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LR

Aurélien Pradié : "Non, je ne suis pas anti-libéral"

Publié le 01 avril 2020
Le secrétaire général des Républicains, Aurélien Pradié, revient sur les propos qu'il a tenus dans un entretien accordé, ce lundi, à Libération. S'il critique le libéralisme, tout en reconnaissant ses bienfaits, c'est parce qu'il estime que celui-ci s'est dévoyé.
Aurélien Pradié
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Aurélien Pradié est Secrétaire général du parti Les Républiciains et est député LR du Lot. 
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Le secrétaire général des Républicains, Aurélien Pradié, revient sur les propos qu'il a tenus dans un entretien accordé, ce lundi, à Libération. S'il critique le libéralisme, tout en reconnaissant ses bienfaits, c'est parce qu'il estime que celui-ci s'est dévoyé.

Atlantico.fr : Vous avez accordé un entretien à Libération qui a un peu étonné à droite au sein de votre famille politique. Dans un article publié ce mardi sur Atlantico, nous avons insisté sur le fait que libéralisme n'est pas, comme vous semblez le dire, le premier responsable de la crise sanitaire actuelle. Vous avez souhaité réagir, y-a-t-il des éléments que nous aurions mal compris ?

Aurélien Pradié : Tout d'abord, je voudrais dire que je suis heureux de pouvoir m'exprimer sur ce sujet et que j'aimerais que sur une question aussi essentielle ceux qui me lisent ne tombent pas dans la caricature.

D'autre part, et afin d'entrer directement dans le vif du sujet -et non dans la polémique qui ne m'intéresse pas- ce qui m'a frappé depuis la publication de cette interview par Libération, laquelle n'a rien de révolutionnaire, c'est la réaction de ma propre famille politique. En effet, beaucoup d'élus de droite se sont manifestés en disant qu'il était effectivement temps de reposer les vraies questions que, sûrement par lâcheté collective et depuis de nombreuses années, nous n'avions pas posé. Je conteste donc vivement le fait que cette interview ait pu étonner ou choquer à droite puisque je n'ai reçu, depuis sa publication, que des échos très encourageants.

Par ailleurs, j'aimerais également souligner combien, lorsqu'une pensée sort un peu du cadre, elle semble insupportable pour beaucoup d'observateurs. Or, je crois que c'est symptomatique de notre époque et que cela illustre bien à quel point le niveau de pensée intellectuelle, y compris sur les questions économiques, est devenu pauvre en France.

En outre, alors que je mentionnais le communisme dans l'interview que j'ai donné à Libération j'ai dû automatiquement préciser que je n'étais bien entendu pas communiste ce qui tout, en me paraissant une évidence, illustre le niveau de pudibonderie de la politique française.

Sur le fond, je n'ai fait que poser un certain nombre de questions. D'abord, à aucun moment, je n'ai dit que l'ensemble des maux de notre époque étaient liés au libéralisme. Ce que j'ai dit, textuellement, c'est qu'il fallait aujourd'hui avoir le courage d'interroger le libéralisme. Il me semble, en effet, que la plus grande des fautes serait de ne se poser aucune question notamment parce que certains observateurs estiment toujours que cette crise n'est qu'un épiphénomène. Dans vos colonnes, j'ai notamment lu les propos de quelques experts qui expliquaient que la crise que nous traversons actuellement n'est que transitoire, une vision que je conteste profondément. Au contraire, elle est selon moi extrêmement révélatrice de beaucoup de nos carences et des défis politiques que nous pouvons avoir pour l'avenir.

Et une fois que ce constat est dressé, que nous reconnaissons que cette crise n'est pas une bricole mais quelque chose de majeur, alors le débat doit être ouvert, et toutes les questions doivent être posées. Mais je ne conteste, en aucun cas, l'idée même de libéralisme d'autant plus que la liberté d'entreprendre et la liberté politique font, bien évidemment, partie du cœur de mon engagement politique. Ainsi, quand je dis qu'il faut interroger le libéralisme, je dis simplement que ce que nous avons fait collectivement de l'idée du libéralisme, depuis des années, ne produit plus, aujourd'hui, ce pour quoi il était fait à l'origine, c'est-à-dire l'émancipation de l'homme. Or, je suis prêt à affirmer que sur bien des sujets, le libre échange effréné, sans aucune régulation, sans aucune limite, n'a pas apporté à l'homme, depuis de nombreuses années, tous les bénéfices qu'il a pu apporter à l'origine. Et donc, lorsque je dis que, sur un certain nombre de points le libéralisme s'est dévoyé, je me pose en défenseur de l'idée première de libéralisme. En ce sens, ceux qui ne le questionnent plus ont, selon moi, arrêté de croire au libéralisme.

