En direct
Best of
Best of du 14 au 20 novembre
En direct
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Julie Gayet tente de sauver son couple, Ingrid Chauvin liquide le sien, celui de Nabilla tangue; Sophie Marceau fait des câlins aux arbres, Aya Nakamura se la pète; Meghan Markle & Katy Perry, voisines et ennemies, Kylie & Kendall Jenner soeurs et idem

02.

Qui a peur de Jean-Michel Blanquer ?

03.

Pierre Manent : "Nous souffrirons longtemps de la passivité qu’a imposé le gouvernement aux Français avec le Covid"

04.

La décennie qui s'ouvre pourrait être encore pire que la précédente et voilà pourquoi

05.

Boycott de CNews : quand Decathlon veut faire du profit sur le dos de la liberté d’expression

06.

Michel-Edouard Leclerc annonce qu'un "quart du profit réalisé dans les centres Leclerc sera réaffecté au personnel"

07.

Russie-Turquie-Iran : la triplette géopolitique qui a réussi à profondément changer notre monde sans que nous réagissions

01.

Julie Gayet tente de sauver son couple, Ingrid Chauvin liquide le sien, celui de Nabilla tangue; Sophie Marceau fait des câlins aux arbres, Aya Nakamura se la pète; Meghan Markle & Katy Perry, voisines et ennemies, Kylie & Kendall Jenner soeurs et idem

02.

Boycott de CNews : quand Decathlon veut faire du profit sur le dos de la liberté d’expression

03.

Carnage en vue sur les banques européennes ?

04.

Qui a peur de Jean-Michel Blanquer ?

05.

Quand Barack Obama démontre que Nicolas Sarkozy est juif

06.

Covid-19 : radioscopie des racines de la faillite morale de l’Etat français

01.

Quand Barack Obama démontre que Nicolas Sarkozy est juif

02.

Covid-19 : radioscopie des racines de la faillite morale de l’Etat français

03.

Barbara Pompili et Eric Dupond-Moretti annoncent la création d'un "délit d'écocide"

04.

Aucun lien entre le terrorisme et l'immigration !

05.

Martin Gurri : "Les vents de révolte ne sont pas prêts d’arrêter de souffler en Occident car nos élites et institutions ne sont plus adaptées au monde actuel"

06.

Projet de loi séparatisme : un arsenal qui alterne entre le trop et le trop peu

ça vient d'être publié
Dépenses et coups de coeur
Black Friday : les Français sont prêts à dépenser plus que l’an dernier
il y a 4 heures 8 min
pépites > Europe
Lutte contre la pandémie
Covid-19 : "L'issue est en vue", selon Boris Johnson
il y a 5 heures 46 min
pépites > Justice
Justice
Affaire des "écoutes" : le procès de Nicolas Sarkozy, jugé pour corruption, est suspendu jusqu'à jeudi
il y a 8 heures 33 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"L’archipel des Solovki" de Zakhar Prilepine : plaisir de relire - Les camps des Solovki, antérieurs aux goulags. « J’ai voulu écrire moins sur les camps que sur les Russes » a dit l’auteur, l’un des plus grands romanciers russes contemporains

il y a 9 heures 34 min
rendez-vous > High-tech
La minute tech
Voilà les meilleurs gadgets à acheter pour se créer un home cinéma de compétition pour le confinement
il y a 10 heures 41 min
pépites > Santé
Ecrans
L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) s'inquiète du temps passé par les jeunes devant leurs écrans, sans activité physique, aggravé par le confinement
il y a 11 heures 45 min
décryptage > High-tech
Réseaux sociaux

Et si la Chine était en train de doubler la créativité d'une Silicon Valley en panne d'idées ?

il y a 12 heures 38 min
pépite vidéo > Economie
Engagements face à la crise
Michel-Edouard Leclerc annonce qu'un "quart du profit réalisé dans les centres Leclerc sera réaffecté au personnel"
il y a 13 heures 3 min
décryptage > Politique
Disraeli Scanner

A la fin, est-ce le capitalo-marxisme qui l’emportera?

