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© Jean-Pierre MULLER / AFP
© Jean-Pierre MULLER / AFP
Loi de 1905

Pourquoi la laïcité ne devrait pas être invoquée dans la lutte contre l’islamisme

Publié le 14 octobre 2019
A la suite de l'attentat à la Préfecture de police de Paris, Jean-Michel Apathie a appeler à réformer la laïcité. Mais, peut-être ne devrions-nous l'invoquer dans la lutte contre l’islamisme...
Guylain Chevrier
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Guylain Chevrier est docteur en histoire, enseignant , formateur et consultant.Il est membre du groupe de réflexion sur la laïcité auprès du Haut conseil à l’intégration.Dernier ouvrage : LAÏCITÉ, ÉMANCIPATION ET TRAVAIL SOCIAL L’Harmattan, Sous la...
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A la suite de l'attentat à la Préfecture de police de Paris, Jean-Michel Apathie a appeler à réformer la laïcité. Mais, peut-être ne devrions-nous l'invoquer dans la lutte contre l’islamisme...

Atlantico : Il y a quelques jours, suite à l'attentat, le journaliste Jean-Michel Apathie appelait à réformer la loi de 1905 pour intégrer l'Islam dans la République. Mais le problème du terrorisme doit-il être connecté à la question de l'aménagement de la laïcité ? Ne doit-on pas distinguer la question religieuse et la question politique de l'islamisme ?

Guylain Chevrier : On connait ce refrain, de l’adaptation de la République aux religions, qui serait une marche-arrière toute de l’histoire au regard de nos libertés, que cela soit à l’égard de l’islam ou autres. Surtout, laisser penser que ce serait la solution aux attentats, en faisant reculer la laïcité, cela reviendrait à donner un signe d’encouragement aux islamistes, qui comptent bien sur les reculs de la République. Ce n’est pas la République qui doit s’adapter à l’islam, mais les religions à la République, et c’est le cœur aussi du problème des confusions qui dominent et favorisent l’islamisme. Il y a d’autant moins de raison de revenir sur la loi de 1905, que la laïcité garantit à la fois la liberté de conscience, et donc la possibilité pour chacun d’être libre de  croire ou de ne pas croire en ce qu’il veut, et en même temps le libre exercice des cultes, autrement dit, la liberté pour chaque individu de vivre sa religion, tant que cela ne remet pas en cause la règle commune. Ce qui protège tous les membres de notre société, musulmans inclus, ainsi libres de ne pas se trouver assignés à une façon de vivre leur religion par quiconque. La laïcité n’a pas à être mise en cause pour on ne sait quels aménagements qui n’ont rien à voir avec le terrorisme. Par ailleurs, laisser entendre que le problème serait d’aménager la laïcité en faveur de l’islam pour régler le problème, n’est-ce pas indirectement pointer dangereusement les musulmans comme responsables ?

Il se trouve que l’on fait depuis quelques années l’expérience de contournements de la laïcité, comme dans le cas des baux emphytéotiques, c’est-à-dire la concession de terrains municipaux par les communes pour « l’euro symbolique », afin de facilité la construction de mosquées. Autrement dit, des terrains biens des citoyens qui paient leurs impôts transformés en lieu de culte et ce, avec la bénédiction du Conseil d’Etat. On a installé par l’entremise de l’Etat un Conseil français du culte musulman qui dispute la laïcité régulièrement, est dans la victimisation permanente, portant la défense du voile islamique et de la pudeur qu’il signifierait au pinacle, banalisant l’air de rien par-là l’inégalité homme/femme inscrite en bonne place dans le Coran, qui a poursuivi Charlie Hebdo pour les caricatures du prophète, encourageant à l’affrontement avec la liberté d’expression, essentielle à notre démocratie. Une sorte de parti unique des musulmans, et on s’est étonné que de plus en plus de nos concitoyens se mettent à se penser d’abord comme musulmans avant de se penser comme citoyens. Début juillet dernier, on a annoncé installer des instances de consultation départementale de l’islam, « structures de coordination », pour dit-on « s’approcher au plus près des spécificités de chaque territoire. ». Ce qui relève de doter une religion par l’entremise de l’Etat de structures d’influence et de mainmise sur une catégorie de population, sous prétexte de la contrôler, et donc d’encourager une assignation identitaire suicidaire, qui conduit tout droit à l’enfermement religieux et au risque du communautarisme, considéré comme le principal terreau de la radicalisation. Et à Christophe Castaner de préciser « La laïcité, c’est accompagner la pratique d’une religion ». Quel incroyable paradoxe ! C’est tout le contraire, un Etat qui n’intervient pas dans l’organisation ni l’exercice d’une religion, sinon c’est le mettre à son service. On voit qu’il faudrait commencer par arrêter cela si l’on veut éclairer la lanterne de nos concitoyens à cet endroit, pour distinguer comme cela se devrait, l’islam des risques terroristes. Mais de cette situation nait une frontière incertaine, fluctuante jusque dans l’appréciation des prêches des imams, qui laisse libre d’agir les islamistes. 

