octobre 2012
Cette année, le cinéma n'a pas été avare de scènes de sexe, toutes plus "olé olé" les unes que les autres. Les spectateurs sont-ils moins prudes qu'avant ou les réalisateurs cherchent-ils tout simplement à rendre leurs films plus attractifs ?
Francis Métivier est Docteur en philosophie, enseignant en Lycée et dans le supérieur. Spécialiste de questions d'esthétique et d'éthique, il est l'auteur de plusieurs livres : "Rock'n philo" (Bréal) ; "Sexe & Philo" (Bréal) ou encore "L'esprit du vin...
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Francis Métivier est Docteur en philosophie, enseignant en Lycée et dans le supérieur. Spécialiste de questions d'esthétique et d'éthique, il est l'auteur de plusieurs livres : "Rock'n philo" (Bréal) ; "Sexe & Philo" (Bréal) ou encore "L'esprit du vin...
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Cette année, le cinéma n'a pas été avare de scènes de sexe, toutes plus "olé olé" les unes que les autres. Les spectateurs sont-ils moins prudes qu'avant ou les réalisateurs cherchent-ils tout simplement à rendre leurs films plus attractifs ?

"Faut-il montrer ses fesses au cinéma ?" S’il n’y avait que les fesses… Tant que ce sont celles de Bardot, de trois-quarts, demandant à Piccoli "Tu vois mon derrière, dans la glace ? (…) Tu les trouves jolies, mes fesses ?", c’est mignon. Etrangement, plus la scène est incongrue, moins elle est choquante – car artistique comme ce dialogue du Mépris. Et plus elle est prévisible, plus elle heurte la morale. C’est qu’un certain réalisme cinématographique, rendant commun ce que nous vivons d’unique, est une insulte à ce que nous pensons être notre originalité sexuelle. A l’inverse, voir une scène de sexe qui nous surprend et nous apprend quelque chose rend intérieurement enthousiaste et remplit notre esprit de nouveaux projets.

Dès lors, les scènes de sexe au cinéma, ellipse ou pas ellipse ? Le mot ellipse désigne dans l’art le fait de "zapper" ce qui, normalement, dans la logique ou la chronologie des événements racontés, devrait être présenté, une sorte de sublimation esthétique de l’autocensure. Trois perspectives.

Une première prouverait que les scènes de sexe seraient psychologiquement indispensables dans la mesure où elles déclencheraient une véritable libération des mœurs, nous indiqueraient l’exemple à suivre. Le sexe dans les films tout public contribuerait au progrès des pratiques humaines et alimenterait le désir de quitter définitivement une époque qui serait celle d’un post-puritanisme. D’un côté, cette idée repose sur le préjugé selon lequel l’histoire humaine serait l’histoire de sa libération sexuelle, ce qui est parfaitement faux. Mais d’un autre côté, cette idée est efficace ; preuve en est notre gêne silencieuse durant une scène de sexe quand nous sommes au cinéma avec nos enfants devenus adolescents : c’est bien parce que la scène exhibe ce qui pourrait se faire qu’une vague intérieure de puritanisme nous envahit. Mais aussi parce que la scène, bien que toujours convenue, s’impose à nous là où l’on ne s’y attendait pas.

Une deuxième perspective prouverait que ces scènes seraient sociologiquement intéressantes dans la mesure où, cette fois, elles témoigneraient d’une véritable libération des mœurs. Ici, la scène de sexe n’aurait pas pour fonction de montrer ce qui devrait être mais de montrer ce qui est. Mais alors quel intérêt ? C’est que l’art représentatif, si l’on adapte pour le cinéma ce qu’Aristote concevait pour le théâtre, relève de la catharsis. Le sexe, dans la vie, est satisfait mais jusqu’à une certaine limite, éthique, juridique ou physique. L’art cinématographique est là pour exposer ce qui se passe lorsque la limite est franchie. Le procédé offre un double avantage. D’une part il défoule et, par un acte de simulation, purge l’auteur de ses mauvaises pulsions. D’autre part il stimule la conscience du spectateur en lui soumettant une question morale : faut-il en faire autant ? Ici, l’on pense bien sûr davantage aux dernières minutes de L’Empire des sens qu’au baiser de La Boum.  Mais le problème du sexe au cinéma se pose de la même manière que celui de la violence : faut-il la dévoiler ? D’un côté, si le cinéma montre ce qui est alors nous finissons par trouver tout normal. D’un autre côté, s’il montre ce qui pourrait être, alors il finit par nous donner de mauvaises idées…

Une troisième perspective prouverait que, psychanalytiquement, nous serions finalement des puritains de la vie quotidienne, palliant notre misère sexuelle dans les salles obscures, sous couvert de modernité artistique. Au fond, toute association entre le sexe et la technologie, toute dimension technologique du sexe, comme sa cinématographisation, dénote une frustration et apparaît dès lors comme un Ersatz, un produit de substitution. "Faute de grives on mange des merles" : telle est la formule symbolique de la compensation des pulsions contrariées. L’essence même du sexe ne tient-elle d’une relation physique et spirituelle entre deux personnes, directe, brute, deux personnes qui sont nues et n’ont pas besoin d’autre chose qu’elles-mêmes pour jouir ?

On peut évidemment aller au cinéma pour faire des trucs dans le fond de la salle, sur une scène torride de On the Road, Shame, ou The paperboy, ou encore aller revoir Toys Story et activer la télécommande du sextoy que sa copine, assise sur le siège de devant, s’est mis là où vous savez. C’est marrant, ça change un peu, on se sent branché. Et ce n’est absolument pas condamnable. Mais bon, ce n’est pas là l’essence primordiale du sexe. Le sexe, vous savez, quand on est avec l’autre, l’un dans l’autre, et que tout le reste n’existe plus, ni le cinéma, ni l’ordinateur, ni la tablette numérique, ni le téléphone portable…

Bon… les gens font ce qu’ils veulent. Le sexe au cinéma n’a pas à déclencher de jugements de valeur ou à poser de problème éthique. Le sexe est une question d’esthétique. Cru, tout est beau, pourvu que ce ne soit pas filmé.

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kettle
- 09/10/2012 - 12:57
"plus attractifs ?"
Non. Il y a une nouvelle serie "Room at the Top" adapté du roman/film du meme nom.

http://www.bbc.co.uk/programmes/b010827f

Il y a des scenes de cul interminables. Au lit, dans la bagnole, dans l'escalier, pfff... Ces scenes sont - pour une fois - utiles dans la narration, mais trop c'est trop, c'est du remplissage bon marché.
Jean-Francois Morf
- 08/10/2012 - 21:07
Ma prof de gym, tellement sexy:
http://www.youtube.com/watch?v=Lm3oNfctErY&feature=BFa&list=ALHTd1VmZQRNrF9FHKX4wKsMrbVWzzXi5h

enjoy!