il y a 13 heures 42 min
pépites > Santé
Coronavirus
Macron parle demain soir : pas de déconfinement, mais "un allègement progressif des contraintes"
il y a 14 heures 6 min
pépites > International
Avenir des Etats-Unis
Joe Biden a dévoilé les noms des premiers membres de son gouvernement
il y a 4 heures 40 min
light > Politique
Succès fou
Barack Obama a vendu 890.000 exemplaires de ses mémoires en seulement 24h en Amérique du Nord
il y a 6 heures 32 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Un coupable presque parfait La construction du bouc émissaire blanc" de Pascal Bruckner : un plaidoyer solide, un essai brillant, au secours d’une civilisation crépusculaire ébranlée par les diktats des minorités

il y a 9 heures 13 min
décryptage > Economie
Les entrepreneurs parlent aux Français

Ma lettre au père Noël. Chômage. Récession. Dépression. Un peu de champagne ?

il y a 10 heures 20 min
pépites > International
Diplomatie
Le Premier ministre israélien aurait rencontré secrètement le prince héritier d'Arabie Saoudite
il y a 10 heures 56 min
pépites > High-tech
Gaffe
Un journaliste débarque dans une réunion Zoom secrète des 27 ministres européens de la Défense qui a du être annulée
il y a 12 heures 25 min
pépites > International
Environnement
Un ancien bureaucrate a inspiré le discours du président chinois Xi Jinping changeant l'histoire du réchauffement climatique
il y a 12 heures 52 min
pépites > Finance
Economie
Danone annonce 1.500 à 2.000 suppressions de postes dont près de 400 en France
il y a 13 heures 36 min
décryptage > Media
Sur le divan

"L’élection de Joe Biden est bonne pour l’équilibre mental des Français". Et c’est la psy attitrée de France Info qui vous le dit

il y a 13 heures 59 min
décryptage > Société
La germination des mots

Existerait-il des complotistes sans comploteurs ?

il y a 14 heures 7 min
© CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
© CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
Danger pour la démocratie ?

Ce progressisme qui réécrit l’histoire et la culture jusqu’à nier la possibilité de la démocratie

Publié le 11 juin 2020
Les progressistes racialistes sont-ils un danger pour la démocratie ? Le discours néo-identitaire est-il d'avantage un symptôme ou une cause de nos sociétés démocratiques occidentales ? Comment imaginer pouvoir lutter contre le racisme sans sombrer dans le totalitarisme ?
Jean-Sébastien Ferjou
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Sébastien Ferjou est l'un des fondateurs d'Atlantico dont il est aussi le directeur de la publication. Il a notamment travaillé à LCI, pour TF1 et fait de la production télévisuelle.
Voir la bio
Bertrand Vergely
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Bertrand Vergely est philosophe et théologien.Il est l'auteur de plusieurs livres dont La Mort interdite (J.-C. Lattès, 2001) ou Une vie pour se mettre au monde (Carnet Nord, 2010), La tentation de l'Homme-Dieu (Le Passeur Editeur, 2015).  
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Les progressistes racialistes sont-ils un danger pour la démocratie ? Le discours néo-identitaire est-il d'avantage un symptôme ou une cause de nos sociétés démocratiques occidentales ? Comment imaginer pouvoir lutter contre le racisme sans sombrer dans le totalitarisme ?

Jean-Sébastien Ferjou : La culture, c’est ce qui donne un sens à notre univers pourtant confus. L’absurde, l’injuste, le violent et le tragique ont toujours fait partie de la condition humaine, la culture permet de les apprivoiser. Soit par une transmission de sagesse, soit par des codes, certes arbitraires mais qui rendent le vivre ensemble et la cohésion sociale possibles. En voulant expurger notre histoire en la jugeant selon des critères contemporains, en la réécrivant à leur sauce (comme l’aveuglement sur la traite esclavagiste arabo-musulmane ou les violences racistes entre « non-blancs »), en censurant et caviardant les œuvres culturelles, les néo-progressistes non seulement détruisent un patrimoine mais rendent aveugles et sourds ceux qui ne verraient plus le réel que selon des lunettes néo-identitaires.  