Pour en revenir au fond de l'interview, il y a un second point qui a pu surprendre, c'est le fait que je place l'Etat au cœur de la réflexion politique. Et là, on m'oppose une espèce de pensée binaire que je trouve d'une stupidité primaire. En clair, aujourd'hui, on devrait être ou bien pour "plus d'Etat" ou bien pour "moins d'Etat", mais on ne pourrait plus être pour un Etat mieux pensé, plus opérationnel. Et donc, il faudrait en quelque sorte être soit un dogmatique d'extrême gauche soit dogmatique ultralibéral. Or, moi je pense qu'il existe une voie intermédiaire dans laquelle l'Etat serait fort et non pas obèse tel qu'il l'est aujourd'hui. Je suis donc favorable à un Etat puissant, à un Etat qui s'occupe de sujets stratégiques, qui soit capable d'orienter l'avenir de la Nation et de remettre la politique au coeur des choses sans pour autant s'occuper de tout et n'importe quoi comme c'est le cas à l'heure actuelle. Au fond, je crois que ceux, qui aujourd'hui, ne veulent pas interroger le modèle sont ceux qui ne croient pas en la politique, qui ne croient plus en la politique. C'est vrai que la manière dont est faite la politique depuis des années pourrait pousser à ne plus y croire. Mais moi, j'ai 34 ans, je suis député de mon pays et j'ai encore envie de croire en la politique et donc la politique c'est aussi l'État. Un Etat qui serait capable, non pas de s'occuper de tout et n'importe quoi, mais de sélectionner des sujets stratégiques qui ne peuvent pas être soumis bêtement seulement aux lois du marché et aux lois budgétaires. C'est sur ces sujets, que sont l'hôpital, la culture, la santé, l'éducation..., que devraient être concentrées les forces de la nation puisque ce sont ces domaines qui permettent à une nation de tenir droit. Je ne fais que constater ici quelques pathologies actuelles et je suis moi-même stupéfait que certains dénient encore cette réalité. Nous sommes aujourd'hui au milieu de la crise sanitaire et notre pays est obligé d'aller faire la manche à la Chine pour obtenir des masques qui sont pour certains, d'ailleurs, périmés. Nous sommes au milieu de la crise et notre nation est incapable de fabriquer des respirateurs, alors même que c'est une technologie que nous maîtrisions il y a encore quelques années. Une fois que l'on a dit ça, on montre bien à quel point le modèle économique dans lequel on a sombré collectivement nous a rendu ultra-dépendants des autres et nous a fait perdre toute idée de la souveraineté nationale. C'est vrai notamment sur l'alimentation -on est en train de le redécouvrir aujourd'hui- alors même qu'on est une nation qui est capable de produire en matière d'alimentation, de vraies richesses.

Ainsi, avec ce discours je ne suis pas en train de devenir "un affreux gauchiste" mais je suis juste en train de revenir aux sources de ce qu'a été la pensée économique de la droite, y compris depuis le général de Gaulle. Et la seule jonction que j'ai faite en prononçant le mot de communisme, c'est quand j'ai parlé de planification or la planification ce n'est pas le dirigisme mais c'est ce qui a permis de faire un plan pour reconstruire la France.

Je suis donc en faveur d'un retour aux sources, rien de plus dramatique que ça, au contraire selon moi c'est aussi une forme d'optimisme. 

