En direct
Best of
Best of du 10 au 16 octobre
En direct
ça vient d'être publié
light > Politique
Principe de précaution
Coronavirus : Brigitte Macron décide de se mettre à l'isolement pendant 7 jours après avoir été cas contact
il y a 4 heures 42 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"On purge bébé" de Georges Feydeau : un vaudeville comme on les aime

il y a 5 heures 21 min
pépites > Justice
Enquête en cours
Mort de Samuel Paty : le terroriste était en contact avec les auteurs des vidéos qui visaient l'enseignant
il y a 7 heures 1 min
pépites > Politique
Liberté d'expression
Les régions vont diffuser un livre de caricatures dans les lycées
il y a 8 heures 7 min
décryptage > Economie
Evolution de la pandémie

Panorama COVID-19 : maintenant, c’est l’Europe qui est la plus touchée par les nouveaux cas

il y a 10 heures 46 min
décryptage > France
Liberté d'expression

Pour une publication massive des caricatures

il y a 11 heures 6 min
light > Economie
Voiture propre
La Chine, leader dans le domaine des voitures électriques - avec 138 modèles sur son marché, contre 60 en Europe, et seulement 17 aux États-Unis - abrite aussi le premier constructeur mondial
il y a 11 heures 47 min
Alimentation
La Chine se met à aimer le lait après l'avoir ignoré pendant plusieurs générations
il y a 12 heures 56 min
décryptage > Terrorisme
Reculer pour mieux sauter

Professeur décapité : voilà ce que nous coûtera notre retard face à l’islamisme

il y a 13 heures 29 min
décryptage > Finance
Impact de la pandémie

Les courants qui nous mènent droit à la déflation se font de plus en plus forts

il y a 14 heures 14 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Covid-19 et réchauffement climatique" de Christian de Perthuis : une analyse qui mérite un détour, comme tout témoignage sincère, mais avec ses limites

il y a 5 heures 4 min
pépites > Politique
Chaises musicales
Le rapporteur général de l'Observatoire de la laïcité, Nicolas Cadène, devrait être remplacé
il y a 6 heures 11 min
light > France
Magie de Noël menacée
Covid-19 : le marché de Noël des Tuileries est annulé à Paris suite au coronavirus
il y a 7 heures 36 min
décryptage > Economie
Les entrepreneurs parlent aux Français

Choisir la mort ou la Mort. La France a fait son choix

il y a 10 heures 9 min
décryptage > International
MilkTea

« L’alliance du thé au lait » : le mouvement du refus de l’expansionnisme chinois s’étend en Asie

il y a 10 heures 58 min
light > High-tech
Justice
Instagram visé par une enquête de la Commission irlandaise pour la protection des données
il y a 11 heures 19 min
rendez-vous > High-tech
La minute tech
Couvre-feu : et les meilleures solutions pour les télé-apéros sont...
il y a 12 heures 12 min
pépite vidéo > France
Lutte contre le fondamentalisme
Conflans-Sainte-Honorine : "Nous ne pouvons pas laisser faire ce genre de fatwas en ligne", selon Gérald Darmanin
il y a 13 heures 10 min
décryptage > Politique
Stratégie

LR contraint de s’allier à LREM pour survivre ? Les faux calculs de Christian Estrosi

il y a 13 heures 53 min
rendez-vous > Santé
Zone Franche
Coronavirus : le scandale caché du sous-investissement mortuaire
il y a 14 heures 31 min
© PHILIPPE HUGUEN / AFP
alzheimer mémoire
© PHILIPPE HUGUEN / AFP
alzheimer mémoire
Impact de la maladie

Alzheimer est aussi un défi économique pour la société mais personne ne semble comprendre pourquoi il est essentiel de s’en préoccuper

Publié le 01 octobre 2020
Selon une étude de la Harvard Business School, la maladie d’Alzheimer est la maladie la plus coûteuse aux Etats-Unis. Comment expliquer ce phénomène ? Quelle pression économique les traitements font-ils porter sur le système de santé ?
Stéphane Gayet
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Stéphane Gayet est médecin des hôpitaux au CHU (Hôpitaux universitaires) de Strasbourg, chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg et conférencier. 
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Selon une étude de la Harvard Business School, la maladie d’Alzheimer est la maladie la plus coûteuse aux Etats-Unis. Comment expliquer ce phénomène ? Quelle pression économique les traitements font-ils porter sur le système de santé ?

Atlantico : Selon une étude publiée par la Harvard Business School, la maladie d’Alzheimer est la maladie la plus coûteuse aux États-Unis en affectant une personne sur dix âgée de 65 ans ou plus. Est-ce le cas en France ? La proportion de personnes atteintes est-elle similaire ? Pourquoi cette maladie est-elle la plus coûteuse ?