A la manière des contes pour enfants qui visent à enseigner les dangers de la vie plutôt qu’à les gommer ou les nier, l’histoire et la culture nous permettent d’appréhender la réalité de la vie. 

Surtout, ces progressistes racialistes ignorent un fait majeur : c’est la culture politique ET religieuse occidentale qui a permis leur propre existence et qui a permis le développement des sociétés les plus ouvertes à la diversité et les plus égalitaires du monde et de l’histoire. Ne voir le verre qu’à moitié vide, mener l’Occident à la guerre civile en étouffant le débat au motif que les origines des uns les disqualifieraient pour apprécier les revendications des autres, c’est prendre le risque de mettre à bas ce qui a pourtant permis l’éclosion des valeurs démocratiques et universalistes. 

Rééduquer les gens et gommer les images gênantes n’a toujours mené qu’à des systèmes totalitaires. Se montrer provocateur pour faire bouger les choses est normal et efficace, se montrer brutal et allergique à la nuance interdit la démocratie, ses clivages, ses antagonismes et ses aménagements du rapport de force. Qui plus est, la démocratie ne peut exister qu’en misant sur le pari de la raison citoyenne : chaque être humain est capable par lui-même et sans être rééduqué ou contraint d’apprécier le réel. L’éclairer sur ce qui lui échappe est une chose, le forcer à adopter un point de vue au mépris même des faits et des « vérités » statistiques en est une autre. En matière de violences racistes et policières, nul ne peut douter qu’elles existent. Mais les faits analysés dans le détail indiquent qu’il n’y a pas de racisme systémique en France.

Tout système qui nie l’intelligence des individus au nom de leur origine, de leur couleur de peau ou de leur héritage nie de fait la validité du suffrage universel et nous pousse à des systèmes censitaires (seul le riche, l’éduqué, le x ou x serait doué d’une raison qui lui permettrait de voter). 

Les néo-identitaires ne jouent que sur l’émotionnel, la raison a perdu ses droits, celui qui est en colère ou blessé est devenu celui qu’on n’a pas le droit de contredire. Je suis une victime donc je suis. Et ceux qui ne sont censés être victimes de rien et/ou, pire, héritiers de bourreaux ne sont plus rien. La colère -légitime- de victime de contrôles au faciès efface celle de la victime de violences criminelles. L’un des plus grands racismes de la société française est d’ailleurs celui de la culture de l’excuse qui mène notamment à abandonner les habitants de quartiers populaires aux mains de réseaux criminels au motif que les membres desdits réseaux seraient devenus violents « à cause » de la société française et de ses inégalités. 

On ne peut pas vivre ensemble par simple éradication ou domestication autoritaire de l’autre. L’histoire de nos démocraties l’a prouvé. Si réexamen de l’histoire il doit y avoir alors peut-être le moment de dépasser le traumatisme de 1945 est-il venu. Le mal a déferlé sur l’Europe et les moyens techniques occidentaux lui ont donné une force de frappe sans précédent. Mais le mal a toujours existé. Les massacres ou la volonté d’éliminer l’autre aussi. Penser qu’il existe une spécificité occidentale, que nous serions des génies du mal là où les autres ne seraient que de médiocres amateurs en quelque sorte est une forme de racisme. Même dans le mal, il faudrait que nous soyons les meilleurs…

Atlantico.fr : Les progressistes racialistes sont-ils un danger pour la démocratie ? 

Bertrand Vergely : Quand on aborde la question du racisme, il importe de distinguer le racisme originel, le racisme tel que nous l’entendons et le racialisme tel qu’il est apparu récemment. 

Le racisme, à l’origine, est une théorie philosophique qui a été élaborée au XIXème siècle par Arthur de Gobineau lequel, en 1855, publie un Essai sur l’inégalité des races humaines. Sa pensée tient en une idée : il existe une inégalité foncière entre les êtres humains. Dans l’humanité qui se divise en races, certaines sont supérieures à d’autres pour des raisons biologiques qui se transmettent de façon héréditaire. Au nom de cette théorie, le nazisme a  imposé la supériorité de la race blanche sur toutes les autres races soit en les soumettant soit en les exterminant. 

