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Mort des idées ?

LR : mais pourquoi les poids lourds du parti considèrent-ils que toute concurrence n’est faite que de guerres des chefs et pas de combats d’idées ?

Publié le 22 juin 2019
Dans un entretien au Figaro, Christian Jacob a déclaré se lancer dans la course à la présidence de LR. Interrogé sur son opposition avec Bruno Retailleau, il a déclaré avoir "acté avec lui le fait qu’il serait suicidaire d’être candidat l’un contre l’autre". Il ajoute "On ne peut pas dire: voilà la ligne, qui m’aime me suive".
Maxime Tandonnet, universitaire, essayiste, auteur de nombreux ouvrages, dont Histoire des Présidents de la République (Perrin 2013 et 2017)
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Dans un entretien au Figaro, Christian Jacob a déclaré se lancer dans la course à la présidence de LR. Interrogé sur son opposition avec Bruno Retailleau, il a déclaré avoir "acté avec lui le fait qu’il serait suicidaire d’être candidat l’un contre l’autre". Il ajoute "On ne peut pas dire: voilà la ligne, qui m’aime me suive".

Atlantico.fr : Comment expliquer que les têtes pensantes du parti persistent à considérer la concurrence comme un combat de personnes et non d'idées ?

Maxime Tandonnet : C’est lié à l’histoire du mouvement qui s’appelle LR aujourd’hui. Le traumatisme issu du combat des chefs est immense. On se souvient des affrontements Chirac/Balladur, Juppé/Séguin, Copé/Fillon, Wauquiez/Pécresse… Il est certain que ces querelles de personnes ont eu pour effet d’affaiblir le mouvement. Sur le long terme, elles ont nui à sa crédibilité dans l’opinion en donnant l’image d’un parti centré sur l’obsession carriériste plutôt que le service de la France. Les primaires de 2016 ont été le paroxysme de cette logique avec la lutte officielle et à ciel ouvert de ses leaders pour la conquête du Graal élyséen.  Il semble que le mouvement ait aujourd’hui la volonté de passer à autre chose et de faire taire les querelles des chefs ou batailles d’ambition. La concurrence des personnes existera toujours, mais de manière plus discrète. Quant à la concurrence des idées, elle n’est pas une fin en soi. Un mouvement politique a pour vocation de concevoir et le cas échéant d’appliquer un projet, un seul projet. Le débat doit exister au sein d’une formation politique mais fondé sur un objectif commun et tourné vers la recherche du consensus : le projet collectif.

Les défaites face à LREM et au RN semblent indiquer une certaine obsolescence du logiciel de la droite. LR peuvent-ils espérer se sortir du marasme dans lequel ils se trouvent sans proposer un projet fondamentalement nouveau ?

Oui, je suis entièrement d’accord avec cette idée. Nous voyons que la politique française glisse de plus en plus dans la personnalisation à outrance des enjeux – la lutte Macron/le Pen –, le grand spectacle romanesque, tel l’affrontement entre le « bien post national » et le « mal populiste », les postures de demi-dieu, la communication, les effets de manche, l’idolâtrie et le culte des chimères. Le mouvement qui s’est baptisé les Républicains doit être fidèle au nom qu’il s’est donné : redécouvrir la République, au sens étymologique, de la Res Publica, la chose publique. Sa mission aujourd’hui est d’arracher la politique à la scène de théâtre et à l’émotionnel pour la réancrer dans le monde des réalités. La politique ne doit plus être une affaire de prosternation, d’amour et de haine envers des demi-dieux, mais d’action au service du bien commun : comment réduire la dette publique, les déficits et la surcharge fiscale, au-delà des effets d’annonce, restaurer l’autorité de l’Etat, la sécurité des biens et des personnes et la maîtrise des frontières, redresser le niveau de l’éducation nationale, s’engager dans la voie d’une réindustrialisation pour combattre le chômage ? Comment redresser l’image de la France en Europe et dans le monde ? Un projet « fondamentalement nouveau » n’est  pas forcément la formule la plus adaptée. La question essentielle n’est pas celle de la nouveauté mais de l’efficacité, de la constance et de la volonté. Et surtout, de la crédibilité : le projet ne doit pas forcément être grandiloquent ni tapageur, mais crédible et réaliste, pour restaurer la confiance. 

