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Mémoires d'outre-tombe

Série de l'été : les femmes qui ont changé l'Histoire. Aujourd’hui, Charlotte Corday

Publié le 15 août 2020
Charlotte Corday : celle qui assassina Marat pour se venger des exactions de la France d’en haut
Jean-Marc Sylvestre
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Charlotte Corday : celle qui assassina Marat pour se venger des exactions de la France d’en haut

Comme les années précédentes, nous avons repris notre carnet de notes et notre crayon pour rencontrer les personnages de l’Histoire qui ont marqué leur époque et au-delà, changé le monde.  Le projet, un peu osé convenons-en, a été de leur demander de nous accorder un entretien pour revisiter le bilan de leur action et vérifier si leur lecture de l’Histoire permettait de mieux comprendre notre actualité.

Alors bien sûr, ces personnages étant aujourd’hui disparus, leurs interviews sont imaginaires, mais beaucoup moins qu’on ne le croirait. Les historiens ne nous en voudront pas, nous avons puisé les réponses dans ce que ces personnages ont écrit dans leurs mémoires et ce que les historiens nous ont apporté sur leur parcours.

Et cette année, nous avons choisi d’interroger des femmes qui ont marqué l’histoire, dans tous les domaines, parce que notre actualité aujourd’hui est fortement impactée par les discours féministes, les révoltes et parfois les excès. Ces femmes de l’Histoire ont sans doute été précurseurs, mais pas seulement.

Aujourdhui, Charlotte Corday. Elle est entrée dans l’Histoire, très jeune femme, pour avoir assassiné Jean-Paul Marat, l’ami de Robespierre, à coup de couteau dans sa baignoire. Elle voulait venger tous les crimes de la Révolution française. Inutile de dire que l’Histoire de France officielle a mis du temps à nous apprendre la vérité sur ses motivations et sur les détails de cet attentat. Pendant très longtemps, on a raconté qu’elle avait commis un crime passionnel ou qu’elle avait été l’instrument naïf de la contre-révolution française. Lamartine a essayé de montrer qu’elle avait servi la cause des Girondins, porteurs de la liberté contre la violence des Jacobins mais il n’a guère été écouté. Il faut dire que cette femme de gauche avait assassiné un des acteurs de la gauche la plus radicale de cette Révolution Française qui avait installé la terreur en France, pour mieux protéger son pouvoir absolu et assouvir ses frustrations. S’attaquer à la révolution française et à ses crimes n‘a jamais été très à la mode.

Il a fallu attendre le travail de Guillaume Mazeau, le talent d’André Castelot, le livre magnifique de Jean-Denis Bredin (On ne meurt quune fois ...) et le coup de gueule contre Marat de Michel Onfray avec son éloge de Charlotte Corday en 2009 pour découvrir que décidément, l’histoire de Charlotte Corday ne pouvait pas se résumer aux méfaits dune jeune fille hystérique et réactionnaire. On était bien en illustration du conflit entre deux France.

Charlotte Corday est née en Normandie, dans le pays d’Auge près de Vimoutiers en 1768. Elle est morte guillotinée à Paris le 17 Juillet 1793 à l’issue d'un semblant de procès, trois jours après avoir assassiné Marat, le compagnon de Robespierre chargé des taches les plus sanguinaires et de pourchasser tous « les ennemis de la révolution ». C’est lui qui avait remis au pas certaines régions où les députés s’opposaient aux exactions des Jacobins. La Normandie faisait partie de ces régions qui avait payé un lourd tribut au régime de la terreur.

Aujourdhui, les traces et limage de Charlotte Corday restent fortes dans la région normande, mais son souvenir nest sans doute pas aussi présent que son rôle et sa place dans lhistoire le mériteraient. Quelques rues ici ou là sont encore baptisées de son nom, une chocolaterie à Caen dans la rue St Jean et une pâtisserie « célébrissime » à Trouville, place du casino où la famille Gibourdel s’est installée dans la maison en 1977. Et depuis, alors que son fils aujourdhui invente des teaux, Marie-Thérèse perpétue avec beaucoup damour la mémoire de Charlotte Corday. Elle connaît l’histoire, elle est intarissable sur les faits et gestes de son héroïne à tel point que des membres de la famille lui ont transmis quelques informations et quelques archives pour parfaire sa connaissance de ce personnage qui continue de l’émouvoir. Mais dans le fond, on sent bien la tristesse de constater que Charlotte Corday soit encore aussi méconnue. Pas assez aimée.