Stéphane Gayet : La maladie d’Alzheimer est la principale cause de troubles neurocognitifs majeurs (cognition : la connaissance ; troubles intellectuels concernant essentiellement la mémoire) du sujet âgé, c’est-à-dire d’altérations progressives des fonctions cognitives entraînant un retentissement sur les activités de la vie quotidienne et conduisant de ce fait à une perte d’autonomie. Cette maladie est responsable d’environ 70 % des cas de troubles neurocognitifs majeurs, les autres causes étant les maladies dites apparentées : démence d’origine vasculaire, maladie à corps de Lewy, dégénérescence fronto-temporale…

Une bonne connaissance des données épidémiologiques (fréquence, âge, gravité, évolution, causes, facteurs favorisants) est nécessaire pour appréhender et anticiper l’ampleur de la maladie d’Alzheimer dans nos sociétés vieillissantes. Les études épidémiologiques sont en réalité complexes, du fait de la grande fréquence de la pathologie (cela rend difficile l’étude des causes et des facteurs favorisants), de l’absence de registre de santé exhaustif de cette pathologie, de son caractère chronique et insidieux et d’un diagnostic qui reste encore complexe.

Les données permettant d’établir la prévalence (nombre de cas de maladie dans la population à un moment donné) de la maladie d’Alzheimer en France proviennent principalement de l’étude épidémiologique PAQUID*. À partir des données de cette étude, le nombre de personnes atteintes de maladie d’Alzheimer a été estimé à 770 000 en 1999. Par extrapolation de ces données, le nombre de personnes souffrant de la maladie est actuellement estimé à 1,1 million. La prévalence de la maladie augmente très vite avec l’âge. Rare avant 60 ans, sa prévalence est d’environ 1,5 % entre 65 et 70 ans, 3 % entre 70 et 75 ans, 6 % entre 75 et 80 ans, 12 % entre 80 et 85 ans, plus de 20 % après 85 ans. Elle affecte globalement 5 % de la population de plus de 65 ans, et sa prévalence double par classe d’âge de 5 ans après 65 ans. Chez les personnes les plus âgées, la maladie atteint plus les femmes que les hommes (25 % des femmes contre 20 % des hommes à 85 ans). Sur le plan mondial, le nombre de malades est actuellement estimé à 44 millions. Ce nombre a plus que doublé depuis les années 1990, principalement en raison du vieillissement de la population, et concerne de plus en plus les pays en voie de développement. Le nombre de nouveaux cas par an (incidence) de maladie d’Alzheimer en France est actuellement estimé à 225 000 patients. L’évolution du risque au-delà de 90 ans reste discutée : l’augmentation de l’incidence pourrait rencontrer un plateau chez les sujets les plus âgés.

Toujours selon cette étude, les traitements pharmaceutiques actuels n’ont qu’un effet minime pour arrêter les symptômes de la maladie et seuls les soins sur le long terme semblent avoir un effet. Quelle pression économique portent-ils sur le système de santé ?

Certains médicaments sont dits symptomatiques : ils n’agissent pas sur le ou les mécanismes de la maladie, mais sur certains de ses effets les plus gênants. Actuellement, seuls trois inhibiteurs de la cholinestérase (enzyme qui permet la dégradation de l’acétylcholine, un médiateur chimique assurant la transmission de l’influx nerveux) et un antagoniste du récepteur du glutamate (la mémantine) ont été approuvés et commercialisés comme traitements symptomatiques de la maladie d’Alzheimer.

D’autres médicaments sont dits à visée étiopathogénique : ils sont censés agir sur le ou les mécanismes de la maladie. Depuis le début des années 2000 et dans l’avenir, l’objectif de la recherche thérapeutique est de mettre au point un ou des traitements capables de modifier l’évolution de la maladie (soit de la ralentir significativement, soit au mieux de la stopper). Les principales recherches portent sur des traitements visant à modifier les anomalies dues au peptide A bêta amyloïde ou à la protéine tau, les deux principales anomalies mises en évidence dans le cerveau des personnes atteintes de maladie d’Alzheimer.

À l’heure actuelle, on considère que l’essentiel du traitement est plutôt non médicamenteux. C’est l’accompagnement au quotidien par des proches avec leur affection, les stimulations cognitives et récréatives répétées à longueur de journée et l’hygiène de vie autant que possible (exercice physique, alimentation et sommeil). Mais ces personnes sont très fragiles et sont particulièrement exposées au risque d’accidents qui, lorsqu’ils surviennent, contribuent grandement à la dégradation de l’état général et neuropsychique.

La maladie d’Alzheimer est l’une des premières causes d’entrée en institution du sujet âgé, elle est la cinquième cause de décès en France et est à l’origine d’un coût socio-économique majeur, estimé à plus de 30 milliards d’euros par an en France, en grande partie à la charge des patients et de leur famille. Les familles se trouvent de ce fait souvent en difficulté financière dès lors que l’un de leurs membres est atteint d’une forme évoluée de maladie d’Alzheimer, sans parler des répercussions sociales qui touchent les aidants (isolement, marginalisation).

