En direct
Best of
Best of du 21 au 27 novembre
En direct
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Valéry Giscard d’Estaing aura donné son dernier grand entretien à…

02.

L'Union européenne envisage d'exclure la Hongrie et la Pologne du fonds européen de relance

03.

Valéry Giscard d'Estaing : « Brexit ou pas, l'Europe à 28 n’est pas gouvernable sans réformes profondes... »

04.

Et maintenant les skieurs... Qui arrêtera le gouvernement dans sa folle (et sanitairement vaine) dérive sur les libertés publiques ?

05.

Regardez bien cette affiche : Auschwitz est de retour…

06.

Crise économique : l'OCDE prévoit que la planète va se redresser en 2021... sauf l'Europe qui restera à la traîne. Mais pas par hasard

07.

Ce que le nouveau record atteint par le Bitcoin préfigure pour l’avenir du système bancaire

01.

Elections américaines : derrière les suspicions de fraude, une lutte totale opposant "Patriotes" et "mondialistes" à l'échelle occidentale?

02.

"Covid partouze" dans le centre de Bruxelles: la police a interpellé 25 personnes dont un député européen qui a tenté de fuir

03.

Karine Le Marchand & Stéphane Plaza s’installent ensemble (elle pète, il ronfle); Jalil & Laeticia Hallyday aussi (mais sont moins bruyants); Yannick Noah retrouve l’amour; Geneviève de Fontenay : petite retraite mais grosse dent (contre Sylvie Tellier)

04.

Emmanuel Macron et la majorité sont-ils en train de perdre à vitesse grand V l’argument de leur supériorité morale et démocratique face au RN ?

05.

Violences et police : quand la droite confond l'ordre et les libertés et se tire une balle dans le pied (électoral)

06.

Explosif : la dette française, 2700 milliards à la fin 2020. Mais qui va payer, quand et comment ?

01.

Violences et police : quand la droite confond l'ordre et les libertés et se tire une balle dans le pied (électoral)

02.

Valéry Giscard d’Estaing, le plus grand président de la Ve République après De Gaulle

03.

Covid-19 : Et si la première cible à convaincre de l’efficacité du vaccin étaient les médecins et soignants eux-mêmes ?

04.

Noël : Emmanuel Macron envisage des « mesures restrictives et dissuasives » pour les Français qui voudraient skier à l'étranger

05.

Emmanuel Macron et la majorité sont-ils en train de perdre à vitesse grand V l’argument de leur supériorité morale et démocratique face au RN ?

06.

Socle citoyen : l’Assemblée nationale vote pour l’exploration d’un revenu universel qui ne dit pas son nom mais demeure une très bonne idée

ça vient d'être publié
pépite vidéo > Politique
Disparition de VGE
Mort de Valéry Giscard d’Estaing : retrouvez l’analyse de Jean-Sébastien Ferjou dans "Soir Info"
il y a 28 min 52 sec
pépites > Media
Déprogrammation
Mort de Valéry Giscard d'Estaing : Emmanuel Macron décide de reporter son entretien à Brut de 24 heures
il y a 5 heures 38 min
pépites > Europe
Grisbi
L'Union européenne envisage d'exclure la Hongrie et la Pologne du fonds européen de relance
il y a 6 heures 7 min
pépites > Politique
Hommage du chef de l’Etat
Mort de Valéry Giscard d'Estaing : Emmanuel Macron s'exprimera à 20 heures pour lui rendre hommage
il y a 6 heures 52 min
pépite vidéo > Politique
Hommage
Mort de Valéry Giscard d’Estaing : retrouvez les cinq moments-clés de sa vie politique
il y a 8 heures 45 min
décryptage > Justice
Suites judiciaires

Attaque contre un producteur de rap : mais à quoi servira vraiment l'emprisonnement de deux des quatre policiers violents ?

il y a 9 heures 25 min
décryptage > France
Ministre de l'Intérieur

Petit monde parisien contre M. et Mme Toutlemonde en province : l’opinion se construit-elle vraiment comme le défend Gérald Darmanin ?