Dans ce même entretien publié lundi par Libération, vous faites référence au gaullisme à de nombreuses reprises. Cependant, si vous attaquez le libéralisme, De Gaulle, lui, comme l'illustre le plan Pinay-Rueff, de 1958, n'y était pas opposé. De Gaulle a certes instauré un degré de planification dans l'économie mais il a également fortement critiqué la IVème République avant son accession au pouvoir pour avoir notamment maintenu le protectionnisme, pour la nationalisation de Renault... Pour le dire de manière triviale comment s'y retrouver ? 

D'abord on peut s'y retrouver en ayant un peu d'imagination, en considérant qu'on n'est pas systématiquement obligé de rentrer dans une case. D'ailleurs, je fais observer à tous les historiens du dimanche que le gaullisme c'était d'abord de l'audace, or je trouve qu'il y a aujourd'hui une espèce d'uniformisation de la pensée qui est totalement contraire à ce qu'avait en tête le général de Gaulle.

Si on revient à des questions purement économiques, le général de Gaulle comme Georges Pompidou, ont tous les deux systématiquement interrogé la vie économique. Je vous invite à relire en particulier le discours de Georges Pompidou -tenu à une époque où le libéralisme avait court dans notre pays- dans lequel, face aux représentants des entreprises, il déclare"votre première responsabilité, c'est de faire grandir l'homme avant même de faire grandir l'économie". Lorsque Georges Pompidou dit cela, lorsque le général de Gaulle lance la planification, ils ont une vision utile de l'économie, utile au pays et utile à la nation.

Revenons-en au fait, à aucun moment je n'ai considéré qu'il fallait remettre en cause le libéralisme. J'ai travaillé en entreprise, je sais ce que l'entreprise peut apporter de bénéfique. Mais, comme le disait le général de Gaulle à sa manière, il faut simplement fixer des orientations. Pour reprendre votre exemple, permettez-moi d'abord de souligner que lorsqu'il lance le plan Pinay-Rueff, la France n'est pas du tout au niveau de libéralisation de l'économie que l'on connaît aujourd'hui, elle en est même très loin.

La comparaison est donc, à mon avis, très bancale. Et lorsque le Général de Gaulle met en place ce plan, il le fait toujours avec l'idée de maintenir la souveraineté nationale. A aucun moment, il n'a imaginé qu'un plan économique puisse remettre en cause la souveraineté nationale. Or, ce que je constate aujourd'hui, c'est que notre stratégie économique pas seulement française d'ailleurs mais aussi européenne et plus largement mondiale, ne permet plus de souverainetés nationales ni de souveraineté européenne.

Voilà donc mon propos et je pense donc, que dans ce cas-là, lorsque l'on prononce le mot libéralisme, on sait très bien de quoi on parle. D'ailleurs, pour tout vous dire, au risque de paraître brut de décoffrage, je me contrefous du concept en tant que tel puisqu'il n'a pas la même réalité dans la bouche des uns et des autres. Mais je dis simplement qu'aujourd'hui, -sans même parler de libéralisme- notre modèle économique remet en cause notre souveraineté sur les questions alimentaires, sur les questions de santé et ne règle pas les grands défis sociaux, notamment sur les questions de salaires. En outre, personne ne peut contester qu'on a un vrai sujet sur les bas salaires. D'ailleurs, même les économistes les plus libéraux abondent dans ce sens. Ainsi, je pense que l'Etat doit jouer son rôle, se transformer. Il faut que l'on réinvente l'État. Mais la référence au général de Gaulle, je la trouve plus moderne que la référence mécanique de certains économistes à Adam Smith. En termes de modernité, je pense que l'on peut faire mieux. 

Le libéralisme et la mondialisation ont permis de sortir des centaines de millions de personnes de la pauvreté dans le monde. Le WSJ souligne tous les jours que la capitalisme actuel ne respecte plus les règles libérales. N'y-a-t-il pas une confusion entre libéralisme et capitalisme financiarisé ? 

Sûrement, mais quand je prononce ces mots, je demande simplement à chacun de ne pas faire semblant de ne pas comprendre ce que je dis. Lorsque je dis qu'il faut que l'on réinterroge notre modèle économique, ça revient peut-être plus à interroger le capitalisme financier, mais en réalité, nous parlons de la même chose : il faut arrêter de se faire peur avec ce type de thématiques.

