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Manchester United - PSG : 1-3 Paris s'impose dans le théâtre des rêves et reprend la tête de son groupe

Publié le 03 décembre 2020
Magnifique opération pour le PSG. En battant son principal rival par deux buts d'écarts, le club de la capitale reprend la main. Grâce à des réalisations signées Neymar (par deux fois) et Marquinhos, il conserve toutes ses chances de qualification. La semaine prochaine, un nul à domicile face aux Turcs de Basaksehir suffira aux Parisiens.
Olivier Rodriguez
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Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis.   
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Magnifique opération pour le PSG. En battant son principal rival par deux buts d'écarts, le club de la capitale reprend la main. Grâce à des réalisations signées Neymar (par deux fois) et Marquinhos, il conserve toutes ses chances de qualification. La semaine prochaine, un nul à domicile face aux Turcs de Basaksehir suffira aux Parisiens.

Le PSG avait rendez-vous hier soir à Old Trafford pour un match de tous les possibles. Après le succès de Leipzig en Turquie, les données du problème étaient aussi simples que les conséquences pouvaient s'avérer compliquées : une victoire et la première place du groupe redevenait accessible... un match nul ou une défaite et presque toutes les plaies de l'Egypte pouvaient s'abattre sur un club au bord de la crise depuis plusieurs semaines.

Pour les joueurs, le coach et l'état-major Parisiens, l'heure n'était peut-être pas à la guerre mais le moment de la mobilisation était certainement venu... 

S'Il est toujours délicat d'utiliser un vocabulaire militaire pour évoquer une rencontre sportive (les choses ne pouvant être décemment comparable), il est parfois bien tentant de le faire. Car les Parisiens ont tout de même livré une sacrée bataille pour arracher une victoire extrêmement précieuse qui fait un bien fou à tout le monde. Évidemment, nous n'irons pas jusqu'à dire que le PSG est ce matin guéri de tous ses maux... mais nous pouvons tout de même écrire très fort que l'équipe semble convalescente. Peut-on parler de surprise ? Ben... un peu quand même ! Parce que le malade donnait de nombreux signes d'inquiétude depuis pas mal de temps déjà. Citons en vrac un nombre de défaites anormalement élevé depuis le début du championnat... une condition physique insuffisante et déjà évoquée dans ces colonnes... un virus... un coach en proie à ses nerfs et en froid avec le directeur technique du club... des départs de joueurs cadres, véritables soutiens de famille (Tiago Silva et Cavani) non compensés qualitativement... Copieux non ? Et si vous rajoutez à ce tableau déjà bien rempli un arbitrage contraire (Fred aurait dû être expulsé pour un coup de tête sur Paredes) et de la malchance (un csc de Danilo à la 32e), vous pourriez conclure un peu trop vite que cela faisait déjà beaucoup et que beaucoup c'était trop. Et bien pas du tout.

Parce que c'est au moment où la domination des Reds se faisait la plus forte, au moment où les Parisiens paraissaient accuser le coup physiquement que tout a changé. Et quand on dit tout, on pourrait dire plus précisément Marquinhos tant sa reprise à bout portant (69e) a fait basculer du bon côté une rencontre qui aurait très bien pu échapper aux Parisiens. Car ce match fou s'est aussi joué sur les ratés adverses... notamment celui de Cavani (un lob sur la barre), ceux de Martial (un tir au-dessus et une reprise imprécise, les deux fois en position idéale) ou encore celui de l'entraîneur Solskjaer (critiquable pour ne pas avoir sorti Fred dont les fils se touchaient depuis le début du match avant que l'arbitre ne le fasse à la 70e). Tout cela pour vous bien vous faire comprendre que le PSG aurait pu exploser mais qu'il a su faire front et tenir bon. 

