En direct
Best of
Best of du 19 au 25 septembre
En direct
ça vient d'être publié
pépites > International
Poudrière
Violents affrontements au Haut-Karabakh : l'Arménie et l’Azerbaïdjan au bord de la guerre
il y a 9 heures 41 min
pépites > International
Etats-Unis
Cour suprême : Donald Trump nomme Amy Coney Barrett
il y a 11 heures 2 min
décryptage > International
Suprêmement explosif

Trump a nommé à la Cour suprême une juge extrêmement conservatrice : normal, les États-Unis sont le pays des extrêmes

il y a 13 heures 12 min
décryptage > Culture
Atlantico Litterati

Tel est sur toi le sceau de ma haine, ou les possédés

il y a 14 heures 39 min
décryptage > Economie
Business

Bourse : les nouveaux gagnants et perdants post-Covid

il y a 14 heures 57 min
décryptage > International
Géopolitique

La Turquie, un enjeu existentiel pour l'Europe et pour le monde arabo-musulman

il y a 15 heures 12 min
rendez-vous > Environnement
Atlantico Green
Poser des plaques de verre sur la banquise pourrait-il sauver les glaces de l’Arctique ?
il y a 15 heures 33 min
décryptage > Société
La responsabilité du gouvernement… et la nôtre...

Covid-19 : à quelles libertés sommes-nous réellement prêts à renoncer pour enrayer l'épidémie ?

il y a 16 heures 1 min
décryptage > Santé
Bonnes feuilles

Les aidants, ces soutiens vitaux au quotidien pour les personnes âgées et dont la France aura cruellement besoin face au vieillissement de la population

il y a 17 heures 25 min
décryptage > Politique
Il a lu attentivement le Coran

Darmanin sait tout sur la taqiya. Et il n'aime pas du tout

il y a 17 heures 25 min
pépites > Economie
Votation
Les Suisses ont dit "non" à la fin de la libre circulation avec l'Union européenne
il y a 10 heures 28 min
pépites > International
Crise
Bélarus : Loukachenko "doit partir", affirme Emmanuel Macron
il y a 11 heures 39 min
rendez-vous > Science
Atlantico Sciences
Débris spatiaux : la Station spatiale a évité la catastrophe pour la 3e fois cette année ; Un détecteur de vie extraterrestre qui tient dans une boîte à chaussures !
il y a 13 heures 13 min
décryptage > Politique
Biographie

Louis Hausalter : "L'histoire de Marion Maréchal éclaire l’état de décomposition et de recomposition du paysage politique"

il y a 14 heures 49 min
décryptage > International
Relever le nez du guidon

Nous aurons la Chine de nos mérites

il y a 15 heures 3 min
décryptage > Politique
Claque en vue

Sénatoriales : petit panorama des enjeux à surveiller

il y a 15 heures 19 min
décryptage > Science
Inventées ou découvertes ?

Mais au fait, c'est quoi les maths ? Et la petite question candide posée par une ado sur Tik Tok déclencha un grand débat entre scientifiques et philosophes

il y a 15 heures 42 min
décryptage > Economie
Pensée magique

Relance made in France : les impasses du techno-colbertisme

il y a 16 heures 9 min
décryptage > Politique
Bonnes feuilles

Plongée dans les coulisses de l’organisation de la Convention de la droite : l'engagement de Marion Maréchal et Eric Zemmour en faveur de l’union des droites

il y a 17 heures 25 min
décryptage > Politique
Bonnes feuilles

Emmanuel Macron où l'art de la mondialisation heureuse

il y a 17 heures 25 min
© Francisco Seco / POOL / AFP
© Francisco Seco / POOL / AFP
Intenses négociations

Bras de fer au Conseil européen : l’égoïsme des frugaux n’explique pas tout

Publié le 20 juillet 2020
Des tractations étaient toujours en cours dans la nuit de dimanche à lundi entre les dirigeants européens pour tenter de parvenir à un compromis sur un plan de relance. Les points de dissension sont nombreux. Le sommet reprendra ce lundi à 16 heures. "L'égoïsme" supposé du "bloc des frugaux" est loin d'expliquer les difficultés rencontrées pour obtenir un accord.
Christophe de Voogd
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Christophe de Voogd est normalien et docteur en histoire, spécialiste des idées et de la rhétorique politiques qu’il enseigne à Sciences Po et à Bruxelles. Dernier ouvrage paru : « Réformer : quel discours pour convaincre ? » (Fondapol, 2017)...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Des tractations étaient toujours en cours dans la nuit de dimanche à lundi entre les dirigeants européens pour tenter de parvenir à un compromis sur un plan de relance. Les points de dissension sont nombreux. Le sommet reprendra ce lundi à 16 heures. "L'égoïsme" supposé du "bloc des frugaux" est loin d'expliquer les difficultés rencontrées pour obtenir un accord.