Le racisme au sens où nous l’entendons réside dans un jugement péjoratif, un rejet et une ségrégation de personnes parce qu’elles sont noires, jaunes, métissées ou bien encore juives,  arabes et musulmanes. 

Ce racisme est assurément odieux. Reste qu’il se distingue du racisme idéologique. Lorsque Gobineau développe sa théorie de l’inégalité des races, il ne s’en prend pas avec haine  à tel ou tel groupe ethnique. Quand certaines personnes sont racistes au sens du rejet haineux de telle ou telle  partie de la population, elles ne sont pas en train de disserter comme Arthur de Gobineau sur l’inégalité des races et la supériorité de la race blanche. Depuis quelques années toutefois, il existe une confusion entre ces deux racismes. 

Dans les années soixante, après la deuxième guerre mondiale, réfléchissant sur les causes de l’extermination des juifs, un certain nombre de militants politiques et d’intellectuels ont commencé à montrer qu’il y avait un lien entre les discours tenus à propos  des juifs et leur extermination. Quand on dit « mort aux juifs » en paroles, un jour cela se transforme en actes. À la suite de cette relation qui a été faite entre les paroles et les actes, par extension, tout rejet a été jugé comme étant potentiellement exterminateur.

Aujourd’hui, les choses ont pris plus d’ampleur encore. Désireux  d’en finir, un certain nombre de mouvements politiques ont décidé de faire la chasse à tout rejet. Le féminisme a lui aussi  décidé de faire la chasse à tout rejet. Enfin, pour prendre le pouvoir, des minorités ont décidé de se servir de la question du rejet afin de faire valoir leurs droits. Résultat :  la question du racisme est devenue de plus en plus complexe en dépassant le racisme idéologique d’Arthur de Gobineau ou bien encore celle du rejet ethnique. Ainsi, a tendance à être appelé raciste tout ce qui ne reconnaît pas tel ou tel individu ou tel ou tel groupe d’individus. En définitive, tout ce qui n’aime pas tout le monde est jugé comme étant raciste. 

Dans ce contexte, on a vu surgir le racialisme. Attitude récente apparue aux Etats-Unis, celui-ci  consiste, sous prétexte de rétablir la justice, à revendiquer contre les blancs un droit au rejet, au jugement péjoratif, à la ségrégation voire à la haine et à la violence. Pour cela, la raison invoquée est simple. Quand il y a ségrégation à l’égard des personnes de couleur et en particulier des noirs, pratiquer une ségrégation contre les blancs c’est lutter contre la ségrégation. Quand, il n’y a pas de ségrégation actuelle à l’égard des personnes de couleur ainsi que des noirs, parce que hier il y a eu ségrégation à leur égard cela justifie qu’il y en ait une aujourd’hui. 

Le racialisme est aujourd’hui de plus en plus à la mode. Il tire la faveur dont il bénéficie d’un phénomène plus général qui est apparu ces dernières années. Lorsque les mouvements de libération sont apparus, au début ceux-ci revendiquaient des droits. Puis ils se sont mis à revendiquer une visibilité et une fierté. Aujourd’hui, ils revendiquent une suprématie. Ainsi, on voit arriver sur le devant de la scène médiatique et politique des mouvements expliquant que les femmes sont supérieures aux hommes, que les homos sont supérieurs aux hétéros et que les noirs sont supérieurs aux blancs. Ce qui est un paradoxe pour le moins étonnant. 

Lorsque ces mouvements affirment la supériorité des femmes, des noirs et des homos par rapport au reste du monde, ils sont persuadés de servir la cause de l’antiracisme et de la démocratie. Ils ne s’en rendent pas compte : ils tiennent exactement le discours le plus raciste et le plus fasciste qui soit sous une forme qui donne l’impression d’être le contraire. 