il y a 10 heures 12 sec
décryptage > Politique
Mort de l'ancien chef de l'Etat

Valéry Giscard d’Estaing, le plus grand président de la Ve République après De Gaulle

il y a 11 heures 5 min
décryptage > Politique
Restrictions et nouvelles mesures

Et maintenant les skieurs... Qui arrêtera le gouvernement dans sa folle (et sanitairement vaine) dérive sur les libertés publiques ?

il y a 11 heures 14 min
décryptage > Sport
Ligue des Champions

Manchester United - PSG : 1-3 Paris s'impose dans le théâtre des rêves et reprend la tête de son groupe

il y a 11 heures 34 min
pépites > Santé
Menaces pour la course aux vaccins
IBM alerte sur des cyberattaques en série sur la chaîne logistique des vaccins contre la Covid-19
il y a 1 heure 45 min
rendez-vous > Media
Revue de presse des hebdos
Sarkozy coache Darmanin, Macron tance ses ministres; Hidalgo n’a aucune ambition mais un sens du devoir pour la France; Le Point s’inquiète des milliards de l’argent magique du Covid, Marianne des vaccins
il y a 5 heures 53 min
pépites > Santé
Campagnes de tests
L'Assemblée nationale se prononce en faveur du dépistage systématique du Covid-19
il y a 6 heures 24 min
décryptage > France
Conseil supérieur de l’audiovisuel

Contrôle de l’accès au porno des mineurs : le CSA étale son inculture technique

il y a 8 heures 21 min
décryptage > France
Gardiens de la paix

Police, une institution à bout de souffle… républicain ?

il y a 9 heures 11 min
décryptage > Science
Recherche scientifique

Cette découverte du programme d’intelligence artificielle de Google qui révolutionne la biologie et la médecine

il y a 9 heures 33 min
décryptage > Europe
Vision européenne

Valéry Giscard d'Estaing : « Brexit ou pas, l'Europe à 28 n’est pas gouvernable sans réformes profondes... »

il y a 10 heures 37 min
pépites > Finance
L'après coronavirus
Coronavirus et économie : la fin du «quoi qu’il en coûte» divise l'entourage présidentiel
il y a 11 heures 8 min
décryptage > International
En avant-première pour vous

Le dernier film du Mossad : « Bons baisers de Téhéran »

il y a 11 heures 33 min
décryptage > Economie
Atlantico Business

Crise économique : l'OCDE prévoit que la planète va se redresser en 2021... sauf l'Europe qui restera à la traîne. Mais pas par hasard

il y a 11 heures 43 min
© LUDOVIC MARIN / AFP
Arc de triomphe France vivre-ensemble
© LUDOVIC MARIN / AFP
Arc de triomphe France vivre-ensemble
Vivre-ensemble

La grande aliénation : ces Français qui oublient l’héritage politique et culturel qui est le leur

Publié le 26 août 2020
De femmes topless réprimandées par les gendarmes à l’agression d’Augustin considérée comme un "sujet d’extrême-droite" en passant par les tweets d’Aurélien Taché totalement indifférent au sort de la jeune femme tondue par sa famille, un certain progressisme oublie de plus en plus ce qui a fait de la France un pays libre.
Edouard Husson
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Universitaire, Edouard Husson a dirigé ESCP Europe Business School de 2012 à 2014 puis a été vice-président de l’Université Paris Sciences & Lettres (PSL). Il est actuellement professeur à l’Institut Franco-Allemand d’Etudes Européennes (à l’Université...
Voir la bio
Gilles Clavreul
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Gilles Clavreul est un ancien délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah). Il a remis au gouvernement, en février 2018, un rapport sur la laïcité. Il a cofondé en 2015 le Printemps...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
De femmes topless réprimandées par les gendarmes à l’agression d’Augustin considérée comme un "sujet d’extrême-droite" en passant par les tweets d’Aurélien Taché totalement indifférent au sort de la jeune femme tondue par sa famille, un certain progressisme oublie de plus en plus ce qui a fait de la France un pays libre.