Mais si cette équipe est ce matin encore condamnée à vivre, elle le doit surtout à deux Brésiliens qui ont su prendre l'affaire à bras-le-corps, c'est-à-dire avec leurs pieds : Neymar et Marquinhos. Le premier a su réussir là où les autres attaquants de l'équipe, Kean et Mbappé, ont échoué. Globalement plus simple dans ses gestes et dans ses choix, ses deux buts (6e et 91e) pèsent lourd, très lourd... Opportuniste sur l'ouverture du score, à l'origine et à la conclusion du dernier but de son équipe, il enlève au final une belle épine du pied à une équipe qu'un échec aurait précipité dans les grandes angoisses.

Quant au second, après un match pareil, on pourrait lui attribuer la médaille des gens de mer. À son crédit, une volonté de tous les instants, un sauvetage tel un don de soi devant Martial et un but rageur qui permet au PSG de prendre les devants au moment où l'équipe prenait l'eau de toutes parts. Rien que ça. À noter aussi la bonne rentrée de Rafinha, les promesses liées au retour de Verratti, et (insistons encore) la cohésion d'ensemble. 

Attention ! Il serait injuste de ne pas associer le coach Allemand à ce succès. Car si son coaching a pu paraître surprenant, il faut évidemment reconnaître qu'il fut gagnant ! En sortant, à la 65e, un attaquant (Kean) et Paredes pour faire rentrer Bakker et Herrera (en se privant de Di Maria !) donc en réajustant totalement son équipe, il a considérablement influé sur le déroulement du match. Dans la tempête qu'il traverse et au cœur d'enjeux colossaux, ses bons choix validés par un bon résultat lui assureront des nuits un tantinet plus tranquilles dans les jours qui viennent...

Il ne nous reste plus qu'à espérer que l'équipe saura capitaliser sur une rencontre qui pourrait ressembler à un match fondateur. Dans l'état d'esprit, dans la solidarité, franchement, il y aurait de quoi... Espérons aussi que ce club qui a souvent montré les moyens de son pouvoir, parvienne à insuffler à ses joueurs, sur le long terme, les moyens de leur vouloir. 

Un mot encore pour évoquer plus précisément un match dans le match, celui livré par Edinson Cavani contre son ancienne équipe. Car ce n'est pas si souvent qu'une icône affronte le club qui l'a consacrée. Au-delà de ça, voir Cavani ne plus arborer la tunique bleu roi des Parisiens mais un gros rouge qui tache avait vraiment de quoi surprendre... Cavani ou le Matador adoré par les supporters, le meilleur buteur de l'histoire du PSG, excusez du peu. Il faut dire que planter 200 buts en 301matchs et huit saisons sous les couleurs Parisiennes, ça pose un cador. Mais réduire un tel joueur à une histoire de chiffres serait par trop réducteur. Cavani, c'est surtout autre chose... c'est LE coéquipier exemplaire, l'incarnation de l'effort dépouillé de tous les défauts de l'époque... Un moine Trappiste en mission permanente, un joueur inégalé dans l'art de couper les trajectoires, un gars de la qualité d'avant-guerre (je parle de la prochaine). L'histoire aurait été vraiment belle si le mariage de raison ne s'était pas transformé en raisons du divorce. Car le moins que l'on puisse écrire, c'est que le buteur Uruguayen a eu des fins de soi difficiles dans le club de son cœur. Mais qui blâmer ? Le directeur sportif du club qui souhaite tourner une page merveilleuse qui commence à coûter bonbon pour un joueur de 33 balais ? Ou le joueur qui pense qu'il est un chevalier servant finalement mal desservi ? Allez savoir. La moralité de cette histoire se situe peut-être ailleurs... visiblement, le football, c'est comme l'amour, c'est bien souvent à sens unique.

Quoiqu'il en soit, le PSG jouera, à domicile, un match extrêmement important contre Basaksehir mardi prochain. Car même si les turcs sont éliminés, il y a fort à parier que rien ne sera offert à des Parisiens qui n'ont pas leurs pareils pour ne pas se ressembler d'une semaine à l'autre. Autrement dit, le suspense reste entier car tout peut encore se passer. Et c'est tant mieux ! Savez-vous pourquoi ? Parce que le football, c'est aussi comme les femmes... plus il éveille l'imagination, plus il suscite l'émotion. 

À mardi !

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