Atlantico.fr : Les vingt-sept se retrouvaient ce weekend pour tenter de trouver un accord sur un plan de relance. Les négociations sont particulièrement compliquées, faisant de ce sommet le plus long depuis celui de Nice en 2000. Mark Rutte, le Premier ministre néerlandais, est accusé de bloquer les négociations. Est-il le seul responsable ? Quels sont vraiment les rapports de force lors de ce conseil ?

Christophe de Voogd : Avec la prolongation des négociations ce lundi le record de Nice est largement battu. Sauf erreur, on est dans le timing des négociations de jadis sur la politique agricole commune, mais cette fois au niveau des chefs d’Etat et de gouvernements. En soi, cette durée inhabituelle n’est pas mauvais signe, car elle montre au moins que personne n’ose prendre l’initiative de la rupture et que les « participants autour de la Table », comme l’explique l’historien néerlandais Luuk van Middelaar dans Quand l’Europe improvise (Gallimard) éprouvent bien une responsabilité commune. 

Ceci dit, un tel marathon montre que les positions n’arrivent pas à se concilier et sans doute faut-il aussi y voir la moindre efficacité du Président actuel du Conseil Européen Charles Michel que ses prédécesseurs qui avaient eu aussi de sérieux dossiers à traiter comme la Grèce. Quant à Rutte, il n’est pas seul dans son camp et c’est là que le bât blesse : quatre pays l’ont rejoint, formant un bloc, certes modeste sur le plan démographique (moins de 10% de la population de l’Union) mais pas du tout négligeable du point de vue économique et financier (20% du PIB de l’Union depuis le Brexit) : 5 pays très prospères, et qui ont tous rétabli leurs finances publiques. Les Pays-Bas, ne l’oublions pas, sont à eux seuls, les deuxièmes exportateurs de biens en Europe (devant la France). Un des mécomptes de ce sommet, du moins dans l’opinion publique, est la sous-estimation claire de la puissance réelle de ce bloc, que je constate dans bien des médias français.

Avec la mutualisation partielle des dettes nationales, c'est un véritable changement de paradigme qui se s'opérerait au sein de l'Union européenne. Cette réticence des pays dits "frugaux" de s'engager dans cette voie est-elle seulement une question d'argent ou est-elle plus profonde ?

Une donnée échappe souvent aux commentateurs : ces 5 pays ont un point commun : modelés par des décennies de social-démocratie, ils ont construit des Etats providence devenus aussi impressionnants qu’ingérables dans les années 80/90. Un seul exemple : en 1982, le déficit public néerlandais était à 10% du PIB ! Or tous ces pays se sont lancés dans des réformes drastiques avec des économies de 10 à 20 points de leurs PIB. Transposons un instant une telle baisse pour la France d’aujourd’hui : cela représenterait entre 200 et 400 milliards d’économies budgétaires ! Or les pays du Nord constatent que ces efforts n’ont guère été imités au Sud, sauf en Grèce, forcée et contrainte, et éprouvent un sentiment d’injustice, voire une colère d’avoir à « payer pour des fainéants », alors qu’ils se sont serré la ceinture depuis plus de vingt ans. N’oublions pas que ces 5 pays sont aussi tous des contributeurs nets au budget européen et qu’ils recevront moins de crédits qu’ils n’assumeront de nouvelles dettes dans le plan proposé. Il y a bien sûr chez eux une part de mauvaise foi, lorsqu’on regarde les vrais efforts budgétaires portugais et italiens, pays du Sud qui dégagent des excédents primaires. Et, encore une fois, les terribles sacrifices grecs. Mais le poids considérable de leurs dettes les rend très fragiles et aboutit à un déficit continu des finances publiques : la crise du Covid ne fait qu’aggraver les choses. Et reste le cas de la France dont dépenses publiques, déficits et dettes ne cessent de croître depuis 40 ans. 