Atlantico.fr : Une succession de faits divers ces derniers jours ont suscité l’émotion... mais une émotion perçue très différemment chez les uns et les autres. Le député Aurélien Taché a ainsi connu une passe d’armes avec Marlène Schiappa en reprochant au gouvernement de vouloir faire appliquer une mesure d’expulsion (préalablement décidée) de la famille bosniaque ayant tondu sa fille parce qu’elle sortait avec un chrétien. Argument avancé : la haine anti-musulmans qui règnerait dans le pays... À Lyon, l’agression du jeune Augustin intervenu pour aider des jeunes filles importunées est considérée comme un fait divers « de droite ou d’extrême-droite » par une partie de la presse. Y-a-t-il désormais de bonnes et de mauvaises victimes selon l’identité des agresseurs ?

Edouard Husson : Oui. Rien de nouveau sous le soleil. Nous sommes dans une configuration classique à gauche. Il y a les victimes qui sont la conséquence de la mise en oeuvre des lois de l’histoire et puis les innocents, les seuls dont on peut parler. Augustin appartient à la première catégorie, il est le représentant de la France, cette réalité dont il faut faire table rase, parce que l’avenir appartient à la société multiculturelle, sans frontières, d’immigration massive et sans assimilation, où il n’existe plus de distinction entre deux sexes mais « 50 nuances de genre ». En face d’Augustin, qui relève de la même catégorie que les koulaks pour Staline ou les bourgeois pour Mao, il y a les victimes innocentes, par exemple les musulmans victimes de l’islamophobie. Nous ne voulons pas voir la profonde parenté entre toutes les violences de gauche, parce que celle d’aujourd’hui est plus diffuse et portée au départ par un individualisme exacerbé. Mais Aurélien Taché est une sorte de garde rouge ramolli par la société de consommation. Il est moins violent mais non moins délétère que ses ancêtres jacobins ou léninistes. Nous nageons en plein dans la distinction classique entre une bonne et une mauvaise violence. Peu importe à Aurélien Taché que de nombreux musulmans vivant en France soient porteurs d’un fort antisémitisme et que l’Islam soit porteur de l’enfermement d’une moitié de l’humanité, les femmes. 

Gilles Clavreul : La politisation des faits divers n’est pas à proprement parler une nouveauté : souvenons-nous de l’affaire Bruay-en-Artois, en 1972, où un notaire avait été accusé, finalement à tort, de l’assassinat d’une adolescente ; ou, plus proche de nous, de « Papy Voisé », dont le visage tuméfié était apparu sur tous les écrans, à deux jours du premier tour de l’élection présidentielle de 2002.

Ce qui est nouveau, en revanche, c’est d’une part l’accélération spectaculaire de ces polémiques, elle-même liée à l’augmentation très sensible des violences physiques ; et d’autre part le fait qu’au clivage gauche-droite, qui ne s’efface pas tout à fait, se surimpose une grille de lecture de nature identitaire, qui avance comme éléments explicatifs les origines et les mœurs supposées des agresseurs et des agressés. Dans ce schéma, il y a des victimes et des coupables organiques, que chaque « famille » désigne avec une sémantique aisément repérable : à l’extrême-droite et dans la droite dure, on désigne avec ironie les « jeunes », voire les « chances pour la France », pour faire comprendre que les auteurs des violences sont des jeunes hommes issus de l’immigration maghrébine et sub-saharienne, et on insiste sur leur identité religieuse, censée être plus ou moins inassimilable au substrat culturel national. Dans une partie de la gauche et de l’extrême-gauche, chez les militants se présentant comme les « nouveaux antiracistes », et dans une partie de la presse, on dénonce tour à tour « la fachosphère », coupable d’agiter les peurs et d’entretenir « l’islamophobie », soit en inventant ou en exagérant la portée de certains faits divers, soit en inspirant directement le passage à l’acte de ceux qui détériorent des mosquées ; et l’on se saisit de la question dite des « violences policières » pour incriminer le « racisme d’Etat », qui fait de la violence le produit d’un système de domination hérité de l’époque coloniale, et appuyé par des responsables politiques et des éditorialistes vedettes.