Dire aujourd’hui sale blanc, sale hétéro ou sale mec est la version moderne et contemporaine de ce qui avait hier la haine des juifs, des noirs et des femme. Les théoriciens du racialisme disent qu’il n’en est rien, cet   amalgame entre antiracisme et racisme étant  du racisme. 

Ils auraient raison si le propos disant que l’antiracisme est raciste se limitait à dire cela. Mais tel n’est pas le cas. S’il y a un anti-antiracisme qui est bête et qui est effectivement raciste, il y a un anti-antiracisme qui est plein de bon sens. 

Quand au nom de l’antiracisme on voit des groupes de rap appeler à violer les blancs et à les tuer, on n’a pas affaire à des antiracistes mais à des individus dangereux pour eux-mêmes et pour autrui. Les traiter de racistes, ce n’est pas être raciste. C’est avec les authentiques antiracistes travailler à ce que la violence et la haine ne deviennent pas ce qui dicte la façon de penser et d’agir. 

La démocratie est le rendez-vous de trois amours générateurs de trois de respects : celui du peuple, de la liberté et de l’intelligence. Ceux qui aujourd’hui appellent à tuer des blancs au nom de l’antiracisme, de la justice et du droit à la reconnaissance ne sont pas des démocrates. Ce sont des ennemis de la démocratie qui ont la haine du peuple, de la liberté et de l’intelligence. 

Le danger qu’ils font peser sur l’avenir est extrêmement grave du fait que les élites censées être intelligentes et avoir le sens de la liberté sont fascinées par eux comme le lapin peut l’être par les phares  d’une voiture. Alors que tous les jours on entend vitupérer contre la discrimination, ces élites ont inventé le concept de discrimination positive. René Girard a montré que la violence est toujours mimétique. Quand on hait quelqu’un, on l’imite toujours pour le détruire. Avec le racialisme on en a une illustration. Par haine du racisme, celui-ci est devenu tout simplement raciste. 

Le discours néo identitaire est-il d'avantage un symptôme ou une cause de nos sociétés démocratiques occidentales ?

Bertrand Vergely : L’identité est une expression de l’absolu et de son mystère. Ainsi, la réalité est la réalité parce qu’elle est la réalité. En nous, cet absolu s’exprime par notre réalité et la conscience de notre réalité. C’est ainsi. Nous savons que nous avons une réalité et que nous, nous sommes bien nous.

Comme nous avons une identité, nous avons une différence. Si nous sommes ce que nous sommes, c’est que nous ne sommes pas ce qu’est l’autre et réciproquement. S’il est ce qu’il est, c’est qu’il n’est pas nous. 

Paradoxe de la différence ! Bien qu’elle nous sépare, elle nous unit. Nous sommes tous les mêmes, pourquoi ? Parce que nous sommes tous différents. Inversement, nous sommes tous différents, pourquoi ? Parce que nous sommes tous les mêmes. 

La question de l’identité et de la différence est une question délicate et subtile. Il faut pouvoir admettre que nous sommes à la fois irréductiblement différents les uns des autres et irréductiblement les mêmes. On y parvient quand on fait de l’autre notre semblable en comprenant et en acceptant que lui, comme nous, nous cherchons à être qui nous sommes. 

Faire de l’autre son semblable consiste à avoir un sens dynamique, moral et spirituel de l’autre. C’est cette dynamique morale et spirituelle qui fonde la démocratie. On a tendance à penser que la démocratie réside dans ce régime politique qui permet de faire ce que l’on veut. en affirmant son identité et sa différence comme on l’entend. Cette définition de la démocratie débouchant sur la tyrannie des individus, celle-ci est parfaitement anti-démocratique. La démocratie n’est pas le rassemblement confus d’individus qui font ce qu’ils veulent, mais la formidable aventure consistant à bâtir un monde dans lequel tout le monde devient le semblable de tout le monde parce que tout le monde participe à une dynamique morale et spirituelle afin d’acquérir une identité morale et spirituelle. 

Compte tenu de cette précision, tout ce qui se replie dans un particularisme identitaire et différentialiste sans avoir aucune dynamique morale et spirituelle est un ennemi de la démocratie. Tout ce qui vit et respecte une dynamique morale et spirituelle est profondément démocratique. 