Atlantico : Bonjour Charlotte Corday, vous saviez que vous aviez une « fan » à Trouville ?

Charlotte Corday : Oui, oui on m’a raconté, je sais tout ... Vous me parlez de Marie-Thérèse, c’est une star dans la région, elle est adorable. D’ailleurs, vous avez vu le nombre de personnalités qui ont accepté de donner leur nom à ses pâtisseries. À commencer par Géromé Garcin que je connais bien ou Antoine De Caunes qui la fait rire. Enfin, l’important chez elle, ça n’est pas moi. Ce sont ses gâteaux feuilletés.

Vous vous trompez, limportant cest aussi lhistoire que vous portez. Merci daccepter ainsi de nous parler de vous... Vous aviez 24 ans, quand vous avez été guillotinée à Paris après avoir été condamnée par le tribunal révolutionnaire. Alors avec le recul, vous avez regretté ce qui sest passé ? Vous saviez qu’en vous attaquant à Marat, vous vous attaquiez au symbole le plus fort de la révolution française?

Vous plaisantez! J’ai évidemment regretté d’avoir été guillotinée, mais jamais d’avoir éliminé ce monstre. Vous ne vous en rendez pas compte mais Marat, que je ne connaissais pas, était l’incarnation du mal, de l’injustice et surtout du mensonge. Il avait énormément de sang sur les mains. Ça n’était pas le seul. Robespierre, Danton n‘étaient pas des saints mais Marat dépassait tout ce qu’on pouvait imaginer. Le tribunal révolutionnaire travaillait nuit et jour et après un simulacre de procès, on envoyait les pseudo accusés à l'échafaud.

Pouvez-vous nous dire où vous êtes née, où vous avez grandi et comment vous est venue la conviction quil fallait assassiner Marat? Parce que ce qui est intéressant, c’est comment cette idée a germé dans la tête d’une adolescente. Un projet qui est vite devenu une obsession.

Je suis née en Normandie à Saint-Saturnin-des-ligneries, dans une maison très modeste. Mon père s’appelait De Corday d’Armont et ma mère était une De Gautier des Authieux de Mesnival... Nous étions donc nobles mais sans aucune fortune. Nous étions cinq enfants et franchement, il n’y avait pas beaucoup d’argent pour vivre donc au bout de quelques années, mon père a cherché à nous placer en pension, comme ça se faisait beaucoup dans la petite noblesse de l’époque. Mon père voulait que nous allions à Saint Cyr, mais ça a été impossible. On s’est retrouvé avec ma sœur à l’abbaye aux dames à Caen. C’était une abbaye royale dont la mission était d’accueillir des enfants de nobles, mais pauvres.

Je me suis aperçue après coup que l’éducation y était stricte, sérieuse et qu’elle m’a permis de comprendre ce qui se passait dans le pays à cette époque, ce qui était un privilège rare pour une fille. Savez-vous, par exemple, que dans cette abbaye royale, on me donnait à lire et étudier Montesquieu et Rousseau? Toutes ces idées nouvelles, cette transformation de la société m’ont passionnée. Je suis restée pensionnaire de l’abbaye aux Dames jusqu'en février 1791, au moment où la congrégation religieuse est dissoute après la suppression des ordres religieux et après la nationalisation des biens du clergé. J’avais 21 ans. Je suis donc retournée chez mon père puis chez ma tante qui habitait Caen. Et c’est vrai que j’ai embrassé les idées et le projet révolutionnaire et défendu la constitution républicaine, alors que ma famille et le milieu qui était le mien étaient encore très royalistes.

