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parents enfants stress angoisse coronavirus covid-19
© MEHDI FEDOUACH / AFP
parents enfants stress angoisse coronavirus covid-19
Angoisse face au Covid-19

Petits conseils pour rester un parent serein quand la pandémie fait flamber votre stress

Publié le 25 septembre 2020
La pandémie de Covid-19 est génératrice de stress et d'angoisse pour les parents et leurs enfants. Quels conseils est-il possible de suivre afin de mieux réagir et pour rassurer parents et enfants ?
Edwige Antier
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Pédiatre et mère de famille, ancienne interne des Hôpitaux de Paris, diplômée en psychopathologie, Edwige Antier exerce la pédiatrie depuis trente ans. Connue pour son travail de députée à l'Assemblé nationale pour la protection des enfants, elle a...
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Michel Debout
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Michel Debout est professeur émérite de Médecine légale et de droit de la santé, et psychiatre, au CHU de Saint Étienne. Il est membre associé du CESE et membre de l'Observatoire national du suicide, spécialiste de la prévention du suicide et des...
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Pascal Anger est psychologue, psychanalyste, psychothérapeute, sexothérapeute, systémicien et médiateur familial.Il est également chargé de cours à Paris VII. Il est l'auteur de Le couple et l'autre, livre publié aux éditions l'Harmattan.
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La pandémie de Covid-19 est génératrice de stress et d'angoisse pour les parents et leurs enfants. Quels conseils est-il possible de suivre afin de mieux réagir et pour rassurer parents et enfants ?

Atlantico.fr : Le coronavirus peut être facteur de stress, notamment pour les parents et leurs enfants. Quels conseils peut-on donner aux parents qui sont inquiets ? Existe-t-il des conseils pratiques qui permettent d'être plus serein face au coronavirus et au stress qu'il crée ? 

Edwige Antier : L’épidémie de Coronavirus crée le plus grand stress que les familles occidentales auront vécu depuis la dernière guerre mondiale :

  • l’envahissement par un ennemi invisible ;
  • les stratégies non coordonnées des forces alliées contre le virus ;
  • la longueur de la bataille.

Mais, même lors des guerres terribles, que j’ai moi-même connues enfant, on doit protéger les enfants de l’impression que les parents sont impuissants et terrifiés. C’est la sérénité de mes parents, même sous les bombes à Angers et les grenades au Vietnam, qui m’a permis de rester protégée dans mon monde d’enfant, et de vivre optimiste.*

Pour être à la hauteur de leur rôle protecteur, du virus mais aussi du stress, les parents doivent donner du sens à cette crise :

  • l’enfant a besoin de logique. Les enfants, dès leur plus jeune âge, sont passionnés de comprendre la planète, d’explication scientifique : qu’est-ce qu’un virus ? Comment nous ne vivons pas dans une bulle stérile mais, dans l’air comme dans la mer, dans un milieu habité par des millions d’êtres vivants, le plus souvent amis et nécessaires à notre vie, mais parfois ennemis. Qu’est-ce qu’un virus ? Comment il a fallu des microscopes extraordinaires pour enfin les voir. Comment des savants ont compris leur fonctionnement. Comment le corps humain les neutralise. Vraiment très fort ! Mais exceptionnellement, (en France 1 personne sur 2000), le virus est encore plus fort que l’être humain. Pas pour longtemps et de moins en moins car on apprend à se protéger !
  • comment on arrive à être plus fort que le virus ? En mettant des « barrières », masque, distance, hygiène… et bientôt vaccin. Passion pour ces savants qui vont trouver la parade au plus minuscule de notre organisme !
  • Et nous appartenons à une société solidaire : les médecins, le gouvernement, les chercheurs du monde entier sont à la bataille ensemble chaque jour de nouvelles parades. Expliquer ce qu’est l’OMS : le monde uni contre le virus ! Il peut y avoir des discussions, que l’enfant entend autour de la table familiale, et lui dire que c’est normal quand on cherche les parades, mais que c’est ainsi qu’on avance…

Ce sentiment de comprendre et de participer à la mobilisation, voilà ce qui protège l’enfant du stress.

Michel Debout : Le stress survient chaque fois que nous avons le sentiment de ne pas maîtriser ce qui se passe, de ne pas posséder les moyens de faire face et de trouver la réponse adaptée à une nouvelle situation.