On voit donc que ce n’est pas à la laïcité de servir d’instrument d’ajustement aux circonstances, au regard du risque terroriste, c’est bien au contraire qu’il faut la défendre pour mieux y résister. Cela, en ne reniant pas nos repères communs, mais au contraire en en faisant un appui du contrat social de tous et pour tous. C’est de là d’où on peut renforcer la cohésion et l’unité, avec l’ensemble de nos concitoyens, susceptible de freiner la radicalisation, voire de l’éteindre.

Dans les faits, on a vu suite au récent attentat à la préfecture de Paris, un flou chez les élites politiques françaises entre des actes religieux, comme la conversion, et l'identification d'une ambition politique extrémiste et terroriste. Peut-on pratiquement faire une distinction entre des actes religieux ordinaires et des actes religieux qui auraient une visée politique ? Sur quel critère ?

La distinction entre les actes religieux ordinaires et les autres, est à chercher dans la façon de les pratiquer, à savoir : sont-ils respectueux des règles et lois communes, sociales et politiques, ou cherche-t-on a les imposer à tout prix à l’école, au travail, à l’hôpital… contre le contrat social qui fonde l’idée de République et de démocratie. La République, c’est un pouvoir politique dégagé de la transmission héréditaire du pouvoir politique et de sa personnalisation à travers un être suprême, comme un monarque, pour être non-héréditaire et impersonnel, a fortiori qui ne saurait se personnifier dans un dieu. La République littéralement « Res publica », c’est la chose publique, qui par son caractère démocratique tombe entre les mains de tous, du peuple, qui est la source du pouvoir politique en France, et donc le seul réel souverain (normalement). Nous voyons combien cela implique le respect de principes communs. Aussi, faire passer sa religion avant le reste en contestant toutes les règles pour imposer les siennes, quelles qu’elles soient, ici religieuses, c’est porter atteinte à ce qui garantit la liberté de tous, c’est diviser et donc détruire l’unité du corps souverain que constitue le peuple et protège la liberté de chacun. C’est donc s’attaquer à la liberté. 

Lorsque l’on entend imposer le burkini à la piscine, la salle de prière dans l’entreprise, le voile lors de sorties scolaires alors que l’école est laïque et que son message en vient à être brouillé, justifiant ensuite l’idée que chacun fait ce qu’il veut, d’autant plus au nom de la religion qui relève de la croyance et donc d’un principe irrationnel, il y a danger. Nous ne parvenons pas à le voir correctement parce que depuis environ quarante ans et les premiers voiles islamiques dans une école à Creil, on nous a fait tomber dans le piège de la logique des discriminations, à l’anglo-saxonne, pour imposer une vision identitaire de notre société contraire à celle de la citoyenneté. On veut nous faire penser en termes de non-discriminations, ce qui amène aux reconnaissances identitaires et au multiculturalisme. Mais nous sommes dans une société qui a conquis ses meilleurs atouts politiques et sociaux, ses biens communs les plus précieux, sur le principe d’égalité dont tous bénéficient, que reflète la notion d’intérêt général. Ce qui est miné par les demandes de reconnaissance des différences, sur lesquelles le clientélisme politique surfe régulièrement.

