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Politique climatique

Le Pacte vert : le bon, la brute et le truand

Publié le 07 juillet 2020
Samuel Furfari décrypte les enjeux du projet européen pour imposer une "juste" transition énergétique.
Samuel Furfari
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Samuel Furfari est professeur en géopolitique de l’énergie à l’Université Libre de Bruxelles, docteur en Sciences appliquées (ULB), ingénieur polytechnicien (ULB) et Président de la Société Européenne des Ingénieurs et Industriels. Il a été durant...
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Samuel Furfari décrypte les enjeux du projet européen pour imposer une "juste" transition énergétique.

Ennio Morricone, ce talentueux et exceptionnel compositeur de film, vient de décéder. Il a composé la bande sonore du fameux western de Sergio Leone « le bon, la brute et le truand » considéré comme la quintessence du genre du western spaghetti, dont les accords musicaux resteront à jamais dans notre mémoire auditive. Le titre de ce film va nous servir de fil rouge dans cette tribune consacrée à la détermination de l’UE pour imposer sa « juste » transition énergétique. 

Dans le rôle de ‘la brute’, il y a la politique climatique. Sur le plan de la science climatique, science encore balbutiante et complexe, malgré les ‘certitudes’ du GIEC, force est de constater l’échec de toutes les initiatives entreprises depuis l’adoption de la Convention climat de l’ONU en 1992. Les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de 58%, malgré la baisse de 21,3% dans l’UE, expliquée en grande partie par l’effondrement des économies socialistes de l’Europe de l’est. Entre-temps, le Vietnam, le Bangladesh, l’Inde et la Chine ont augmenté leurs émissions de CO2 de 1157%, 709%, 311% et 305% respectivement. Quant à la Chine, son objectif déclaré dans le cadre de l’accord de Paris à la COP21, est d’augmenter ses émissions jusqu’à « environ 2030 », après quoi elle verra bien. En effet, comment le Pays-Parti pourrait-il dominer le monde sans les énergies les moins chères, peu importe leur teneur en CO2 ? Soyons réalistes : rien ne freinera les émissions de CO2 car l’énergie c’est la vie, et sans énergie abondante et bon marché, il est vain d’espérer le progrès ou la qualité de vie. D’autant plus que la Commission européenne met de côté de facto l’énergie nucléaire qui en plus de ses atouts géopolitiques n’émet pas de CO2. C’est l’énergie qui a permis la révolution industrielle, automobile, digitale et sanitaire. Aucun pays extra-UE n’acceptera de se passer d’énergie bon marché. Sur base de statistiques des Nations Unies et de la Banque Mondiale, une hausse de l’espérance et la qualité́ de vie - mesurée par l’index HDI des NU – est notée là où il y a électrification et consommation d’énergie, ce qui explique le refus catégorique des pays en développement de réduire leurs émissions de CO2 à la COP-21.

Les conséquences économiques pour l’UE seront brutales : nous perdrons sur tous les fronts de l’économie compétitive. L’introduction de taxes carbones ou autres ne fera qu’appauvrir une population déjà hyper-taxée et n’améliorera pas le climat. Notre modèle de vie frugale n’est pas exportable non plus. Tout citoyen du monde aspire à une meilleure qualité de vie, des soins de santé et une retraite sécurisée après une vie de labeur, sans vraiment penser au « monde d’après ». Insister sur l’impérieuse nécessité d’agir contre le changement climatique me semble irresponsable. Elle émane d’idéologues et de leur agenda caché, qui est la remise en cause de l’économie de marché et la tentation de la décroissance.

Le rôle du ‘truand’ est interprété par tous ceux qui s’enrichissent grâce aux énergies renouvelables. À la suite de la pression de l’Allemagne (qui ne possède pas d’entreprises pétrolières d’envergure, contrairement aux autres grands pays …) sur l’UE, leur développement a été fulgurant. Hélas, après des années d’efforts, l’électricité d’origine éolienne ne représente que 11 % de la production globale d’électricité dans l’UE, ce qui la place loin derrière celle de l’énergie électronucléaire qui en représente 25 % et du gaz naturel avec 21%. Si ce chiffre de 11% semble intéressant, il ne dépasse pas les 1,9 % une fois ramené à l’énergie primaire. Si on y ajoute les 0,5% d’énergie solaire, ce résultat de 2,4% en énergie primaire a nécessité plus de 689 milliards de dollars dépensés entre 2010 et mi-2019. Depuis 2000, mille milliards d’euros ont été dépensés dans l’UE pour des résultats somme toute insignifiants. Tout ça pour ça !

On ne cesse d’invoquer le prix bas des énergies renouvelables. Il y a quelques semaines, l’agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), créée à l’initiative de Mme Merkel, a publié son énième rapport qui souligne que l’installation de ces énergies revient moins cher que celle d’autres sources classiques. Dans ce cas, pourquoi faut-il que sa production passe par une législation ? Pourquoi faut-il que le Green Deal prévoie un financement gigantesque pour promouvoir leur déploiement ? L’explication tient à leur intermittence. Certes, le coût de production d’électricité renouvelable intermittente baisse, mais entre la production et le consommateur, il y a un réseau qui assure la fourniture d’électricité continue, qu’il y ait du vent ou pas, du soleil ou pas. La conséquence est visible pour chacun : notre facture d’électricité augmente inexorablement (de août 2006 à février 2020 le tarif réglementé de l’électricité hors taxe a augmenté de 40%). J’ai montré que pour les États membres de l’UE cela est corrélé en fonction du nombre d’éoliennes et de panneaux solaires installés.