Le coût du développement d’un traitement est estimé à 5 milliards d’euros. À quoi est dû un tel coût ? Quel est l’état des recherches actuelles ?

Beaucoup de travaux de recherche, sur le traitement de la maladie d'Alzheimer, ciblent le peptide A bêta amyloïde, et c'est logique étant donné que la formation de dépôts amyloïdes est considérée comme le primum movens de la maladie. Le but poursuivi est donc de chercher à bloquer l'accumulation anormale de peptide A bêta amyloïde autour des neurones.

Les méthodes d'immunothérapie mobilisent des processus immunologiques (système de défense immunitaire). Elles sont de plus en plus utilisées en cancérologie, car plus précises et moins toxiques que les méthodes de chimiothérapie.

Partant du principe que les cancers comme la maladie d'Alzheimer sont des maladies chroniques et complexes, on a essayé de transposer à celle-ci les succès obtenus en cancérologie. D'où l'idée de l'immunothérapie dans cette maladie.

Il existe une immunothérapie active, c'est essentiellement la vaccination : le système immunitaire s'immunise de façon active contre un agresseur, grâce au vaccin spécifique. Les vaccins anti-Alzheimer sont jusqu'à présent des échecs.

Il existe aussi une immunothérapie passive : il s'agit notamment des anticorps anti-peptide amyloïde. Ces anticorps sont dits monoclonaux, parce que leur cible immunologique est ultra précise et unique (ils sont fabriqués par génie génétique).

L'aducanumab est un anticorps monoclonal dirigé contre le peptide A bêta amyloïde. Précisons que l'on a déjà essayé des traitements constitués d'anticorps monoclonaux dirigés contre la protéine tau, avec des résultats mitigés, peu concluants.

À maladie chronique complexe, recherche longue et complexe. Plus une maladie est aiguë et plus sa cause est simple et unique, plus son mécanisme est facile à comprendre. Et plus une maladie est chronique et lente, plus ses causes sont nombreuses et imbriquées, et plus son mécanisme de constitution est complexe.

Avec les maladies neurodégénératives inflammatoires chroniques, comme la maladie d'Alzheimer, la sclérose en plaques (SEP), la maladie de Parkinson, la sclérose latérale amyotrophique (SLA), on se heurte à des processus pathologiques, à la fois pluriels imbriqués et d'une rare complexité. Nous devons inventer de nouvelles méthodes de recherche, faire appel à des outils informatiques d'une puissance toujours supérieure. C’est la raison du coût énorme de la recherche concernant la maladie d’Alzheimer.

* L'étude PAQUID (Personnes âgées QUID) est une étude de cohorte de 3 777 sujets âgés de plus de 65 ans vivant à leur domicile et tirés au sort sur les listes électorales de 75 communes de Gironde et de Dordogne. L’état initial a été évalué en 1988-1989 et les sujets ont été suivis à un an, trois ans, cinq ans, huit ans, dix ans, treize ans… PAQUID est le fruit d'un partenariat de plusieurs structures publiques ou privées dont les plus importantes sont l'INSERM, l'Université de Bordeaux II et le CHU de Bordeaux, la Fondation de France, Novartis Pharma, la Société SCOR, les Conseils généraux de Gironde et Dordogne et la Mutualité sociale agricole. L’objectif principal de PAQUID était l’étude épidémiologique du vieillissement cognitif et fonctionnel en population générale, notamment l’épidémiologie de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées (MAMA), mais aussi l’épidémiologie de la dépendance du sujet âgé. Les sujets ont été revus à onze reprises environ tous les deux ans avec des mesures répétées de la cognition, un recueil de valeurs dans des échelles fonctionnelles et une détection systématique de la démence. PAQUID a fourni les premières estimations de la prévalence, de l’incidence, de la durée moyenne de la maladie en population générale. Cette cohorte a permis d’étudier de multiples facteurs de risque (âge, sexe, niveau d’études, consommation de vin et de tabac, activité de loisirs, etc.) des MAMA et l’histoire naturelle de la phase préclinique et clinique débutante de la maladie d’Alzheimer sur plus de dix ans. PAQUID a montré que les démences étaient de loin la cause principale de dépendance du sujet âgé.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Commentaires (1)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
clo-ette
- 01/10/2020 - 12:03
"L'atout gagnant"
C'est le titre d'un ouvrage de Rita Lévi neurologue italienne décédée plus que centenaire ( prix Nobel) , dont le sujet est la constatation de la possibilité de conserver ses facultés intellectuelles jusqu'à un âge avancé ....