Ce qui est frappant, c’est que ces deux discours qui s’opposent sont construits sur une même logique : a) la violence oppose des groupes définis par leur identité ethno-religieuse, ce qui a entre autres pour conséquence que les uns comme les autres demandent des statistiques ethniques pour prouver le bien-fondé de ce qu’ils dénoncent b) elle s’exerce à sens unique : il y a un groupe coupable et un autre victime, ce dernier ne pouvant être conduit à la violence qu’en réaction à l’oppression que « l’autre » lui fait subir, ce qui est censé atténuer sa responsabilité c) il n’y a d’issue que radicale : l’assimilation ou la « remigration » pour les uns, la « cancellisation » de tous ceux qui concourent de près ou de loin à la perpétuation de l’ordre colonial (patriarcal, blanc, etc.) pour les autres. Voire la reconnaissance officielle des minorités communautaires, comme le demande le CCIF.

Cette entre-émulation, que j’ai comparé à une tenaille, est mortifère pour le débat politique, et plus généralement pour le climat social du pays. On voit qu’elle profite aux deux camps, mais pas de la même façon : la mouvance décoloniale mène une bataille essentiellement culturelle et symbolique. Ses victoires se mesurent à l’entrisme dans les facs, les rédactions et désormais dans certaines formations comme EELV ou la France Insoumise, ainsi qu’à sa capacité, toute récente, à mobiliser dans la rue. En revanche, à la droite de la droite, on joue la gagne à la présidentielle, en surfant sur une vague populiste mondiale. Ce n’est pas la même chose. Voilà pour la guerre d’opinion. Pour les faits, que les identitaires ne détachent jamais de l’idéologie, c’est une autre histoire : les préjugés racistes et anti-immigrés ou l’hostilité à l’islam sont présents dans la société française, mais pas plus, voire un peu moins que dans d’autres démocraties, et surtout ils baissent sur la longue période, comme le relève annuellement la CNCDH. Et surtout, les actes racistes diminuent – même si nous savons être à la merci d’actes ultra-violents inspirés par l’idéologie suprématiste. A l’opposé, on assiste à deux phénomènes préoccupants, qui ne se recoupent que très partiellement, mais suffisamment quand même pour qu’on s’en soucie : d’une part une violence propre à certains territoires et plus particulièrement aux hommes jeunes qui y vivent ; pour moi il n’y a aucune dimension ethnique ni culturelle dans cette violence, si on parle par exemple de celle que cause le trafic de drogue dans les cités. Et une posture d’hostilité envers les institutions, des violences spécifiques envers les policiers, les femmes, les homosexuels ou encore les juifs, et qui là, indubitablement, fait ressortir la problématique islamiste ou, si l’on veut, « séparatiste ». Elle combine violence et rigorisme et connait un succès viral chez les plus jeunes.

A Sainte-Marie-la-mer, des gendarmes sont allés demander à des femmes de remettre le haut de leur maillots alors qu’elles bronzaient topless et après qu’une famille se soit plainte car ses enfants étaient « choqués » ? Rien dans la réglementation en vigueur n’empêchant le topless sur la plage en question. Si des enfants étaient choqués à la vue de burkinis ou de fillettes voilées à la plage, les gendarmes oseraient-ils demander aux personnes concernées d’adopter une tenue compatible avec la sensibilité de toutes les familles ? Sommes-nous entrés dans une phase d’aliénation relativement à notre culture politique ?

Edouard Husson : Nous sommes en train d’assister à l’effondrement du journalisme traditionnel. Qui peut croire sérieusement à cette histoire d’enfants choqués et de parents appelant les gendarmes pour protéger leurs enfants? C’est une histoire à dormir debout et tous ceux qui, dans les médias, relaient cela, font honte à leur métier. Nous assistons en direct à une emprise croissante de l’Islam sur la société, selon la logique anticipée par Michel Houellebecq dans « Soumission ». 

