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Epidémie d’intensité variable

Coronavirus : mais pourquoi tant de différences entre États européens ou entre régions françaises ?

Publié le 24 avril 2020
Face au coronavirus, de nombreuses disparités ont été constatées entre les Etats européens et entre certaines régions en France. Comment expliquer ces différences et les écarts sur le nombre de cas ? Est-ce lié à une organisation préexistante ou à des différences notables sur les systèmes de santé ?
Christophe Bouillaud
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Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.
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Face au coronavirus, de nombreuses disparités ont été constatées entre les Etats européens et entre certaines régions en France. Comment expliquer ces différences et les écarts sur le nombre de cas ? Est-ce lié à une organisation préexistante ou à des différences notables sur les systèmes de santé ?

Atlantico.fr : Pourquoi existe-t-il autant de différences entre les Etats européens ou entre les régions en France ? Est-ce dû à une organisation préexistante, comme le fait que le niveau de santé soit supérieur dans certaines zones par exemple ?

Christophe Bouillaud : Autant qu’on puisse le savoir à ce stade de la pandémie, trois éléments jouent fortement : premièrement, la chronologie spatiale de la pandémie, deuxièmement, la réactivité des autorités, troisièmement le degré de qualité du système de santé en chaque région ou pays. 

Comme toutes les informations dont nous disposons le prouvent, l’épidémie ne se répand pas uniformément dans un territoire donné, mais elle  commence par un cas, qui devient rapidement par des contacts locaux avec ce cas un foyer. Vu cette caractéristique, plus une autorité publique se rend compte tôt que, dans son territoire, il y a un cas, ou plusieurs, ou même simplement qu’il pourrait y en avoir un, et qu’il faut donc réagir très vite, plus l’épidémie reste alors contenue sur ce territoire. Et bien sûr, chacun peut apprendre de surcroit plus ou moins rapidement des erreurs des autres. Le cas idéal, c’est celui de Taïwan, où les autorités ont compris très tôt qu’il y avait une épidémie très grave en Chine continentale, et qui, du coup, ont bloqué tout de suite l’arrivée de cas possible sur leur territoire ou le développement de foyers à Taïwan à partir de ces cas isolés. Pour les régions et les pays européens, on observe le même phénomène. Plus un pays se trouve loin des premiers cas arrivés en Europe, et, par ailleurs, plus un pays a réagi vite, plus il est épargné, plus il a pu maîtriser la situation. 

Par ailleurs, une fois que de nombreux cas et des foyers se sont développés sur un territoire donné, la qualité du système de santé va jouer : est-ce qu’il va être rapidement submergé par les malades dans un état grave, ce qui peut pousser la mortalité vers le haut, comme en Lombardie,  ou va-t-il pouvoir encaisser le choc ? Clairement, un système de santé bien doté, en surcapacité avant la pandémie, comme en Allemagne va encaisser plus facilement le choc qu’un système de santé aux moyens plus réduits comme au Royaume-Uni, en Espagne ou en Italie. Il faut ajouter ensuite l’existence ou non d’une stratégie adéquate de santé publique : l’adoption du masque, les tests, le suivi des malades, etc.

Après, sur ce second point, il existe un effet paradoxal de savoir que l’on dispose d’un système de santé très faible, comme c’est le cas de la Grèce. Les autorités de ce pays ont réagi avec une très grande célérité et une grande rigueur aux informations disponibles sur la pandémie, parce qu’elles savaient que leur système de santé était déjà épuisé par des années de coupes budgétaires à la hache. Il est possible que, dans une bonne part de l’est du continent, la réaction soit largement d’ordre similaire. Puisque les autorités et aussi le grand public savent que le système de santé est médiocre, il vaut mieux ne pas y avoir recours, et donc couper toute possibilité de diffusion épidémique : les autorités donnent des consignes, et les populations s’empressent de les suivre. 

En quoi les évènements humains en sont les causes ? Le fait de vivre en communauté ? De voyager (or, les gens qui voyagent de la région parisienne ne vont pas plus à Lyon qu'à Brest...) ? 

Christophe Bouillaud : Bien sûr, l’épidémie suit presque exactement les relations humaines préexistantes sur un territoire, et, comme tout le monde peut le savoir, un virus ne se déplace que grâce aux hommes qui se déplacent. Plus les liaisons entre zones sont importantes, plus la densité humaine des relations dans un lieu donné est importante, plus l’épidémie pourra se répandre facilement. 

Malheureusement, à un niveau plus fin, le cas des EPHAD en France et de toutes les structures hébergeant des personnes très âgées en Europe démontre le poids des relations personnelles quotidiennes dans la diffusion d’un tel virus, mais la même remarque pourrait se faire dans n’importe quel lieu de contact fréquent entre personnes, c’est pour cela que les familles, les groupes d’amis ou les lieux de travail et de distraction doivent être reconfigurés pour lutter contre la pandémie. 