Je le redis, je pense que ma génération a un devoir d'audace. Et, peut-être aurait-il été plus confortable pour moi de ne pas me prononcer sur la crise, mais je pense que c'est aussi de ma responsabilité. Et que c'est aussi peut-être mon rôle de défriser quelques penseurs qui n'ont pas changé d'opinion depuis 40 ans. 

Je me sens modestement, mais personnellement, une responsabilité politique, que je partage avec d'autres, de dire que non, ce n'est pas un épiphénomène. Oui, c'est une vraie crise et qu'elle va nécessiter de transformer notre modèle.

Alors je lance un appel, en disant que la vision que je souhaite porter avec d'autres, c'est une contribution. Je ne prétends pas détenir la vérité, mais je lance un appel à un débat serein sur ces sujets. On doit pouvoir réunir les plus libéraux, les moins libéraux, tous ceux qui s'interrogent pour construire un modèle économique qui convienne à une nation comme la France et également à l'Europe, parce que je suis profondément européen. Donc, je leur dis : sortez de vos certitudes, moi, j'essaie de sortir des miennes et je pense que c'est la seule manière de développer une vraie réflexion.  

Prenons un exemple, les gaullistes ont réussi à rassembler la majorité des Français lorsqu'ils ont reconstruit notre pays après la guerre, et ce peu importe leur étiquette politique. Or sans comparaison maladroite, c'est toujours l'ambition de la droite républicaine. Ce n'est pas d'être chef de secte, mais bien de rassembler les Français et de rebâtir une nation comme la nôtre. Or, aujourd'hui, je le répète, la prise de conscience au sein de notre famille politique est collective. Même les plus libéraux, les plus sensibles notamment au regard de la question des dépenses publiques -et j'en fais partie- sont capables de se rendre compte que le système tel qu'il est aujourd'hui ne fonctionne plus. Je le redis, sur la question sanitaire, le manque de masques et de respirateurs le démontre : c'est un échec clair ! 

Dès lors, ou bien on se dit que ce type de crise ne verra le jour que tous les cent ans et donc on se prépare à gérer une situation misérable tout les cent ans ou bien on fait preuve d'un peu plus de responsabilité politique et on rebâtit un système et une organisation nouvelle qui laissera une place à la liberté et qui permettra aussi à l'Etat de fixer un cap et non pas de s'occuper de tout et de n'importe quoi. Ce que l'on veut, et je le redis, c'est un Etat meilleur, un Etat stratège. Il faut que nous retrouvions aussi, pour des raisons politiques, démocratiques, le goût du défi. Il faut que notre pays soit à nouveau politiquement conquérant. Moi, je crois au fait que l'on doit être capable, dans les années qui viennent, de se fixer des grands objectifs, de dire que notre nation sera à la pointe sur les questions de santé, sur les questions de recherche, sur les questions de recherche du cancer, par exemple, et que c'est ce défi qui emportera l'ensemble de nos concitoyens. Et lorsque l'on commence le questionnement de la sorte, alors ensuite, on peut demander des efforts à nos concitoyens.

Observez la période de crise que nous connaissons actuellement : nos caissières, nos soignants font des heures de travail comme ils ne l'ont jamais fait, dans des conditions extrêmement difficiles. Les Français sont donc capables de faire des efforts, y compris sur leur temps de travail, mais ils le font parce qu'aujourd'hui, ils savent à quoi ça sert. Le vrai problème de la réflexion économique et politique depuis des années, c'est que l'on a commencé par la fin avant d'expliquer où est-ce qu l'on voulait aller.

Je pense qu'il faut que l'on explique aux Français ce que l'on veut faire de ce pays et ensuite, les Français avec leur sens patriotique, seront capables de faire les efforts nécessaires, y compris les entreprises qui ont un rôle stratégique à jouer dans ce "bouleversement". Je pense réellement que cette réflexion est essentielle, et il serait assez consternant de voir qu'au coeur de la crise, on serait incapable de se remettre en cause. Ça fait du bien de se remettre en cause, y compris intellectuellement de temps en temps, puis de bousculer les choses. Et je le dis, là, très franchement, si un député de 34 ans, qui croit profondément en l'engagement politique et qui en a fait sa vie, n'est plus capable de bousculer les choses alors je ne sais pas qui je serai à 50 ans. Voilà, c'est peut être aussi ma responsabilité de mettre quelques coups dans les lignes.