Quand donc on parle de mouvement identitaire et néo-identitaire, on n’a pas affaire à une cause mais à un symptôme de la vie démocratique. Qui affirme son identité pour affirmer son identité est dans le particularisme. Qui est dans le particularisme  tourne le dos à la démocratie, en ne reconnaissant ni la notion de semblable, ni celle de dynamique morale et spirituelle. 

Le racialisme qui entend affirmer son particularisme  au nom du droit et de la démocratie sans tenir auc un compte de la notion de semblable comme de toute dynamique morale et spirituelle se sert de la démocratie contre la démocratie. Il s’agit là du problème majeur de la démocratie. 

La façon dont nous vivons la démocratie en est la cause. Si nous étions dans une véritable démocratie, nous devrions vivre celle-ci comme la formidable aventure qui conduit à vivre l’autre comme semblable à travers une dynamique morale et spirituelle. Malheureusement, la démocratie a été détournée de son sens par le libéralisme qui entend par démocratie le droit de faire ce que l’on veut. Résultat, la démocratie ne sait plus comment faire face à une multitude de minorités hurlantes qui, au nom du droit de faire et de dire ce que l’on veut, entend ne reconnaître personne tout en aspirant à être reconnues par tous. Aujourd’hui, le racialisme est la conséquence directe du libéralisme qui s’est emparé de la démocratie. 

Comment imaginer pouvoir lutter contre  le racisme sans sombrer dans le totalitarisme ?

Bertrand Vergely : Le racialisme est persuadé de lutter contre le racisme. Il ne s’aperçoit pas qu’il est en train de devenir totalitaire, raciste et haineux. Pourquoi ? Parce qu’il a le sentiment de faire le bien. Quand on divise le monde en deux avec d’un côté les bons qui sont les antiracistes et de l’autre les méchants qui sont  tous ceux qui ne sont pas antiracistes, quand on passe son temps à dire qu’il est bien d’être antiraciste et mal de ne pas l’être, quand pour cela on organise une chasse  permanente au racisme, on est totalitaire. Le totalitarisme étant une dictature idéologique voulant faire aimer de force l’idéologie au pouvoir, on est totalitaire. 

Qui fait reculer la haine et la bêtise dans le monde ? Ce ne sont pas ceux qui sont anti et contre mais ceux qui sont pour. Quand, sous prétexte de faire avancer les choses, on entend être dans la haine de la haine. On ne fait pas baisser la haine qu’il y a dans le monde. On l’augmente. À part la haine qu’est-ce que la racialisme a à apporter au monde ? Rien. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas réfléchi. On veut lutter contre la haine qui meurtrit le monde. Fort bien. Si on veut lutter contre cette haine, cessons d’entretenir cette haine par une haine de la haine et apportons lui de l’intelligence. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Commentaires (16)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Forbane
- 12/06/2020 - 19:37
La Señorita
Mme Taubira a très probablement plus de risque d’avoir des gènes de «  blanc esclavagiste », peut-être effectivement transmis par la force, que moi, et la majorité des francais « blancs », descendants de simples paysans n’ayant jamais quitté leur village, qui ne votaient pas et payaient « la dîme et la gabelle » de l’époque coloniale!
Gré
- 12/06/2020 - 09:54
Le déshonneur et la guerre ...
"Quand on dit « mort aux juifs » en paroles, un jour cela se transforme en actes". Aujourd'hui, on crie "mort aux blancs" ... Souvent j'entends dire que les juifs auraient dû se défendre, qu'ils se sont laissés mener comme des moutons à l'abattoir parce qu'ils avaient fait confiance à ceux qui étaient censés les protéger. C'est très exactement ce que je pense aujourd'hui ... Mais j'oublie qu'il y a des "émotions saines" devant lesquelles il faut s'incliner. Et d'autres contre lesquelles on tire aux LBD ... Castaneeer, nous voilààà !
Till Eulenspiegel
- 11/06/2020 - 19:26
oups
qu'ils retournent....