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élections israéliennes

Ces noeuds gordiens que devra trancher le système politique israélien après l’échec de Benjamin Netanyahu

Publié le 18 septembre 2019
Les élections législatives qui se sont tenues hier ont d'ores et déjà acté un changement profond dans la vie politique israélienne.
Michel D'Harez
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Les élections législatives qui se sont tenues hier ont d'ores et déjà acté un changement profond dans la vie politique israélienne.

Hier, mardi 17 septembre, les Israéliens ont plus voté que lors du dernier scrutin du 9 avril 2019.

Le taux de participation est la première surprise du scrutin. Plus de 4 200 000 israéliens avaient voté le 9 avril, soit une participation de 67,47 %. Elle se situe cette fois-ci à 69,4 %, soit près de 2 % et 120 000 voix de plus ; cela représente un enjeu potentiel de 3 sièges.

Plus de 90 % des bulletins ont été dépouillés. Cela permet de tirer déjà quelques tendances.

LES PRINCIPAUX GAGNANTS

- La liste unique arabe aurait 13 sièges. En se regroupant, les partis de la minorité nationale ont tiré les enseignements du précédent scrutin ; avec deux listes, ils n’avaient obtenu que 10 sièges contre les 13 traditionnellement obtenus lors des précédents scrutins et hier.

Pour la première fois depuis la renaissance d’Israël, des responsables de la minorité nationale, comme Ahmed TIBI, n’excluent pas de discuter avec Benny GANTZ, même si certains n’hésitent pas à rappeler sa responsabilité de chef d’état-major lors de l’opération « plomb durci » à Gaza en 2014. Ils envisagent de présenter leurs conditions pour un éventuel soutien au gouvernement sans participation.

- Les deux partis orthodoxes, Shass et Parti unifié de la Torah, gagneraient 1 siège, avec 17 députés.

- La stratégie d’Avigdor LIEBIRMAN a été payante, puisqu’il a fragilisé Benjamin NETANYAOU, voire l’a mis sur la voie de la sortie,

Rappelons que le bloc de droite avait obtenu 65 députés en avril,les 35 du Likoud, les 16 des deux partis religieux, les 4 de « Koulanou » de Moshe KAHLOUN, les 5 d’« Israël Beiteinou » d’Avigdor LIEBERMAN, et les 5 de l’Union des droites de Rafi PERETZ.

Cette situation aurait dû permettre à Benjamin NETANYAOU de constituer une solide coalition gouvernementale, mais Avigdor LIEBERMAN en a décidé autrement. Il a fait échouer le premier ministre sortant qui, en réponse, a entrainé de nouvelles élections. Depuis, Avigdor LIEBERMAN s’est lancé dans un combat contre les orthodoxes.

Malgré les 4 gains par rapport aux 5 d’avril, il n’est pas assuré d’être le faiseur de roi. En martelant son opposition aux orthodoxes, il pourrait s’exclured’un gouvernement d’union nationale avec les orthodoxes.

Le grand perdant de l’élection est le Likoud et Benjamin NETANYAOU, pour deux raisons :

- Moshe KAHLOUN ayant réintégré le Likoud, la performance du parti de droite doit être apprécié par rapport aux 39 sièges recueillis par Koulanou et le Likoud le 9 avril, et non par rapport aux seuls 35 sièges du parti de Benjamin NETANYAOU. 32 sièges constitueraient un recul de 7 sièges.

Même si la comparaison entre les deux élections doit être relativisée ne serait-ce que parce que les 35 sièges constituaient un record historique, il n’en demeure pas moins que Benjamin NETANYAOU a perdu son pari en forçant le retour aux urnes. Il s’est en plus aliéné un peu plus le Président de l’État, M. Réouven RIVLIN, qui n’avait pas apprécié le fait accompli. Par ailleurs, cette élection confirme la règle israélienne que le Premier ministre qui provoque des élections les perd.

- Alors qu’il était à la tête d’une coalition de 65 sièges en avril, il peut au mieux rassembler 56 sièges, avec les 17 des deux partis orthodoxes et les 7 de Yamina.

Benjamin NETANYAOU aurait pu essayer de convaincre Amir PEREZ et Orly LÉVY-ABÉCASSIS de le rejoindre, comme le laissaient entendre une des rumeurs de la campagne. Mais, eu égard les résultats, il semble totalement exclu qu’ils s’inscrivent dans un tel schéma, nonobstant les 6 sièges de l’alliance entre le Parti travailliste et Guesher.