Face à l'actuelle crise sanitaire, vous dites qu'il faut en finir avec "une forme de lâcheté collective". Tout le monde partage ce constat, changer le système oui mais qu'est-ce qui est en cause ? Les lois du marché sont-elles responsables des 35h à l'hôpital, de la gestion comptable du secteur de la santé par la technostructure française ou encore du terrible manque d'anticipation et de planification de l'Etat français face à la perspective d'une pandémie ?

Sur la question du système de santé, je pense qu'il y a plusieurs symptômes, mais l'un d'eux est bien évidemment la sur-administration du système de santé, j'inclus aussi le carcan budgétaire parce qu'il fait partie de la sur-administration. Ceux qui sur-administrent l'hôpital depuis leurs bureaux sont aussi ceux qui administrent l'hôpital en contrôlant les dépenses quotidiennes. Donc, cette sur-administration là, pour moi, c'est le grand mal de notre hôpital. C'est la première chose qu'il faut complètement réorganiser.

Moi, je vous le dis franchement, je ne crois pas aux organisations sanitaires telles qu'elles ont été mises en place aujourd'hui. Je ne crois pas aux groupements hospitaliers tels qu'ils ont été mis en place aujourd'hui. Je pense que le fait de vouloir faire des gros hôpitaux plutôt que de continuer à avoir des structures de taille moyenne est une erreur stratégique qui d'ailleurs nous coûte plus d'argent. J'observe au passage que tout le monde est à peu près d'accord aujourd'hui sur ce constat, sauf que ceux qui étaient favorables à de grands hôpitaux et à des structures mutualisées. Ces derniers continuent encore aujourd'hui à nous dire qu'il ne faut pas changer de modèle. Or, c'est cette vision qui nous a conduit à l'échec que nous connaissons à l'heure actuelle. Je pense donc que l'Etat devrait fixer un cap en annonçant le maillage du territoire tout en octroyant une certaine liberté aux patrons d'hôpitaux.

L'autre gros sujet, c'est le niveau de rémunération des hospitaliers. Et on ne pourra pas passer à côté de cette question. Aujourd'hui, on a un niveau de rémunération déplorable de l'essentiel des "petites mains." Il n'y a rien de péjoratif à employer ce terme puisqu'elles sont essentielles au bon déroulement des opérations et c'est très clair aujourd'hui. Il faut regarder comment le statut peut évoluer au bénéfice d'une évolution significative des salaires. On ne peut plus continuer à avoir des infirmières qui sont payées au ras des pâquerettes, comme c'est le cas aujourd'hui, et ça, ça coûtera de l'argent, sûrement mais c'est essentiel. Et je pense que l'on peut économiser beaucoup en restructurant l'administration et que l'on peut également considérer que c'est un pôle stratégique qui nécessite de telles dépenses.

La réflexion au sujet du financement de telles mesures doit être globale. Quand je dis qu'il faut renverser la table, c'est globalement qu'il faut le faire. Je ne fais qu'ouvrir la réflexion, je pense qu'il faut qu'on se laisse le temps d'y réfléchir et d'entendre les réflexions des uns et des autres. Mais on est tout à fait capable, dans notre pays aujourd'hui, de réduire la voilure sur le financement public, individuel apporté aux citoyens et se focaliser sur des aides collectives. L'hôpital, c'est une aide collective. On apporte une aide collective, un temps d'aménagement, d'équipement qui pourra bénéficier au plus grand nombre. C'est pareil pour l'éducation. C'est pareil pour les grands pans du régalien. C'est pareil pour la culture. Ce que je vous dis là, notamment sur la culture, c'est ce que Malraux disait à la reconstruction. On cesse de financer qu'individuellement, mais par contre, on finance du collectif, on finance la nation. 