Cet échec fait cependant l’affaire d’autres acteurs, dont les entreprises électriques. Si vous avez installé un panneau photovoltaïque, c’est aussi dans l’espoir d’en tirer un profit économique. Les entreprises électriques y gagnent encore plus car le plus d’éoliennes ou de panneaux solaires installés, le plus de subsides pour elles. La plupart des entreprises électriques de l’UE ont l’État pour actionnaire de référence, de sorte que lorsque les ministres de l’énergie se réunissent à Bruxelles pour favoriser les énergies renouvelables, en réalité, c’est pour leurs propres entreprises qu’ils votent en faveur de subsides. Rien à voir avec l’environnement ; il s’agit tout simplement d’un transfert d’argent organisé. Le flot d’argent public (c'est-à-dire de nos impôts) déversé « par hélicoptère » au prétexte du coronavirus provoquera un déficit budgétaire énorme. Du coup, l’UE ferme les yeux sur les critères de convergence de Maastricht jusqu’alors intouchables depuis 1992. 

Il est indéniable que la protection de l’environnement est nécessaire mais la politique du Pacte vert va bien au-delà̀ de cette juste cause. On perçoit chez certains la volonté́ de remettre en cause les mêmes conditions qui ont permis à l’UE d’atteindre un niveau de bien-être jamais égalé jusque-là. La « frugalité joyeuse » dont rêvent certains et l’appât du gain qui attire d’autres sont passés par là. 

Enfin, il y aussi ‘le bon’ dans le Green Deal, représenté par l'efficacité énergétique et la recherche. Le thème n’est pas nouveau, mais s’il faut absolument faire de la politique keynésienne, qu’on le fasse au lieu de financer des énergies renouvelables ayant démontré leurs limites ou l’illusion de l’hydrogène que la Commission européenne poursuit depuis 1972, c'est-à-dire avant la première crise pétrolière. Au lieu de recommander à ses États membres de dépenser de l’argent SUR les toits pour produire 0,5% de notre demande en énergie primaire, l’UE aurait mieux fait de les conseiller à le faire SOUS les toits en les isolant pour éviter les déperditions de chaleur. Malheureusement, les économies d’énergies sont le parent pauvre de cette stratégie. 

L’autre ‘bon ‘ est représenté par la recherche et le développement. Nous ne sommes plus « les meilleurs » car l’innovation s’épanouit là où l’économie prospère et aujourd'hui, c’est l’Asie qui est en tête. Si on veut vraiment l’émuler et la rattraper avant qu’il ne soit trop tard, il faudra absolument promouvoir et aider davantage la recherche, mais sans la gestion bureaucratique actuelle qui laisse « Bruxelles » décider jusque dans le moindre détail les secteurs qui bénéficieront des financements (l’appel à proposition en préparation du programme Horizon comporte 44 pages de sujets de recherche). Les chercheurs de laboratoires nationaux et d’industries sont-ils moins ‘sachants’ que les membres des nombreux « comités d’experts » qui choisissent – pas toujours de manière transparente – les recherches à mener dans l’UE ? Pour bien faire, il faudrait supprimer la TVA dans le secteur et réduire drastiquement les prélèvements et charges qui pèsent sur le personnel de recherche. C’est infiniment plus simple, plus rapide et plus efficace. 

Les conséquences d’une énergie chère et de nouvelles taxes ne manqueront pas d’approfondir le désamour des citoyens et il ne restera rien de bon... Qu’on le veuille ou non, l’avenir dépend du progrès technologique, entre autres pour protéger l’environnement et être vraiment vert. Il est temps de remettre à l’honneur l’enseignement des sciences fondamentales et appliquées et d’apporter un soutien sérieux à l’enseignement universitaire, y compris à ses laboratoires. L’humanité́ n’a jamais régressé. Le progrès découle de l’activité́ humaine et du savoir. L’Asie y contribuera … et nous aussi, à condition d’abandonner les illusions du Pacte vert.

 

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ajm
- 08/07/2020 - 23:21
Bila carbone des ecolo politiques.
Qui fera le bilan carbone de tous ces écolos : Hulot, Hidalgo et les autres ? Le nombre de voitures pour eux et leurs suites, les voyages en avions etc...
salamander
- 08/07/2020 - 11:09
Giec
évidemment...
salamander
- 08/07/2020 - 11:06
Apocalypse never !
écrit par Schellenberg , ancien alarmiste du Grec repenti. Livre non traduit en français. le sera-t-t il?

Richard Lintzen , physicien du MIT:« Les générations futures se demanderont avec une stupéfaction amusée pourquoi, au début du 21e siècle, le monde développé s'est plongé dans une panique hystérique à propos d'une augmentation globale moyenne de température de quelques dixièmes de degré, et, sur la base d'exagérations grossières, de projections informatiques hautement incertaines, combinées en déductions improbables, il s'est trouvé en face d'un recul de l'âge industriel »
- Richard Lindzen, climatologue au MIT