Pour arriver à gérer le stress provoqué par la crise du COVID il faut donc repartir de la période de sidération , provoquée par la nécessité du confinement ,disposition jamais connue jusqu’alors ,et présentée comme le seul moyen de répondre à la menace qui pouvait nous atteindre tous.

Au-delà du confinement la nécessité de se protéger dans nos rapports avec les autres, les gestes barrière, les tests et les masques qui ont fini par arriver ,  nous ont convaincu que nous pouvions collectivement faire reculer la menace…

Au début de l’été  le stress a donc pu s’estomper ;  nous étions arrivés à bout de cette pandémie et même s’il fallait rester vigilants  et nous allions pouvoir réapprendre à vivre plus sereinement.

La période des vacances est donc venue à point nommé pour nous apaiser :  les vacances sont toujours une période de récupération, de mise entre parenthèses des préoccupations et des contraintes du quotidien.

Aujourd’hui la pandémie semble repartir et le stress ressurgit. Il cumule ses effets avec ceux de la crise sociale liés à l’arrêt brutal de l’activité économique. La maîtrise du virus est incomplète, il reste beaucoup d’inconnus, ce qui provoque un sentiment d’incertitude alors que nous avons besoin de reprendre confiance. les messages adressés par les pouvoirs publics sont plutôt hésitants et variables d’un territoire à l’autre , là où nous aurions besoin de clarté et de cohérence .Le stress  provoque maintenant un sentiment d’ impuissance puisque les efforts accomplis n’ont pas été suffisants. Il faut nous convaincre  que les mesures de protection sont réellement efficaces (masques, gestes barrières, tests) alors même que nous en venons à douter de leur utilité.

Cette impuissance peut créer un sentiment de dévalorisation et faire le lit à une réaction dépressive  -mais répartie différemment selon les personnes  -du fait du chômage qui se développe, des plans sociaux qui s’annoncent, de la précarité qui s’installe et de la jeunesse qui doute.

Pascal Anger : Il y a des symptômes au niveau du stress qui sont l'agitation, l'irritabilité, l'anxiété, le manque de joie, la baisse de libido, les difficultés à se concentrer, la perte d'appétit, la fatigue, les tensions musculaires et les problèmes digestifs. Dans une société qui devient de plus en plus anxiogène par rapport à ce qui se passe au niveau du Covid, on est rempli de ça et que de ça, à un moment donné, ça nous mine les uns et les autres et c'est un peu comme si on se repassait ce virus du stress parce que dans les entreprises il y a toujours la compétitivité. Il faut s'adapter et se réadapter sans cesse et c'est facteur de stress, avec des décisions, des contre-décisions, tout ça vous fait perdre la tête et vous fait perdre confiance en vous et c'est facteur de stress.

Donc il faut savoir s'organiser, faire l'amour, prendre du temps pour soi, du temps pour les autres, faire du sport, de la musique et savoir ce qui nous fait du bien. Ce qui vous fait du bien à vous, c'est, à un moment donné, de pouvoir sortir de cet inconfort et de vous dire qu'il y a peut être une possibilité de sortir de ce stress. La période Covid, avec l'idée de la deuxième vague, nous fait peur à tous, on se dit qu'est-ce que je peux faire. Peut-être que quand il y a une si grosse vague on peut attendre que la vague passe et se dire qu'elle va passer et qu'il faut la passer le mieux possible en sortant la tête de l'eau.

Est-il important que les parents soient sereins face au virus ? Pourquoi ? Ont-ils des raisons d'être inquiets ?

Edwige Antier : Il faut dire combien les parents sont, parmi les différentes parties de la population, les personnes qui se montrent les plus responsables dans le respect des consignes. Pas un qui ne vienne consulter sans masque, qui ne mette et remette du gel, qui ne comprenne que l’enfant tend ses petites mains avant de toucher aux objets du cabinet…

Et ils doivent être rassurés car nous, pédiatres qui recevons tant de familles, pouvons attester comme les cas clinques, mais aussi simplement testés, sont rarement positifs chez l’enfant. Et comme il est un faible transmetteur, le virus entrant dans les familles le plus souvent par les adultes. Les explications biologiques sont plurielles mais constatables et rassurantes en pratique.