Le premier des critères pour des fonctionnaires, à commencer par des fonctionnaires de police, qui représentent la République et en garantissent la sécurité, c’est qu’ils ne puissent l’être s’ils portent leur foi au-dessus de la loi commune, en inversant le rapport de l’organisation de nos institutions avec les religions. Ce qui signifie porter sa foi aux dessus du droit et considérer que ce dernier n’a pas de prise sur elle, et donc être dans un rapport de sacralisation absolu au religieux. Ce que la France a su historiquement dépasser à l’aune de l’horreur des guerres de religions, dont a découlé l’idée d’une Nation dont les principes et valeurs  subsument les différences. C’est le point de départ, je dirai le premier seuil qui peut conduire au pire, qui fait entrer en contradiction avec l’idée de loi commune remise en cause au nom de son groupe religieux, jusqu’au risque de l’affrontement. Car en se mettant dans cette posture mentale, on en vient à la multiplication de conflits et une auto-victimisation qui peut tourner au sentiment de persécution. Rajouté à cela, l’influence d’un milieu qui galvanise l’individu dans ce sens, et on peut aboutir à l’irréparable. Si on en croit ce qui est rapporté, Mickaël Harpon a commencé par se féliciter des attentats de Charlie Hebdo, il est entré en conflit avec des collègues relativement à sa vision radicale de la religion, il a manifesté des problèmes au regard de contacts avec les femmes, il était en lien avec des réseaux salafistes, il avait des images de propagande de Daech dans une clé USB… Un salafisme d’ailleurs qui n’a rien à envier à une secte, qui relève de l’intégrisme religieux évoqué dans bien des cas de radicalisation, et est en totale opposition avec notre République, avec la volonté de vivre comme au temps du Prophète en respectant à la lettre le Coran, la charia, c’est-à-dire sur des fondements moyenâgeux. Comment se peut-il qu’il ne soit pas interdit sur notre territoire ? D’autres courants prosélytes dangereux comme le Tabligh sévissent en toute impunité, qui avait dans son influence la mosquée de Lunel (Hérault), petite ville dont sont partis de nombreux djihadistes pour la Syrie. On est là dans des contradictions et des zones grises que nous paierons de plus en plus chères.

Le ministre de l'intérieur Christophe Castaner a par exemple déclaré, lors de son audition à la commission des lois de l'Assemblée nationale, qu'il fallait surveiller les pratiques au moment du Ramadan, notamment les excès de zèle. Ce à quoi le député M'jid El Guerrab a rétorqué qu'une pratique religieuse plus intense pendant ce période ne pouvait constituer un indice probant, pas plus que le port de la barbe - que le ministre lui-même arborait ce jour-là. Comment trouver un juste équilibre entre les exigences de sécurité et les libertés religieuses et privées ? Doit-on finir par pouvoir espionner tout fonctionnaire qui ferait preuve d'une pratique religieuse intense si cela permet de prévenir des violences ?  

On ne doit pas commettre d’erreur ici, il s’agit de définir ce qui revient comme responsabilités à qui. A l’Etat de prendre des décisions fortes qui tranchent dans le vif, pour montrer les limites. Comme d’interdire le salafisme, et d’assurer son rôle de sureté en surveillant les radicaux de toutes sortes, dans les mosquées, dans les lieux sensibles, là où il a une prise sur les choses par ses moyens de renseignement. A condition de ne pas faire comme avec cet imam de Gonesse, qui avait été écarté pour son discours intégriste et susceptible de présenter un danger au regard du risque de radicalisation, puis fait l’objet d’une décision d’expulsion, jamais exécutée parce qu’il s’était marié et avait eu un enfant, tel que l’a rapporté le ministre de l’Intérieur benoitement. Mais aussi de rompre avec cette politique « d’accompagnement » de l’islam, pour passer à une position à proprement parlé de contrôle rigoureux de tout problème, pour parer autant que possible au risque de radicalisation. Ce qui laisserait d’ailleurs peut-être enfin la place aux musulmans républicains convaincus, de s’exprimer comme républicains d’abord, et non comme croyants.