Cela dit, la situation s’est terriblement durcie après l’arrestation du Roi et beaucoup de gens ont été suspectés et arrêtés, notamment beaucoup de Girondins, c’est à dire de députés ou de personnalités issues de la province. Tous ces gens-là sont poursuivis et parfois massacrés par des agents payés ou entraînés par les courants montagnards. Des Jacobins venus de Paris pour soi-disant mater les provinces. C’est ce qui s’est passé en Normandie, à Caen et Marat faisait partie de ces montagnards qui ont fait couler beaucoup de sang.

Après la Commune, notamment en 1793, vous avez des députés girondins qui, pour échapper à l’arrestation, se sont réfugiés en Normandie, et notamment près de Caen. On commence à organiser la résistance à ce régime de terreur qui ne correspondait pas aux idéaux révolutionnaires du début. J’ai assisté et participé à ces réunions un peu clandestines. Mais ça s’est mal terminé. Beaucoup de ces députés ont été arrêtés et guillotinés sur ordre de Marat.

Donc pour répondre à votre question, j’ai nourri à l’encontre de Marat une haine qui rien ne pouvait calmer. J’ai nourri la haine de la France d’en haut qui a confisqué le pouvoir au nom du peuple pour mieux l’exploiter et le mettre en coupe réglée.

Alors vous savez que lors de votre procès, certains ont raconté que vous étiez tombée amoureuse de Marat, que vous aviez eu une aventure passionnée et que ce nest pas par dépit que vous auriez agi pour vous venger ?

C’est du roman, je n’avais jamais vu Marat avant de m’introduire chez lui à Paris. D’ailleurs, vous devriez savoir que pour accréditer cette thèse, mes accusateurs jacobins ont après ma mort, fait vérifier si j’étais encore vierge, comme j’avais été obligée de le déclarer pendant le procès... Et ils ont pu constater que je l’étais.

Maintenant ce qui est difficile à comprendre, c’est la façon dont vous avez réussi, sans difficultés, à pénétrer le domicile de Marat et à accéder jusqu'à sa chambre. Pardonnez-moi, mais cest incompréhensible. Il y a eu cette rumeur de la liaison amoureuse. Vous y avez tordu le cou très rapidement, mais on a aussi raconté que vous étiez en lien grâce à des relations familiales que vous aviez dans les milieux médicaux, notamment via la famille de Corneille. Parce que vous êtes aussi arrière-arrière, arrière petite-fille de Pierre Corneille qui était lui aussi normand. Donc via des médecins, vous auriez obtenu ladresse de Marat qui était lui aussi médecin.

Non, non, vous faites fausse route. D’abord, je n’avais pas de relations dans les milieux médicaux mais Marat était médecin comme moi j’étais reine d’Angleterre. Marat a acheté un diplôme de médecin pour exercer ce métier auprès du duc d’Orléans, mais c’était un faux médecin, un escroc dangereux. Pour rentrer en contact avec lui, ça a été très simple, j’ai beaucoup menti et flatté son ego. Et ça a marché. Ce qui prouve bien ses limites intellectuelles.

Je vous explique ce que j’ai fait. J’ai donc quitté Caen un 9 juillet 1793, pour aller à Paris, je n’ai prévenu personne, ni mon père, ni ma tante, ni les amis avec qui je militais...J’ai simplement dit que je voulais assister à une réunion de la Convention et pour cela, j’avais demandé une lettre de recommandation à un député de Normandie. C’était le seul dans la confidence. Je crois savoir que ça lui a couté très cher. Il l’a payé de sa vie.

En arrivant à Paris, je me suis installée dans un petit hôtel de la rue des vieux-Augustins, c’est dans le quartier du Palais-Royal. L’hôtel de la Providence, pas très loin du Palais royal. Et là, j’ai appris d’autres députés que Jean-Paul Marat venait assez peu à la Convention. Il travaillait de chez lui et même dans son bain, parce qu’il avait une maladie de la peau qu’il soignait ainsi.

