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© GAIZKA IROZ / AFP
plage chaleur sport coronavirus
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Double peine

Coronavirus : ce qui se passe quand une vague de chaleur déboule en pleine pandémie

Publié le 29 juillet 2020
La vague de chaleur arrive en pleine pandémie cette année. Les températures élevées sont-elles un accélérateur pour la propagation du coronavirus ? Les personnes sensibles à la canicule sont-elles les mêmes que celles qui sont réceptives aux formes symptomatiques de la CoVid-19 ? La canicule peut-elle en aggraver les symptômes ?
Stéphane Gayet
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Stéphane Gayet est médecin des hôpitaux au CHU (Hôpitaux universitaires) de Strasbourg, chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg et conférencier. 
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La vague de chaleur arrive en pleine pandémie cette année. Les températures élevées sont-elles un accélérateur pour la propagation du coronavirus ? Les personnes sensibles à la canicule sont-elles les mêmes que celles qui sont réceptives aux formes symptomatiques de la CoVid-19 ? La canicule peut-elle en aggraver les symptômes ?

Atlantico.fr : La vague de forte chaleur arrive en France en pleine pandémie. La hausse de la température offre-t-elle un terreau favorable à la propagation de la Covid-19 ?

Stéphane Gayet : Le taux d’humidité de l’air ou degré hygrométrique est la teneur de l’air en vapeur d’eau. La vapeur d’eau est un gaz invisible, elle appartient à la phase gazeuse de l’air, comme l’azote et l’oxygène. Mais la vapeur d’eau se transforme facilement en microgouttelettes d’eau (phase liquide) : c’est le phénomène de condensation qui se produit à l’intérieur de l’air, mais surtout sur les surfaces rencontrées par l’air (parois et autres). L’air humide (degré hygrométrique élevé) est « lourd », dense et défavorable à la diffusion des particules aériennes. Il existe une relation entre la température de l’air et son taux d’humidité : plus l’air est chaud et plus il peut contenir de vapeur d’eau (faible condensation), donc plus il a tendance à devenir humide. C’est pourquoi les fortes chaleurs sont défavorables à la transmission aérienne des particules virales (que ce soit sous la forme de microgouttelettes ou aérosols humides, ou sous la forme de particules aéroportées ou aérosols secs).

Ce phénomène purement physique est l’une des clefs d’explication de la saisonnalité des infections respiratoires virales : elles sont épidémiques surtout quand il fait froid. Deux autres clefs d’explication de cette saisonnalité sont les suivantes : quand il fait chaud, nos muqueuses respiratoires (narines, fosses nasales, pharynx ou arrière-gorge, trachée) sont à une température et un taux d’humidité favorables, donc elles ne sont pas agressées et peu réceptives à l’infection virale ; quand il fait chaud, on vit davantage dehors ou dans des espaces aérés, et dans ces conditions, la transmission interhumaine aérienne des particules virales est peu efficace (de plus, on a moins tendance à être proches les uns des autres en été). Il faut encore ajouter que l’on se lave plus volontiers les mains quand il fait chaud que lorsqu’il fait froid.

Donc, en synthèse, on peut dire que la vague de forte chaleur est défavorable à la transmission interhumaine des particules virales, et même défavorable à l’infection virale (muqueuses moins réceptives que lorsqu’il fait froid).

Si l’on examine la courbe des trois principaux indicateurs clefs de morbidité et de mortalité de la CoVid-19 en France (ci-dessous), on constate que la courbe du nombre quotidien de personnes nouvellement hospitalisées pour CoVid-19 (en bleu) est toujours à un niveau très bas et ne monte pas (à part mardi 28 juillet où l’on a constaté 172 cas, nombre le plus élevé enregistré depuis le 5 juin avec ses 213 cas ; mais ce n’est rien à côté des 4281 cas du 1er avril ; j’espère que cette légère augmentation du 28 juillet est la conséquence du 14 juillet et qu’elle sera sans lendemain).

La courbe en rouge représente le nombre quotidien de personnes nouvellement admises en réanimation pour CoVid-19 et la courbe en vert le nombre quotidien de nouveaux décès attribuables à la CoVid-19 : ces deux dernières courbes sont à un niveau bas et sont plates.

Il faut encore ajouter que le taux moyen de positivité des tests virologiques par PCR pour CoVid-19 est proche de 1,50% depuis le 29 juin, ce qui est très bas.

Ces quatre indicateurs sont donc rassurants.

Les personnes sensibles à la canicule sont-elles les mêmes que celles qui sont réceptives aux formes symptomatiques de la CoVid-19 ? La canicule peut-elle en aggraver les symptômes ?

Il existe d’une façon générale un terrain favorable aux maladies et autres accidents de santé. Les personnes réceptives aux formes symptomatiques de la CoVid-19 sont les personnes ayant dépassé l’âge de 65 ans, les personnes ayant une surcharge pondérale et celles qui souffrent d’une maladie chronique invalidante, en particulier pulmonaire ou cardiovasculaire, sans oublier les personnes immunodéprimées.