Gilles Clavreul : Je ne ferais pas de l’excès de zèle de deux gendarmes une généralité ni même un symptôme. Ce qui est sûr en revanche, c’est que l’impact médiatique, à quatre ans d’intervalle, est sans commune mesure : en août 2016, grâce au battage des associations anti-islamophobie et d’entrepreneurs identitaires disposant de solides relais à l’étranger, la polémique du burkini a pris une dimension planétaire. On fit alors d’un peu partout le procès de la « France islamophobe », notamment dans cette presse américaine progressiste alors si confiante dans la victoire d’Hillary Clinton, et qui se débat désormais dans les inextricables guerres de la « cancel culture ». Là, évidemment, cette polémique des seins nus fait réagir, mais pas du tout dans les mêmes proportions. J’y vois plus un différentiel de capacité de mobilisation médiatique, lié au leadership culturel que la mouvance décoloniale aspire à exercer dans les médias et chez les travailleurs intellectuels, qu’un hypothétique « deux poids, deux mesures ». Elle traduit le caractère fondamentalement néo-puritain des nouveaux mouvements progressistes, avec pour contre-effet assez savoureux qu’elle fait monter la droite conservatrice au créneau pour la défense de la liberté de disposer de son corps. Si le bon maire de Tours, Jean Royer, figure de la pudibonderie dans les années 1970, voyait ça !

A quel avenir peut s’attendre un pays dont une partie des élites ne défend plus plus les valeurs, qu’elles soient culturelles ou politiques ? Que révèle de ce point de vue l’exemple du tweet de Me Eolas, figure de la gauche sur Twitter qui pour « défendre » la famille bosniaque ayant tondu sa fille et menacée d’expulsion publiait une photo de femmes tondues à la Libération afin de montrer que de tels agissements sont dans notre culture ? 

Edouard Husson : On est dans le même délire idéologique. Il ne faut jamais se lasser de citer la profonde formule de Chesterton: « Le fou est un homme qui a tout perdu sauf la raison ». On est dans une logique purement formelle qui compare la jeune fille à une collaboratrice et les musulmans à des résistants. Il reste à se demander pourquoi la gauche a le désir masochiste de se soumettre ainsi à l’Islam. La haine du christianisme nous met sur la voie: la gauche comme l’Islam vont puiser dans le fond des religions gnostiques, ces rivales spirituelles du christianisme et du judaïsme depuis l’origine. Judaïsme et christianisme sont des religions fondés sur l’amour de la Création sortie des mains de Dieu. La gnose, elle, commence par disqualifier la Création, oeuvre d’un dieu mauvais, pour lui opposer un royaume spirituel. L’Islam a transposé le dualisme du manichéisme ou du marcionisme à l’opposition entre les sexes mais aussi en refusant la liberté intrinsèque à la Création. La gauche est fascinée par une religion qui est de la même famille.  

Gilles Clavreul : Cela révèle l’incroyable capacité de brouillage des repères du militantisme identitaire, surtout dans un pays qui ne s’est pas construit sur des bases ethniques, qui s’est dépris plus tôt et plus vite qu’ailleurs de son assise religieuse, mais qui laisse s’acclimater sur son sol tout un galimatias venu essentiellement d’outre-Atlantique. Comment est-ce possible ? D’abord parce que ledit galimatias est en partie fabriqué à partir de briques de base bien européennes, et même bien françaises, qui sous le nom de « French Theory » propose un remix dénaturé mais facile à assimiler de grands auteurs complexes et exigeants. Ensuite parce qu’il y a une longue tradition de passion anti-patriotique, pour ne pas dire de franche haine de soi, chez certaines élites françaises, aussi bien à gauche qu’à droite, d’où ces retours obsessionnels à la période de la Collaboration. Et enfin parce que l’inculture historique des protagonistes de ces débats identitaires est tel que c’est souvent de bonne foi qu’ils pensent être dans le sens de l’Histoire : c’est normal, ils ne la connaissent pas et lui font dire à peu près n’importe quoi. Les polémiques sur les déboulonnages de statues ont été un grand moment d’ânerie collective, de ce point de vue. Heureusement, tout le monde n’est pas tétanisé par cette hystérie identitaire. Face à cela, il est en effet essentiel que les responsables politiques gardent la tête froide et rappellent fermement les principes fondamentaux de la République. Il faudrait que, sur ces questions essentielles pour la cohésion nationale, un arc républicain se dessine : du PCF à la droite modérée, nombreux sont ceux qui voient les effets délétères de l’identity politics.