Et, la vraie réflexion est là. Toute la réorientation budgétaire, c'est là qu'elle doit se faire. Peut être, que pendant quelques années, en effet, une telle restructuration nous coûtera cher mais se rend-t-on bien compte, aujourd'hui, que des décennies de plus ou moins grande rigueur budgétaire ont été ruinées, effacées en l'espace de trois semaines? Voici un exemple concret de l'extrême fragilité du dogme budgétaire tel qu'il a été posé depuis des années, puisqu'il aura suffi de trois semaines pour l'effacer totalement.  

Les lourdeurs administratives et les rigidité idéologiques, nous en avons recensé une longue liste, freinent notre réponse à l'actuelle crise sanitaire. Alors que de nombreux Français s'alarment de certaines défaillances de l'Etat dans la gestion de la crise sanitaire, l'opposition fait-elle suffisamment son travail de contrôle et de proposition ? 

Bien sûr que c'est le rôle de l'opposition de contrôler le travail de la majorité mais, dans la crise actuelle, je pense qu'il est nécessaire de respecter certaines étapes. Or, la première étape, c'est de relever le défi sanitaire. On compte chaque jour nos morts. C'est là que nous en sommes aujourd'hui. Et donc, il faut que les uns et les autres, nous soyons à la hauteur de ce moment politique, qui est un moment sanitaire et un moment d'urgence. A titre personnel, je me suis astreint moi même à ne pas sombrer dans la polémique politicienne qui, à ce moment là de la bataille, n'a pas du tout sa place.

En revanche, si j'ai tenu notamment ces propos dans Libération, c'est parce que les uns et les autres, je n'imagine pas qu'on regarde la situation sans se poser des questions profondes. Et viendra le moment, en effet, d'interroger la manière dont l'exécutif en place a plus ou moins bien ou plus ou moins mal géré la crise et quelles responsabilités politiques ils devront assumer. 

Mais, pour tout vous dire, je pense que les Français sont assez matures pour en juger eux-mêmes. Et je pense que l'intérêt de cette discussion que nous avons ici, par exemple, c'est de nous réveiller les uns et les autres afin que l'on prenne conscience que l'on ne pourra pas se ré-endormir une fois la crise passée.

Pour retrouver sur Atlantico l'analyse de Joseph Macé-Scaron et Alexandre Delaigue sur ce sujet, cliquez ICI

Pour retrouver sur Atlantico l'analyse de Pascal Salin sur ce sujet, cliquez ICI 

 

Propos recueillis par Aude Solente

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Commentaires (3)
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Deneziere
- 02/04/2020 - 12:03
Pradié... Si jeune et si vieux à la fois
Pradié donne raison à Zemmour quand il dit que la droite, quand elle est au pouvoir, cherche à ressembler à la gauche.
Donc on va battre sa coulpe devant Libé, et puis on vient corriger le tir sur Atlantico.
Il a 34 ans, il est dans un parti supposé de droite, et il se comporte comme une MouDem de 60 balais.
C'était si compliqué de dire qu'aucun libéral sérieux ne cherche à affaiblir le régalien ?
De dire que les coupes dans les dépenses de l'état relèvent de l'orthodoxie budgétaire, qui n'est ni libérale, ni illibérale ?
De dire qu'il n'y a rien d'ultra-libéral à affirmer qu'il vaut mieux maintenir des stocks de santé que de subventionner des canards boiteux du cinéma français ?
De questionner les effectifs pléthoriques de non soignants dans l'hôpital public ?
Apparemment, oui, quand on est LR, c'est compliqué.
Ils ne sont pas prêt de revenir au pouvoir.
hoche38
- 01/04/2020 - 15:31
Enfin une certitude!
Heureusement qu'après cette longue tirade sur le concept un peu flou de libéralisme, il nous reste au moins la certitude que Monsieur Aurélien Pradié est prêt à sacrifier sa précieuse personne au service des électeurs, que lui et les siens ont su si bien attrister puis faire bailler et enfin faire regarder ailleurs au cours de ces dernières années.
cmjdb
- 01/04/2020 - 12:36
LIBERALISME
On ne peut prétendre au libéralisme qu'en parlant de liberté et de responsabilité individuelle, de liberté d'entreprendre et de loi anti-monopole (quels qu'ils soient y compris dans les services publics, de mixité de systèmes de transport, santé etc.. privé/public)