Le 11 juillet au matin, j’ai écrit un manifeste et une adresse aux Français pour annoncer mon projet d’assassiner Marat, seul moyen de sauver la République. J’ai caché ce manifeste sur moi dans mes vêtements. Peu de temps après, je sors voir un député girondin qui me fait part de la situation de plus en plus dangereuse. Puis, c’est en rentrant à l’hôtel que j’ai acheté un couteau de boucher dans un magasin spécialisé près des halles. Le 12 juillet, je médite et je tourne en rond dans Paris.

Puis le 13 juillet, je vais essayer de rentrer en contact avec Marat. Je lui envoie une première lettre dans laquelle je lui dis que des complots se préparent en Normandie et que je suis prête à lui donner le nom des comploteurs.

N’ayant pas de réponse, je rédige un nouveau billet expliquant que je m’étonne de son silence et je lui répète à nouveau que j’ai débarqué de Caen avec des nouvelles alarmantes et des secrets à lui révéler. Je lui explique que j’agis aussi pour la cause de la liberté, et c’était vrai. Je l’implore de me recevoir, je ne peux pas lui donner le nom des comploteurs qui le menacent parce que je n’ai confiance en personne. Et j’envoie ce billet.

Dans la soirée, je décide de me rendre chez Marat. J’y arrive à 7 heures, je me heurte à la concierge, mais je réussi à m’introduire dans le hall de cette maison. C’est à ce moment-là que la sœur de Marat, Albertine, vient me dire que cette visite n’est pas possible.

La discussion s’envenime, les bruits fusent dans la maison et Marat demande à sa sœur ce qu’il se passe. Albertine lui explique et Marat comprend que c’est en rapport avec les billets qu’il a reçus aujourd’hui auxquels il n’a pas répondu.

Marat va donc accepter que je rentre le voir. Il est effectivement dans un bain. Et c’est ainsi que je me suis glissée dans la chambre puis dans le coin du cabinet de toilettes où Marat est toujours dans son bain.

Les choses sont allées assez vite. Il m’a interrogée sur ce complot, il m’a demandé des noms. Je lui ai donné le nom des députés. Il les connaissait. Il les a notés et m’a alors dit sans l’ombre d’une hésitation demain, ils seront morts. La guillotine fera le travail.

Je lui ai dit que c’était la meilleure des décisions, je me suis approchée, j’ai sorti le couteau de mon corsage où je l’avais caché et je l'ai poignardé sans trembler. Marat a crié, il a appelé sa sœur et sa compagne qui sont arrivées, mais il était mort. Moi j’ai fait tomber le couteau par terre, puis j’ai essayé de fuir, sans beaucoup de conviction. Les deux femmes m’ont maitrisée mais je dois dire que je n’ai offert aucune résistance. J’avais fait le job comme vous dites.

Lamartine a témoigné sur ce qui sest passé et confirmé tout ce que vous avez raconté...

Il n’était pas là, il n’y avait aucun témoin, aucun complice. Il a tout inventé. Mais il a écrit à peu près la vérité. Après ce crime, les gens de la maison m’ont quasiment ligotée, et m’ont conduit à la prison de l’abbaye. On m’a fouillée et on a trouvé la note que j’avais écrite le matin pour expliquer ce crime. Alors ils n’ont pas fait beaucoup de publicité sur cette note parce que j’expliquais que je m’indignais contre les exactions des dirigeants de la montagne, j’appelais à ce que les Girondins montent sur Paris pour comme moi, se venger de Danton, de Robespierre et de tous ces brigands qui, au nom du peuple, commettent les pires injustices et les pires crimes. J’en appelais aux Français : « vous connaissez vos ennemis, levez-vous ! Marchez ! que la Montagne anéantie ne laisse plus des frères, des amis ! J'ignore si le ciel nous réserve un gouvernement républicain, mais il ne peut nous donner un Montagnard pour maître que dans l'excès de ses vengeances. Ô France ! ton repos dépend de l'exécution des lois ; je n'y porte pas atteinte en tuant Marat : condamné par l'univers, il est hors la loi. Quel tribunal me jugera ? Si je suis coupable, Alcide l'était donc lorsqu'il détruisait les monstres. Etc »

Normalement, vous auriez dû apprendre cela à l’école. Au lieu de cela, on vous a bourré le crâne avec les immenses qualités de visionnaire de Robespierre. Racontées par Danton. Pardonnez-moi mais ce que j’ai vécu est aussi important que les propos de Danton et je reconnais que celui-là était sans doute celui de la bande qui avait le plus de talent.