Pour ce qui est de la carte de France en nombre d’infections, elle correspond largement à une diffusion à partir des deux grands foyers initiaux (l’Oise et le Haut-Rhin). Si l’ouest et le sud-ouest ont plutôt été épargnés, c’est largement grâce au fait que le confinement a joué son rôle. On pourra noter aussi le cas de la Corse : le foyer initial dans le sud de l’île, liée au rassemblement évangélique de Mulhouse,  semble avoir été contenu, et ne pas avoir trop touché le nord de l’île. 

A l’échelle européenne, il y a au moins un pays, la Roumanie, où la diffusion du virus est fortement liée au retour précipité de travailleurs migrants roumains installés en Italie ou en Espagne suite à la pandémie. Cette importation du virus via ces migrations de retour est dénoncée par la presse roumaine. De manière assez surprenante, cela n’a pas empêché ces derniers jours l’Allemagne de déclencher une opération de recrutement de citoyens roumains pour venir dans les champs récolter les précieuses asperges qui font la joie du consommateur germanique à chaque printemps. Le cas est intéressant parce qu’il montre bien l’obligation de mobilité au cœur du fonctionnement de l’économie européenne. 

Les pays de l'Est (Tchéquie, Slovaquie etc.) semblent avoir contenu la crise bien mieux qu'en Europe de l'Ouest. Est-ce parce qu'ils ont réagi plus rapidement? Est-ce une question culturelle ? Comment l'expliquer concrètement ?

Christophe Bouillaud : Effectivement, la différence est-ouest à l’échelle continentale en termes de mortalité semble pour l’instant frappante. La raison principale me semble être la précocité des mesures prises par rapport au niveau où en était l’épidémie à l’est de l’Europe. Probablement, tous ces pays ont bénéficié du rôle de lanceur d’alerte de l’Autriche. C’est en effet les autorités de ce pays qui comprennent un peu plus vite que celles des autres pays européens, comme la France en particulier, que la situation est vraiment très grave en Italie et qui donc ferment leur frontière avec ce pays et prennent les dispositions adéquates sur leur propre territoire.  Cela semble avoir déclenché une prise de conscience dans tous les pays de l’ancienne double monarchie ou chez ceux faisant partie de son voisinage. 

Ce n’est sans doute pas là une question culturelle, mais plutôt la conséquence du fait que tous ces pays, à peine sortis des dures années du post-communiste des années 1990,  se savent fragiles par bien des côtés : ils ont des populations vieillissantes, leurs systèmes de santé ont été sous-financés pendant des décennies, ils n’ont donc aucune croyance préétablie que « ils ont le meilleur système de santé au monde », bien au contraire. C’est le paradoxe de la fragilité. Ils ne peuvent pas vraiment s’imaginer faire mieux que l’Italie… 

Après, dans ce groupe de pays, il faut distinguer les pays plutôt riches, comme la Tchéquie, de ceux ayant vraiment moins de moyens. La Roumanie enregistre par exemple peu de cas. Pour l’instant, c’est difficile de savoir si cela correspond à un confinement très réussi, simplement parce que tout le monde craint de tomber malade, ou bien… à une incapacité des autorités à compter correctement les cas et les décès. Si par malheur, l’épidémie prend une grande ampleur dans ce pays, le système de santé ne tiendra pas le choc, ne serait-ce que parce que de très nombreux médecins roumains travaillent actuellement à l’ouest du continent et que, du coup, la Roumanie souffre d’un manque de médecins. 

Il faudra donc voir comment la situation évolue dans les prochaines semaines dans tous ces pays. Arriveront-ils tous à continuer à maîtriser la situation, ou connaitront-ils au final des situations pires qu’à l’ouest du continent ? Il est vraiment bien trop tôt pour se prononcer.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Commentaires (8)
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JG
- 24/04/2020 - 19:16
@Assougoudrel
Dans ce pays on peut être christianophobe sans soucis, alors qu'être islamophobe est un risque vital...Et comme les journaleux ne brillent guère par leur courage....
assougoudrel
- 24/04/2020 - 18:55
Par contre, dans tous ces pays, il y a le gros
problème des pratiquants du ramadan; ils se regrouperont dans des mosquées improvisés et le soir, tout le monde sera réuni pour la bâfrée. Des journalistes plaignent ces gens, alors qu'ils en avaient rien à foutre de la Pâques des chrétiens. S'ils se "Coronavirinent" entre eux, ce sera leur problème.
MCX
- 24/04/2020 - 18:14
On note malgré tout une
On note malgré tout une diffusion francaise selon un axe Rhône Rhin plus la région parisienne. Et par ailleurs il semble que les rassemblements d'un nombre important de personnes (rencontres religieuses et sportives, réunions de famille, puis établissements de soins et sociaux) ont joué un rôle clé dans l'intensité de la crise. En dehors de ces cas, le risque de se contaminer en faisant ses courses paraît bien faible.