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© DENIS CHARLET / AFP
© DENIS CHARLET / AFP
Nation colère

Je crie donc je suis

Publié le 17 juin 2020
Depuis la levée du confinement, la colère et les tensions sociales s'accumulent. Les manifestations et les rassemblements se succèdent. Matthieu Chaigne analyse les spécificités de la société française depuis le début du déconfinement.
Matthieu Chaigne
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Matthieu Chaigne est directeur associé chez BVA. Il est aussi co-fondateur de l'observatoire des sondages et tendances émergentes Délits d'Opinion, chargé de cours à l'INSEEC et à la Sorbonne-CELSA.
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Depuis la levée du confinement, la colère et les tensions sociales s'accumulent. Les manifestations et les rassemblements se succèdent. Matthieu Chaigne analyse les spécificités de la société française depuis le début du déconfinement.

Une fois déconfinés, qu’ont-ils fait ? 

Ils ont manifesté. Contre le racisme, contre la paupérisation de la santé, contre les inégalités, contre les policiers, des milliers de compatriotes ont battu le pavé.

Toutes ces batailles sont nobles. Mais collectivement, quel diagnostic poser sur une société qui, sitôt libérée, semble animée par le besoin urgent de défiler ? 

Nation colère

On le sait. Depuis longtemps, la France est en colère. Une rancœur qui se nourrit d’une critique récurrente envers des gouvernants jugés -  plus qu’ailleurs -  incapables de faire face aux crises. Celle du Covid n’a pas fait exception. Mi-Mai selon une étude BVA, seuls 34% de nos compatriotes déclaraient avoir confiance dans le Gouvernement. 10 points de plus, par exemple qu’au Royaume-Uni pourtant touché encore plus drastiquement par le virus. 

La colère française précède de loin la crise sanitaire.

Elle est symptomatique d’une société qui a cessé d’espérer. 

Elle révèle la schizophrénie d’un peuple qui ne croit plus dans le pouvoir, mais en attend tout. Pourquoi manifester devant un Palais -  qu’il soit de Justice ou de l’Elysée – alors qu’on ne confère à ses hôtes aucune crédibilité ? Sur les ronds-points comme dans les manifestations post confinement, les mêmes mots reviennent. Ceux désabusés d’une colère le plus souvent dénuée de revendications concrètes.  Au cœur du mois de décembre 2018, combien des gilets jaunes prenaient encore la peine d’entendre les propositions du Président et du Gouvernement ?  De même, parmi les manifestants qui s’indignent contre les violences policières, y-a-t-il encore une attente, des espoirs ?  Le 9 juin, on apprenait que la famille de Traoré, refusait de rencontrer la ministre de la culture, invoquant la séparation des pouvoirs. Une absence de débouchés qui ne peut qu’entretenir le cercle vicieux de la colère.

Un nouvel existentialisme 

Notre pays semble avoir basculé dans un nouvel « existentialisme de refus ».  

Manifester constitue désormais une fin en soi. 

Se révolter est dorénavant le seul programme commun.  Battre le pavé pour dire que l’on existe, pour retrouver une estime de soi, pour se réapproprier son destin.

Je crie donc je suis.

Mais une fois le cortège fini, une fois l’émotion exprimée, une fois la colère assouvie, que reste-t-il ? Il n’est de « saines colères » sans débouchés à espérer.  Black live matters, gilets jaunes, marches vertes pour le climat… : on a désormais l’étrange sentiment que le nuancier des combats passe au fil des saisons sans qu’aucune cause n’ait entre temps rien gagné.

Et la responsabilité n’en incombe pas seulement au Gouvernement ; La « culture emoji », ou de l’émotion instantanée est juste passée à autre chose. Entre temps, le virus de la haine continue de se propager, opérant, comme l’expliquent les neuroscientifiques, un appariement entre nos cerveaux. Hautement contagieuse, la colère infuse les foules et les réseaux sociaux, s’infiltrant de cause en cause, de « victime» en « victime » laissant toujours moins de place à la raison.

Les raisons d’espérer pourtant demeurent. 

La culture de l’émotion est la preuve que la résignation n’est pas totale. Elle est l’expression d’une France qui refuse le statut quo, éprouve le besoin de communier ensemble ; Reste désormais à articuler le temps de l’émotion et celui de l’action. Et à faire, germer sur les cendres de la colère et de la division, des luttes qui enfin nous rassemblent.

Matthieu Chaigne 
Directeur associé, BVA Nudge Unit 
Auteur de la France en face, (éditions du Rocher, 2017)

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Commentaires (2)
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cmjdb
- 17/06/2020 - 17:48
MANIFESTATIONS
Quand le pouvoir reconnait que manifester est un droit constitutionnel incontestable, mais qu'il n'en tient aucun compte, où manifester ailleurs que devant les palais de la République ?
Quand l'élection présidentielle - majeure dans notre République - est truquée comme en 2017, par certains syndicats de magistrats, avec la complicité de certains journalistes, comment faire autre chose que manifester ?
Et quand on sait tout cela, comment croire le pouvoir actuel ?
jurgio
- 17/06/2020 - 16:23
Une société diffuse qui régresse...
Ces manifestations ressemblent fort à ces imprécations, ces psalmodies, ces danses rituelles que les humains animaient à leur époque sauvage, en brûlant des images maléfiques ou parfumant des totems. Les hommes quand ils ne peuvent plus avancer reviennent à leurs vieux instincts. Rien n'a changé.