La jeune génération des Républicains peut-elle apporter cette nouveauté nécessaire à la renaissance du parti ?

Qu’est-ce que la « jeune génération »? Trentenaires, jeunes quadragénaires ? Il y a chez eux le meilleur comme le pire mais il est difficile de parler d’une nouvelle génération ayant collectivement rompu avec les mauvaises habitudes de jadis. Cette génération là n’est pas exempte de démagogie, de carriérisme et de narcissisme. Le jeunisme fait partie de ces idoles de notre époque qui reflètent la perte du bon sens et de la culture politique. On ne refera pas aux Français le coup du « nouveau monde » ! Non, ce n’est sûrement pas une affaire d’âge, mais de lucidité. Aujourd’hui, et plus encore dans trois ans, les Français, dans leur immense majorité, ne supporteront plus le naufrage narcissique de la politique et le culte de la prétention vaniteuse, de l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par l’extrême centre, qui couvrent les difficultés croissantes et l’affaiblissement de notre pays. Les Français seront, plus encore qu’aujourd’hui, devenu allergiques aux excès de communication et de manipulation. LR parviendra-t-il à offrir une alternative au combat de Titan Le Pen/ Macron ? Oui, à condition de prouver aux Français que le débat d’idées, le service de l’Etat, le projet collectif, l’emportent désormais, au prix d’une révolution copernicienne de la politique, sur toute forme de culte de la personnalité. A cet égard, le choix de M. Christian Jacob pour la présidence de LR, profil d’homme de terrain et d’expérience plutôt que de vedette médiatique,  pourrait être un signal de sagesse. 

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raslacoiffe
- 22/06/2019 - 17:01
Bonne analyse de l'auteur
Dans cette période délicate pour LR, Christian JACOB a sûrement le profil pour recoller ce qui peut encore l'être. Les médias lui reprochent déjà son manque de charisme, mais ils étaient déjà prêts à flinguer toute candidature qui aurait pu émerger avec une ambition paraissant velléitaire au regard du duel déjà choisi par Macron . Retailleau l'a bien compris . La reconstruction passe par une période d'apaisement et de refonte des organigrammes. Souhaitons que Jacob fasse de la place au renouvellement des générations. Il y a un bon cru de jeunes députés LR pour s'engager dans le débat d'idées et les projets. Le choix du chef pour mener bataille viendra en son temps
assougoudrel
- 22/06/2019 - 12:40
Les poids lourds LR font moins
de 3,5 tonnes en ce moment. Dans la tribu, on tue le Sachem, le Chef suprême et on l'a encore vu dernièrement avec Wauquiez; un guerrier et plein de chefs qui ont fait fuir leurs électeurs. Les militaires disent "paumés, mais groupés", ce qui est déjà une bonne chose. Mais, là, c'est "paumés et dispersés" dans la forêt amazonienne. Il n'y a de lourd que leurs conneries et la seule chose qu'ils savent faire comme il faut, c'est bien entretenir la "machine à perdre". Un ramassis d'engagés pour la gamelle (de la noblesse pour eux), ce qui était la plus grande insulte il n'a pas si longtemps encore; une époque oubliée.
ajm
- 22/06/2019 - 12:01
Citoyens girouettes.
Articke un peu optimiste à mon humble avis. Beaucoup de Français restent très manipulables et les plus méfiants en apparence par rapport aux pouvoirs établis ou traditionnels sont ceux qui vont tomber à pieds joints dans les panneaux puérils des nouveaux gourous à la mode dans tous les domaines.
La société Française d'autrefois composée de personnes ancrées dans le réel ( travail manuel sur la terre ou la matière) , qui connaissaient la dureté et le tragique de la vie ( guerres, maladie omniprésente), qui avaient un certain respect pour les cadres établis , églises pour les uns, syndicats et héritage " républicain " pour les autres , respect de la connaissance et des sciences, attachement à la " patrie ", pour la grande majorité, étaient finalement moins malléables que leurs descendants girouettes méfiants envers tout et rien , rétifs aux experts mais incapables pour la plupart de s' investir eux-mêmes pour se faire eux-mêmes une opinion éclairée.