En direct
Best of
Best of 15 au 21 juin
En direct
© DR
The Master sortira en France le 9 janvier 2013
Cachez ce sein...
The Paper Boy, Shame, The Master... l'année du sexe canaille sur grands écrans : pur marketing ou évolution des mentalités ?
Publié le 08 octobre 2012
Cette année, le cinéma n'a pas été avare de scènes de sexe, toutes plus "olé olé" les unes que les autres. Les spectateurs sont-ils moins prudes qu'avant ou les réalisateurs cherchent-ils tout simplement à rendre leurs films plus attractifs ?
Francis Métivier est Docteur en philosophie, enseignant en Lycée et dans le supérieur. Spécialiste de questions d'esthétique et d'éthique, il est l'auteur de plusieurs livres : "Rock'n philo" (Bréal) ; "Sexe & Philo" (Bréal) ou encore "L'esprit du vin...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Francis Métivier
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Francis Métivier est Docteur en philosophie, enseignant en Lycée et dans le supérieur. Spécialiste de questions d'esthétique et d'éthique, il est l'auteur de plusieurs livres : "Rock'n philo" (Bréal) ; "Sexe & Philo" (Bréal) ou encore "L'esprit du vin...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Cette année, le cinéma n'a pas été avare de scènes de sexe, toutes plus "olé olé" les unes que les autres. Les spectateurs sont-ils moins prudes qu'avant ou les réalisateurs cherchent-ils tout simplement à rendre leurs films plus attractifs ?

"Faut-il montrer ses fesses au cinéma ?" S’il n’y avait que les fesses… Tant que ce sont celles de Bardot, de trois-quarts, demandant à Piccoli "Tu vois mon derrière, dans la glace ? (…) Tu les trouves jolies, mes fesses ?", c’est mignon. Etrangement, plus la scène est incongrue, moins elle est choquante – car artistique comme ce dialogue du Mépris. Et plus elle est prévisible, plus elle heurte la morale. C’est qu’un certain réalisme cinématographique, rendant commun ce que nous vivons d’unique, est une insulte à ce que nous pensons être notre originalité sexuelle. A l’inverse, voir une scène de sexe qui nous surprend et nous apprend quelque chose rend intérieurement enthousiaste et remplit notre esprit de nouveaux projets.

Dès lors, les scènes de sexe au cinéma, ellipse ou pas ellipse ? Le mot ellipse désigne dans l’art le fait de "zapper" ce qui, normalement, dans la logique ou la chronologie des événements racontés, devrait être présenté, une sorte de sublimation esthétique de l’autocensure. Trois perspectives.

Une première prouverait que les scènes de sexe seraient psychologiquement indispensables dans la mesure où elles déclencheraient une véritable libération des mœurs, nous indiqueraient l’exemple à suivre. Le sexe dans les films tout public contribuerait au progrès des pratiques humaines et alimenterait le désir de quitter définitivement une époque qui serait celle d’un post-puritanisme. D’un côté, cette idée repose sur le préjugé selon lequel l’histoire humaine serait l’histoire de sa libération sexuelle, ce qui est parfaitement faux. Mais d’un autre côté, cette idée est efficace ; preuve en est notre gêne silencieuse durant une scène de sexe quand nous sommes au cinéma avec nos enfants devenus adolescents : c’est bien parce que la scène exhibe ce qui pourrait se faire qu’une vague intérieure de puritanisme nous envahit. Mais aussi parce que la scène, bien que toujours convenue, s’impose à nous là où l’on ne s’y attendait pas.

Une deuxième perspective prouverait que ces scènes seraient sociologiquement intéressantes dans la mesure où, cette fois, elles témoigneraient d’une véritable libération des mœurs. Ici, la scène de sexe n’aurait pas pour fonction de montrer ce qui devrait être mais de montrer ce qui est. Mais alors quel intérêt ? C’est que l’art représentatif, si l’on adapte pour le cinéma ce qu’Aristote concevait pour le théâtre, relève de la catharsis. Le sexe, dans la vie, est satisfait mais jusqu’à une certaine limite, éthique, juridique ou physique. L’art cinématographique est là pour exposer ce qui se passe lorsque la limite est franchie. Le procédé offre un double avantage. D’une part il défoule et, par un acte de simulation, purge l’auteur de ses mauvaises pulsions. D’autre part il stimule la conscience du spectateur en lui soumettant une question morale : faut-il en faire autant ? Ici, l’on pense bien sûr davantage aux dernières minutes de L’Empire des sens qu’au baiser de La Boum.  Mais le problème du sexe au cinéma se pose de la même manière que celui de la violence : faut-il la dévoiler ? D’un côté, si le cinéma montre ce qui est alors nous finissons par trouver tout normal. D’un autre côté, s’il montre ce qui pourrait être, alors il finit par nous donner de mauvaises idées…