Vous avez néanmoins appelé les Français au soulèvement, contre la révolution qui avait renversé les privilèges.

Évidemment, je ne comprends pas qu’on ait pu accepter une telle évolution qui a accouché d’un empereur encore plus centralisateur et plus sanguinaire... Mais on marche sur la tête. On a fait la révolution en 1789, pour supprimer les privilèges de classes sociales qui avaient tous les pouvoirs. Mais on n’a pas fait la révolution pour confier les clefs du pouvoir à des gens qui n’ont eu de cesse, au nom du peuple, de se fabriquer des privilèges et même de s’octroyer le droit de vie et de mort sur ceux qui les critiquaient.

Le procès a été très classique pour l’époque.

Le procès a été expéditif, la sentence a été sans appel. Et l’exécution fixée au lendemain. Classique, je veux bien mais je vous rappelle que la révolution française était porteuse des valeurs de la démocratie libérale. Ça a été d’une banalité affligeante. Il y avait plusieurs procès par jour à la conciergerie, alors mon procès et mon exécution ont attiré beaucoup de monde parce que la victime était très connue. On a appelé cela à l’époque, répondre à la volonté populaire. On répondait au peuple. Quelle catastrophe.

On a rapporté aussi qu’il y avait beaucoup d’émotions dans la foule pour essayer de comprendre comment une telle jeune fille avait pu avoir autant d’audace

Le chemin pour se rendre place de grève, à l’exécution là où l’échafaud était installé a été très couru par la foule, oui il y avait du monde... Des voyeurs pervers, oui, des révolutionnaires contents d’eux-mêmes sans doute, mais il y avait surement des moments de silence très émouvants, il y avait aussi Robespierre, Danton et Camille Desmoulins sur le passage. Que du beau monde. Ils étaient réjouis eux. Mais pourquoi étaient-ils réjouis ? Non parce que j’allais mourir. Ils étaient réjouis, parce que je les avais débarrassés d’un monstre dont ils avaient tout à craindre eux-mêmes. Ces loups se mangeaient entre eux et toujours au nom du peuple.

Si je vous dis que vous représentiez la France den bas contre la France den haut ?

Encore un effort et vous allez m’affubler d’un gilet jaune peut-être. Je ne suis pas d’accord, je refuse votre invitation à ce débat très spécieux. La situation était un peu différente. Ce qui est vrai est que la France était coupée en deux. La France d’en bas si vous voulez, mais c’était la France représentée par les Girondins... ils avaient eux aussi voté l’abolition des privilèges mais c’était pour installer la liberté individuelle, liberté de penser, de travailler, droit de propriété. Les Girondins étaient les vrais enfants du siècle des Lumières, des libéraux.

La France d’en haut était celle de la montagne, de Paris, tenue par des Jacobins pur sucre, centralisateurs et qui au nom du peuple prétendaient savoir ce qui est bon pour tous, y compris d’éliminer ceux qui dérangent. Les révolutionnaires de la montagne ont pris le pouvoir et se sont permis les pires choses pour se protéger. Les pires crimes. Tous les régimes qui ne se sont pas protégés du risque de l’autoritarisme sont tombés dans la dictature et la terreur. Vous n’en êtes pas face à ce type de risque en France.

On doit pouvoir aller prendre un thé tranquillement dans une pâtisserie normande sans prendre le risque de la guillotine.

Propos recueillis par Jean-Marc Sylvestre

 

Pour aller plus loin.

Deux livres incontournables

Jean-Denis Bredin, On ne meurt qu’une fois, Charlotte Cordais, Fayard 2006

Michel Onfray, La religion du poignard, éloge de Charlotte Corday, Grasset 2009

Un film

Marat de Maroun Bagdadi avec Marie Trintignant

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