Permettre à l’enfant une vie sociale fait partie de cette sérénité collective. Ne pas hurler lorsqu’il a embrassé sa grand-mère, savoir garder son sang-froid, est indispensable ! Votre panique est plus nocive que l’importance du risque pris !

Continuer de voir ses grands-parents est tout à fait possible après les explications qui permettent à l’enfant de veiller lui-même à ce que les grands parents respectent le port du masque, le gel : les enfants, comme on l’a vu lors des campagnes pour la ceinture de sécurité, sont les plus vigilants ! Le masque est comme une ceinture de sécurité !

L'une des manifestations du stress généré par la pandémie est une agressivité, notamment tournée vers la famille, comment la canaliser, la gérer ou l'éviter ? 

Michel Debout : Le sentiment d’impuissance peut à l’inverse provoquer de la colère, de l’agressivité, de la violence  (parfois dirigée contre soi dans un geste suicidaire) par défaut de maîtrise de  ce que l’on vit.

Comme il est difficile d’exprimer cette colère contre le virus, elle peut prendre comme cibles les pouvoirs publics, l’entreprise qui ne sait pas faire face à la crise, l’éducation nationale qui délaisse trop de jeunes, tous ceux qui ne respectent pas les obligations de sécurité…elle s’exprime aussi contre les proches  conjoints ou enfants,  surtout lorsque la situation personnelle reste précaire.

Lorsque l’on sent monter cet état de tension psychique il faut savoir sortir -ce qui ne veut pas dire s’en aller- pour mettre un peu de distance, d’espace avec les siens, reprendre souffle et se donner les moyens de comprendre l’origine profonde de cette violence.

L’intervention d’un médecin, d’un psychologue d’une association de soutien est une aide précieuse pour comprendre la situation et éviter ainsi un débordement critique de l’agressivité avec passage à l’acte parfois irrémédiable.

Pascal Anger : Essayer de prendre du recul, de se poser la question est-ce que je suis stressé c'est déjà pas si mal. Quand les autres nous le disent, il ne faut pas le prendre à la légère mais observer nos faits et gestes et encore une fois de prendre du temps pour soi. Je crois qu'on ne prends pas assez de temps pour détendre notre corps, pour par exemple faire de la méditation. Ca peut être intéressant tous les jours de faire une séance de méditation, ça peut être intéressant d'une fois par semaine, ou tous les quinze jours, de parler à quelqu'un, un professionnel par exemple, de là où on en est.

Cela va permettre de faire un peu le vide, de parler de notre intime, de ce qui fait difficulté pour nous et puis de remettre un peu les pendules à zéro. Je pense qu'on emmagasine beaucoup de stress parce qu'on est sans cesse avec notre pendule, avec la compétition, on a sans cesse l'impression d'être observés, d'être sous pression. Et je pense que ce qui peut nous aider justement à avoir moins de pression ce sont des petits sas, petits ou grands d'ailleurs, qui permettent à un moment de revisiter notre journée, notre semaine ou notre mois.

Le rôle des proches c'est peut être de nous distraire, de nous apaiser, de nous parler aussi de ce qui les stresse, parce que c'est important de partager ce dont on souffre ou même de pouvoir parler de ce qui nous est cher et de ce qui nous lie. Et puis ne serait-ce que d'être ensemble de pouvoir observer les plantes qui poussent dans le jardin peut nous faire du bien. L'important c'est d'être ensemble et de pouvoir partager des choses. Quand il y a du partage, il y a déjà moins de stress. Ce à quoi il faut faire attention c'est que le stress, ça peut être négatif, mais ça peut être positif. A des moments donnés ça peut nous booster dans la vie si on est un peu endormi. Mais, encore une fois, c'est important d'observer notre corps et comment on se vit au quotidien parce que sinon c'est métro boulot dodo et puis on est pris dans une spirale infernale et on ne prend pas le temps de s'observer. Et c'est ce qui va permettre de diminuer le stress. Ca passe par prendre du temps pour soi. Je pense qu'on ne prend pas assez de temps pour soi, surtout dans cette période Covid. S'il y a la deuxième vague on risque d'être de nouveau enfermés, donc c'est important. On a des outils qu'on a acquis pendant la première qui vont être utiles pendant la deuxième.