Les pays dits "frugaux" – et en particulier les Pays-Bas - sont accusés, notamment par certains responsables politiques en France, de faire preuve d'un manque de solidarité. En résumé, d'être égoïstes et de bénéficier de l'Union européenne tout en donnant le moins possible en retour. Cette critique ne sert-elle pas à évacuer la responsabilité des pays "cigales" qui ont toujours été réticents à se réformer – et l'annonce du report des réformes des retraites et de l'assurance chômage en France juste avant le Conseil européen en est un exemple révélateur ?

Cette rhétorique de « l’égoïsme » et de la « solidarité » relève aussi de la tactique et du soft power en cherchant à culpabiliser les « frugaux ». C’est de bonne guerre et c’est assez habile vis-à-vis de pays protestants (sauf l’Autriche), très sensibles à l’argument moral, et surtout d’un pays fondateur de l’Europe, ayant donc une responsabilité historique particulière, comme les Pays-Bas. Mais cela ne tient pas vraiment la route, car encore une fois ces 5 pays sont contributeurs nets de l’Union et du plan de relance. De plus, tout le monde défend et, c’est normal, ses intérêts : les pays du Sud vont recevoir une grande part de la manne et leur européisme soudain est aussi intéressé. La France en particulier, si l’on voit les choses sur la longue durée, finance ses déficits et sa dette depuis 20 ans grâce à la confiance dans l’euro assuré par la bonne gestion du Nord.  Sans cela, nous en serions à une énième dévaluation et à des taux d’intérêt insupportables. Donc à la révision déchirante de notre fameux « modèle social ». A quoi s’ajoutent des facteurs conjoncturels qui aggravent la défiance du Nord : l’abaissement de l’âge de la retraite en Italie l’an dernier à 62 ans alors que ces pays sont passés à 67 ans (au moins) ; les libéralités budgétaires du gouvernement socialiste espagnol ; et le énième report des réformes en France avec, en effet, l’annonce faite juste avant le Conseil concernant les retraites et le chômage. Le moins que l’on puisse dire est que le timing est mauvais et peut être ressenti comme une provocation. Comme peut l’être aussi l’inclusion des crédits du plan de relance dans le discours de politique générale de Jean Castex avant même les décisions du Sommet. De quoi donner l’impression à un pays susceptible comme les Pays-Bas que leur avis ne compte pas. 

Pourtant, Emmanuel Macron avait pris soin d’aller à la Haye récemment pour tenter de déminer le terrain et a parfaitement conscience de la situation néerlandaise. Il est, semble-t-il, difficile de faire comprendre aux Néerlandais les subtilités du « en même temps »…

Christophe de Voogd, spécialiste des Pays-Bas, a publié "Histoire des Pays-Bas, des origines à nos jours" aux éditions Fayard

A lire aussi : Union européenne : le club des petits pays riches ne veut pas payer pour les plus fragiles...

A lire aussi : Frugal ou Passager clandestin ? En direct du Grand Marché aux tapis, à Bruxelles

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Commentaires (22)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
ajm
- 20/07/2020 - 19:40
Chiffres valeur ajoutée exportée.
En faisant une petite recherche j'ai trouvé des chiffres 2016 de l'OCDE sur le valeur ajoutée des exportations brutes . 73% pour les Pays-Bas contre 77-78% pour la France, l'Espagne et l'Italie, 79% pour l'Allemagne.
Xenophon
- 20/07/2020 - 19:36
Vigilance
Le bloc des "frugaux" peut se révéler progressivement comme un sympathisant de la Grande Bretagne après le Brexit et constituer un levier commode pour semer la zizanie dans l'Union Européenne. Ca ne déplairait pas aux Américains qui pourraient monnayer leur protection militaire au coup par coup en jouant sur le clavier des dissensions européennes en échange de contrats d'armements.
ajm
- 20/07/2020 - 19:30
Statistiques exportations.
Les chiffres du commerce extérieur néerlandais sont effectivement très importants et dépassent même (de peu) ceux de la France et de l'Italie. En principe , les marchandises en transit chez eux surtout à Rotterdam, ne devraient pas y être comptabilisées. Mais il est clair que dans ce gigantesque hub, beaucoup d'importations du pays sont réexportees avec un apport de valeur ajoutée minimum. On n'a pas, à ma connaissance, de chiffres d'exportations en valeur ajoutée exportée pour ce pays comme pour les autres.