Contrairement aux résistances face à l’idée d’un appel au signalement, en avançant le risque d’un climat de délation, il est nécessaire de responsabiliser les citoyens, en les appelant à signaler si nécessaire, pour peu que l’on donne des éléments d’indication clair, pour ne pas tomber dans du n’importe quoi. Cette démarche est la même qu’en protection de l’enfance, avec un numéro vert, qui existe pour prévenir des risques de danger, sans avoir besoin de prouver les faits rapportés qui sont du ressort d’une évaluation discrète et professionnelle qui ne présage en rien du résultat. Ce qui peut même permettre en amont, le cas échéant, d’intervenir pour aider des personnes en difficultés et dans la confusion. Le problème tient dans la façon même d’avoir présenté cette possibilité, avec un effet d’annonce énorme mais peu de matériaux identifiés et donc, qui s’annule par effet d’inconsistance, alors que c’est une grande question de fond que celle de la responsabilisation des citoyens face au terrorisme. Un terrorisme qui signifie que nous sommes malgré nous en guerre, non contre les musulmans, mais les éléments radicalisés de l’islam qui entendent nous la faire, et par là-même, les islamistes. Bien sûr, la marge peut parfois apparaitre étroite, mais elle l’est d’autant plus qu’on est dans le flou, et comme on le sait, si le flou est volontaire c’est qu’il y a un loup. Signaler n’est pas condamner, comme dans toute situation, et ce n’est rien de moins que ce que nous dit le Code pénal lorsqu’il affirme l’obligation de porter secours, en donnant les informations qui le permettent, sinon c’est le risque d’être poursuivi pour ne pas l’avoir fait, en mettant en danger d’autres personnes, y compris ici soi-même. Mais une telle démarche tient d’une véritable politique pensée en amont avec un déminage préalable, un schéma cohérent d’approche du plus grand sérieux, qui déjoue le sentiment du risque de délation qui peut générer des résistances, et la tentation d’utiliser cela comme exutoire antimusulmans. Les déclarations actuelles du Président de la République et du ministre de l’Intérieur tiennent d’une improvisation qui apparait aux yeux du citoyen comme un artifice, et provoquent l’incompréhension lorsqu’au contraire, il s’agit ici d’un enjeu capital et de l’une des clés à l’action  menée. Mais cela n’est-il pas le pendant, finalement, d’une politique religieuse de l’Etat très éloignée de ce qu’est notre laïcité républicaine ?

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Commentaires (7)
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Paulquiroulenamassepasmousse
- 14/10/2019 - 21:28
Le rêve de tout "islamiste"..
Le rêve de tout "islamiste"...
Ne trouver en France que des "Apathiques"......
clo-ette
- 14/10/2019 - 18:33
Bien d'accord avec l'article
invoquer la laïcité c'est être à côté du vrai problème .
Xenophon
- 14/10/2019 - 17:39
Bien sur.
L'Islamisme a bien au delà d'une religion et la laïcité est commodément invoquée pour masquer son volet politique. C'est pourtant ce volet qui qu'il faut combattre: le rituel religieux ne nous concerne pas, sauf quand il a un impact sociétal, ce que le Coran permet. Là, le subversif commence et les fidèles eux-mêmes ne peuvent qu'accepter. Les banlieues ont concentré l'immigration, la pauvreté et l'insécurité s' y sont installées, l'administration a progressivement battu en retraite, les trafics ont créé une économie de substitution et imposé ses règles. Dans ce climat de crainte communautarisée, L'Islamisme est progressivement un facteur de paix, de rectitude religieuse, d'ordre et d'entraide. Si le processus continue, il aura ses enclaves solidifiées et des prétentions politiques en hausse, avec à terme, une présence accrue dans les conseils municipaux, voire régionaux. La Loi qui s'imposera alors sera une loi de synthèse, la partie républicaine étant l'interface de communication avec le reste de notre société pour un dialogue administratif aménagé. L'unité nationale voulue par notre Histoire deviendra de plus en plus en plus virtuelle. C'est là notre champ de bataille.