Cette impasse explique que Benjamin NETANYAOU ait appelé cette nuit à la formation d’un gouvernement d’union nationale composé uniquement de sionistes, avec les orthodoxes. Il a implicitement reconnu sa défaite avec des intonations qui ne lui sont pas familières.

Mais attention ! Il a perdu la bataille, mais il va essayer de gagner la guerre. Une seule chose est sûre. Il n’aura pas la loi d’immunité et ne pourra éviter l’audition avec le Procureur de la République, le 3 octobre.

Yamina, le regroupement des sionistes religieux est le second perdant de ces élections ; ils auraient 2 sièges de plus que les 5 de l’Union des droites de Rafi PERETZ. La non qualification d’Ayelet SHAKED et Naftali BENNET le 9 avril les avaientconduits à un regroupement des sionistes religieux sous la houlette d’Ayelet SHAKED qui a accompli un véritable tour de force. Mais, la greffe n’a pas pris, et le regroupement a explosé dès cette nuit. Cet effet collatéral du scrutin fragilise toute velléité de créer une coalition de droite.

LES SURVIVANTS :

- Le camp démocratique, du regroupement du Meretz de Nathan HOROWITZ, de Éhoud BARAK et de la transfuge du Parti travailliste, Mme. Stav SCHAFFIR, avec 5 sièges n’a pas fait mieux qu’en avril.Éhoud BARAK ne sera pas député, et il lui faudrait du temps pour revenir sur la scène politique israélienne.

- L’alliance du Parti travailliste d’Amir PEREZ avec Guesher d’Orly LEVY-ABECASSIS, avec 5 sièges, a sauvé les meubles.

Enfin, il convient de relever la non qualification du parti d’extrême droite, Otsma Hayéhudit.

L’alliance « blanc-bleu », « Kakhol-Lavan », des « trois mousquetaires » Benny GANTZ, Yaïr LAPID, Moshé AYALON, et Gaby ASHKENAZY, obtiendrait 32 sièges. Même s’ils sont en retrait de 3 par rapport à avril, ils ont gagné parce que Benjamin NETANYAOU a perdu, et vont constituer le nouveau centre de gravité de la vie politique israélienne.

Les chiffres ne sont pas encore définitifs et peuvent encore évoluer en plus ou en moins d’un siège. Mais, cela ne risque pas de modifier les équilibres, et la recherche d’un gouvernement d’union nationale. Mais auparavant, certains nœuds gordiens devront être tranchés.

LES NŒUDS GORDIENS

La future coalition d’union nationale devrait comprendre des sionistes, et notamment le Likoud, l’alliance « Blanc-Bleu », et l’alliance Parti travailliste et Guesher.

Le premier obstacle est le choix du Premier ministre. Benny GANTZ a répété à plusieurs reprises son refus de siéger avec Benjamin NETANYAOU. Mais que faire si le Likoud arrive en tête ? Si ce n’était pas Benjamin NETANYAOU, il faudrait que le Likoud se choisisse un nouveau président ; cela serait de nature à créer de véritables secousses dans le parti.

Par ailleurs si une rotazia entre Likoud et « Blanc-Bleu » était retenue, comment gérer celle inscrite dans le programme de « Blanc-Bleu », entre Benny GANTZ et Yaïr LAPID ? Cela serait de nature à créer de véritables secousses dans l’alliance.

Si « Blanc-Bleu » arrive en tête, qu’en sera-t-il de la rotazia prévue dans leur engagement de campagne ?

Le second obstacle est celui des partis religieux. Le Likoud tient à leur présence pour préserver son alliance stratégique avec les orthodoxes. Mais Avigdor LIEBERMAN n’en veut pas, et les religieux ne veulent pas de Yaïr LAPID. Qui l’emportera et dans quelles conditions ?

Les futures négociations et marchandages vont être compliqués, et fragiliseront Israël à un moment où sa situation sécuritaire, tant au Nord qu’au Sud, est inquiétante. Cela devrait conduire les responsables à trouver rapidement une solution, et surtout à éviter un troisième tour. Cela ne sera possible que si certains mangent leur chapeau !

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pierre de robion
- 18/09/2019 - 21:55
Sac de noeuds ....
comme aurait dit Balasko
LouisArmandCremet
- 18/09/2019 - 21:47
Confus
Article assez confus.
Il aurait été utile, pour les néophytes, de préciser le nombre total de députés, ainsi que les chiffres concernant les différentes formations entre le précédent scrutin et celui ci.
Dans ce cas un tableau synthétisant les chose est sans doute, le meilleur appuis pour une analyse comme le fait l'auteur de cet article.
Faute de quoi, un lecteur non averti de la politique israélienne, à vite fait de se perdre.