Comment faire si l'on est un parent dans l'incapacité de gérer son stress ?

Edwige Antier : En effet, je suis interpellée par certains parents qui transmettent une grande angoisse à leur enfant :

  • La peur de la mort rôde dans certaines familles, qui vivent la télévision  ouverte toute la journée, avec des images qui tournent en boucles ; et n’ont que ce sujet de conversation. Il faut vous astreindre à ne regarder que le journal du soir, et vivre vraiment le reste de la journée : promenades, devoirs d’école et activités partagées permette que l’enfant vive sont présent et non la crainte d’un futur catastrophique.
  • C’est pour certains parents l’occasion de rappeler leur pathologie chronique les rendant fragiles ; mais c’est au médecin, à leur conjoint de montrer de l’empathie pour la personne fragile. Il faut prendre garde à ne pas associer l’enfant, dont le rôle n’est pas de protéger son parent ; Un sentiment de culpabilité s’il a eu besoin d’un câlin serait tellement lourd à porter ! Dites-vous bien que l’enfant est très faiblement transmetteur, respectez gel et masque s’il le faut pour vous, mais un petit écart ne va pas être un crime !
  • Evidemment, si vous ne pouvez maîtriser vos émotions, si vous êtes envahi par la peur, la colère… il faut vous confier à un psychologue : le virus est alors souvent un événement déclencheur d’une grande angoisse dont les racines vont plus profond dans votre vie passée…

N’oubliez pas que la vie est un risque, il n’y a que dans le cercueil qu’on ne connait plus de risque ! Vous prenez un risque quand vous montez en voiture, quand vous fumez une cigarette, quand vous décidez de vous mettre en couple quand vous concevez un enfant… et vous le faites ! Parce que vous êtes vivant ! Ce qui vous trouble le plus avec la Covid, c’est que vous n’avez pas choisi ce risque et que, dans notre société protégée par la Sécurité Sociale, nous avions oublié que la santé est un luxe qui n’est pas donné à la naissance mais pour lequel il faut combattre sans cesse…

Se couper des choses qui procurent des émotions négatives, comme les informations, est-ce une solution viable ?

Michel Debout : Il faut rester informé, mais il ne faut pas se laisser envahir par les émotions négatives, en restant en permanence dans le discours morbide qui égrène jour après jour les morts et les victimes. Il faut se donner du temps pour le plaisir retrouvé, les émotions positives, celles que nous apportent par exemple, la marche, le sport, mais aussi le goût de ce que l’on mange, le plaisir de la musique, de la lecture, et faire une place privilégiée à l’échange avec les autres.

Cet échange permet de nous réinscrire dans la vie sociale ;  le respect des gestes barrière, l’utilisation des masques, doivent être considérés comme un moyen de communiquer sans risques avec les autres et non comme un repli sur soi, un isolement mortifère, un retour vers l’angoisse et la dépression.

Pascal Anger : Oui, si on ne se coupe pas de la réalité quand même, parce que j'entends beaucoup de gens qui veulent éteindre la télé, éteindre tout ce qui peut être informations, qui n'achètent plus de journaux, etc, mais c'est faire un peu l'autruche. Je pense que ce n'est pas nécessaire de faire l'autruche, il faut savoir doser un peu notre information et savoir prendre du recul par rapport à cette information.C'est à dire ne pas tout prendre pour argent comptant mais pouvoir regarder les choses en face. C'est vrai que quand on voit des chiffres comme le Covid, ça peut faire stresser à des moments donnés parce que quand on dit 1.000 morts, 10.000 morts, ça ne représente plus rien, ça représente un chiffre et on ne sait pas ce qu'il y a derrière ce chiffre. On ne sait pas, par exemple, combien de personnes meurent du cancer ou d'un AVC, peut être qu'il en meure autant chaque jour, mais comme on nous donne pas les chiffres, on n'a pas de seuil de comparaison, et même si on avait des seuils de comparaison, qu'est ce que ça nous fait au fond ? Là on nous stresse avec les chiffres, mais des chiffres qui ne représentent pas grand chose.

 

Edwige Antier a publié "Maman de tous les enfants du monde" aux éditions de L’Archipel.

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