Une troisième perspective prouverait que, psychanalytiquement, nous serions finalement des puritains de la vie quotidienne, palliant notre misère sexuelle dans les salles obscures, sous couvert de modernité artistique. Au fond, toute association entre le sexe et la technologie, toute dimension technologique du sexe, comme sa cinématographisation, dénote une frustration et apparaît dès lors comme un Ersatz, un produit de substitution. "Faute de grives on mange des merles" : telle est la formule symbolique de la compensation des pulsions contrariées. L’essence même du sexe ne tient-elle d’une relation physique et spirituelle entre deux personnes, directe, brute, deux personnes qui sont nues et n’ont pas besoin d’autre chose qu’elles-mêmes pour jouir ?

On peut évidemment aller au cinéma pour faire des trucs dans le fond de la salle, sur une scène torride de On the Road, Shame, ou The paperboy, ou encore aller revoir Toys Story et activer la télécommande du sextoy que sa copine, assise sur le siège de devant, s’est mis là où vous savez. C’est marrant, ça change un peu, on se sent branché. Et ce n’est absolument pas condamnable. Mais bon, ce n’est pas là l’essence primordiale du sexe. Le sexe, vous savez, quand on est avec l’autre, l’un dans l’autre, et que tout le reste n’existe plus, ni le cinéma, ni l’ordinateur, ni la tablette numérique, ni le téléphone portable…

Bon… les gens font ce qu’ils veulent. Le sexe au cinéma n’a pas à déclencher de jugements de valeur ou à poser de problème éthique. Le sexe est une question d’esthétique. Cru, tout est beau, pourvu que ce ne soit pas filmé.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
A la recherche des Gilets jaunes disparus
02.
Taxe d’habitation : les Français organisent leur propre malheur immobilier
03.
Vent de sécularisation sur le monde arabe ? Ces pays qui commencent à se détourner de la religion
04.
Renault-Nissan-Fiat Chrysler : le mariage à trois est possible à condition d’éviter trois enterrements
05.
Quand la SNCF se laisse déborder par ses contrôleurs
06.
Il y a une grande différence entre l’hygiène et la propreté lorsque vous faites le ménage chez vous et voilà laquelle
07.
Kim Kardashian provoque la colère des Japonais avec le lancement d'une ligne de sous-vêtements, Kimono Intimates
01.
Retour des moustiques tigre : voilà comment s'en protéger efficacement cet été
02.
A la recherche des Gilets jaunes disparus
03.
Taxe d’habitation : les Français organisent leur propre malheur immobilier
04.
Pourquoi les Francs-maçons ne sont certainement pas les héritiers des constructeurs de cathédrale qu’ils disent être
05.
L'homme qui combat la bien-pensance pour sauver le monde agricole
06.
Meghan & Harry : all is not well in paradise; Mariage sous couvre-feu pour Laura Smet; Laeticia Hallyday, délaissée ou entourée par ses amis ? Voici & Closer ne sont pas d’accord; Taylor Swift & Katy Perry se câlinent vêtues d’un burger frites de la paix
01.
PMA et filiation : ces difficultés humaines prévisibles que le gouvernement écarte bien rapidement
02.
Mieux que Jeanne d'Arc : Greta Thunberg voit le CO² à l'œil nu !
03.
Amin Maalouf et Boualem Sansal, deux lanceurs d'alerte que personne n'écoute. Est-ce parce qu'ils sont arabes ?
04.
L'Ordre des médecins autorise Jérôme Cahuzac à exercer la médecine générale en Corse
05.
Ce piège dans lequel tombe le gouvernement en introduisant le concept d’islamophobie dans le proposition de loi Avia sur la lutte contre les contenus haineux
06.
Canicule : y’a-t-il encore un adulte dans l’avion ?
Commentaires (2)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
kettle
- 09/10/2012 - 12:57
"plus attractifs ?"
Non. Il y a une nouvelle serie "Room at the Top" adapté du roman/film du meme nom.

http://www.bbc.co.uk/programmes/b010827f

Il y a des scenes de cul interminables. Au lit, dans la bagnole, dans l'escalier, pfff... Ces scenes sont - pour une fois - utiles dans la narration, mais trop c'est trop, c'est du remplissage bon marché.
Jean-Francois Morf
- 08/10/2012 - 21:07
Ma prof de gym, tellement sexy:
http://www.youtube.com/watch?v=Lm3oNfctErY&feature=BFa&list=ALHTd1VmZQRNrF9FHKX4wKsMrbVWzzXi5h

enjoy!