La volonté de préserver à tout prix des personnes issues de minorités ou d’origine étrangère lorsqu’elles se rendent coupables de troubles, crimes ou délits peut-il être assimilé à une forme de racisme inconscient puisqu’elle aboutit à traiter lesdites personnes comme des mineurs ou des irresponsables ?

Edouard Husson : Là encore, on est dans la structure classique de l’idéologie de gauche. Celui qui porte le sens de l’histoire, désormais, ce n’est plus le prolétaire ni le paysan, c’est le migrant, celui qui viole les frontières. Il est forcément innocent. Et quand il ne l’est apparemment pas, c’est qu’il est victime du royaume des Ténèbres: l’extrême droite, les défenseurs des frontières, de l’identité, de la nation etc... Alors oui, on peut dire que le progressiste du type Aurélien Taché est porteur d’un racisme inconscient. Mais ce n'est rien de nouveau: les révolutionnaires français ont bien maltraité le peuple comme réalité sociale au nom d’un peuple abstrait. Les communistes ont bien maltraité le monde ouvrier tout en prétendant l’aider. Aujourd’hui, on met en avant les victimes du « racisme systémique » mais on se préoccupe peu des victimes réelles. Aux Etats-Unis, l’immense majorité des Noirs rejettent Black Lives Matter, qui sème destruction et haine, au détriment du groupe déjà le plus affecté par des dysfonctionnements sociaux (taux d’homicides, pourcentage de mères célibataires etc...). En France, toutes les grandes consciences multiculturalistes et les idéologues de l’école ont enfermé les jeunes d’origine étrangère dans une ségrégation sociale et éducative de fait. 

Gilles Clavreul : Gilles Kepel parlait très justement de « syndrome rétro-colonial » chez les jeunes Français islamistes, c’est-à-dire une façon de se réapproprier le présent à partir d’un passé dont ils se font une reconstruction imaginaire. Je crois que ce syndrome travaille aussi, mais d’une autre manière, un certain nombre d’intellectuels engagés à gauche, qui conçoivent une forme de culpabilité plus ou moins consciente envers un passé douloureux dont ils donnent l’impression de porter le fardeau. Il faudrait regarder de plus près le milieu familial de ces compagnons de route des décoloniaux : c’est rarement une sociologie de gauche « classique ». Je ne sais pas si on peut aller jusqu’à parler de racisme inconscient, mais il est vrai que j’ai souvent été frappé par des formules exprimant la commisération, ou trahissant, au fond, une certaine indifférence à ceux dont ils prennent la défense. La lecture du Pour les musulmans, d’Edwy Plenel, m’a marqué, en ce sens : il y attaque tout du long ses adversaires politiques, mais il n’y est pratiquement jamais question de musulmans « réels »…à part Tariq Ramadan. A tout le moins, il y a quelque chose qui tient à la fois du patronage et de l’orientalisme…on nage en plein dix-neuvième siècle, en fait. C’est-à-dire en pleine hypocrisie bourgeoise, sous couleur d’idées « modernes ».

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Commentaires (26)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Liberte5
- 26/08/2020 - 23:40
J'ai lu et j'approuce ce que disent les deux intervenants..
Les commentaires lucides pour la très grosse majorité montrent que la France est dans un état de décadence dont elle ne peut pas sortir.
ajm
- 26/08/2020 - 22:36
Darwinisme à l'envers.
Patafanari: ce n'est pas du darwinisme mais le suicide unilatéral d' une société d'animaux très évolués et très efficaces qui fait place nette à des espèces arriérées incapables de développer correctement leur environnement naturel et historique.
patafanari
- 26/08/2020 - 20:07
Renonçons à l ‘héritage. Vu ce qu’il rapporte...
Inutile de pleurer sur ce qui n’existe plus et vu ce qu’il nous apporté. C’est du Darwinisme culturel. Place à autre chose . Mieux ou moins bien...l’avenir nous le dira...(dans quelle langue ?)