Les personnes particulièrement sensibles à la canicule sont les très jeunes enfants (alors qu’ils semblent très peu sensibles au SARS-CoV-2), les femmes enceintes, les personnes très âgées (principalement au-delà de 80 ans), les personnes obèses (grande surcharge pondérale), celles qui souffrent d’une maladie chronique invalidante pulmonaire, cardiovasculaire, rénale ou d’une autre nature, ainsi que les personnes en situation de handicap.

Il existe donc quelques différences, surtout en ce qui concerne l’âge.

La canicule favorise la déshydratation (perte d’eau et de sels minéraux) qui provoque une faiblesse générale, une baisse de l’élan vital, une tendance à la prostration, une soif, de possibles troubles visuels et une chute de la pression artérielle. Ces manifestations de la déshydratation peuvent en effet aggraver une éventuelle CoVid-19.

La canicule peut également entraîner un « coup de chaleur » ou insolation qui se traduit par une céphalée (mal de tête), des nausées, une grande faiblesse générale, une prostration, de la fièvre et des frissons ainsi qu’un besoin de fuir la lumière. Un coup de chaleur peut lui aussi aggraver une éventuelle CoVid-19, mais peut également simuler une CoVid-19 dont les symptômes et les signes peuvent en effet largement varier d’une personne à l’autre.

Pour se protéger des fortes chaleurs, le climatiseur reste une des solutions les plus plébiscitées. L'usage de cet appareil favorise-t-il la transmission du virus ? Le « rafraîchisseur » est-il une alternative intéressante au climatiseur ?

L’équipement appelé climatiseur est un appareil qui refroidit l’air ambiant et le déshumidifie. Il est toujours utile de préciser que la chaleur est quelque chose de physique, c’est une énergie (énergique calorique) que l’on peut produire avec une source de chaleur (par exemple, une résistance électrique chauffante) ; au contraire, le froid n’est pas quelque chose de physique, c’est un état caractérisé par une très faible chaleur (donc, une température basse).

En hiver, un radiateur chauffe une pièce en vase clos (il n’est pas nécessaire d’évacuer de l’air ni de l’eau pour chauffer une pièce). Au contraire, il est impossible de produire du froid en vase clos, car le froid ne se produit pas : on ne peut qu’extraire de la chaleur pour faire baisser la température. En été, un climatiseur ne produit pas du froid, mais extrait de la chaleur d’une pièce, ce qui a pour effet de faire baisser sa température. Or, la chaleur extraite de l’air doit être impérativement évacuée (soit par une élimination d’air devenu chaud, soit par une élimination d’eau devenue chaude). Pour se convaincre de cela, il suffit d’observer qu’un réfrigérateur installé dans une cuisine chauffe cette pièce et cela d’autant plus que sa classe énergétique est médiocre.

Pour répondre à la question posée, un climatiseur installé dans un local d’habitation n’a pas d’incidence sur le risque de contracter la CoVid-19. Alors que ce même climatiseur peut favoriser certaines infections respiratoires bactériennes ou fongiques (champignons), étant donné que ces microorganismes vivants peuvent proliférer dans l’appareil (heureusement, les climatiseurs modernes et de haut niveau de qualité préviennent cette prolifération).

En revanche, dans une salle équipée d’un système de climatisation et accueillant du public, un abaissement excessif de la température de l’air ainsi qu’une déshumidification exagérée, peuvent créer des conditions favorables à la transmission interhumaine aérienne du virus, comme nous l’avons vu en première partie.

Quant aux « rafraîchisseurs », ce sont des appareils trompeurs. Leur principe est d’extraire la chaleur de l’air pour la transférer à de l’eau dans un bac. L’eau de ce bac est stagnante et va donc s’échauffer jusqu’au point où elle ne pourra plus accepter de chaleur. Il faut donc régulièrement vider l’eau tiède de ce bac pour la remplacer par de l’eau aussi froide que possible. Il est évident que ce type d’appareil a un très faible rendement ; de plus, il est incapable de déshumidifier l’air et c’est même le contraire qui se produit (l’air de la pièce a tendance à voir son taux d’humidité augmenter, cela en raison de l’évaporation de l’eau du réservoir du fait du courant d’air qui la balaye). De surcroît, les rafraîchisseurs exposent aux dangers de l’eau tiède stagnante (microorganismes).

Il est plus satisfaisant de recourir à un simple ventilateur : le courant d’air qui balaye les surfaces cutanées découvertes refroidit ces surfaces cutanées, en raison d’un phénomène physique (l’évaporation de la sueur ou de l’eau à la surface de la peau entraîne un refroidissement de cette peau, étant donné que l’évaporation est un processus refroidissant, ou pour employer le terme scientifique ad hoc, un phénomène « endothermique »).

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gerint
- 29/07/2020 - 23:37
Je suis en franche overdose
à propos de ce virus omniprésent dans notre vie qui nous transforme par le biais de la loi en zombies infantilisés masqués et contraints à qui on rappelle à tout bout de champ les sempiternelles recommandations plus ou moins assorties de moraline. Je ne vous fais pas de reproche Dr Gayet, au contraire vous évitez de donner dans le catastrophisme ambiant. Comment en est-on arrivé à un délire pareil?