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Changements de plans ?

LR : et rien ne se passa comme prévu pour ceux qui misaient sur une défaite humiliante de Laurent Wauquiez

Publié le 10 mai 2019
Alors que les sondages de l'automne annonçaient une forte défaite pour la ligne de Laurent Wauquiez, la liste menée par François-Xavier Bellamy a gagné entre 6 et 7 points dans les derniers mois et déjoue les pronostics.
David Desgouilles est chroniqueur pour Causeur.fr, au Figaro Vox et auteur de l'ouvrage Le Bruit de la douche aux éditions Michalon (2015).
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Alors que les sondages de l'automne annonçaient une forte défaite pour la ligne de Laurent Wauquiez, la liste menée par François-Xavier Bellamy a gagné entre 6 et 7 points dans les derniers mois et déjoue les pronostics.

Atlantico : Avec des résultats dépassant désormais 14% contre 8% à l’automne, la campagne actuelle semble rebattre les cartes pour le parti de Laurent Wauquiez que nombreux voyait perdre sa légitimité sur l'écueil des européennes. Laurent Wauquiez s'est-il tiré d'affaire ? Jusqu'à quel point ?

David Desgouilles : Laurent Wauquiez tire sa légitimité des militants. Il avait été élu avec 75% des voix au premier tour. Effectivement, avec un score inférieur à 10%, il aurait pu être en danger. Mais avec le score actuel qui oscille entre 14 et 15% selon les instituts de sondage, la situation est bien meilleure pour lui. Il est bien clair que les deux dernières semaines vont être décisives. Je ne les vois pas descendre de beaucoup. En revanche, il serait possible qu’ils poursuivent sur leur montée. Ils peuvent prendre encore 2 ou 3 points. Il n’est pas exclu qu’il y ait un effet de vases communicants entre Bellamy et Loiseau. Les deux candidats convoitent tous les deux entre 3 et 4 points de centre-droit qui sont hésitants et peuvent basculer. Si Bellamy venait à capter une partie de cet électorat, cela signifierait que Bellamy et Loiseau se trouveraient à peu près à égalité entre 18 et 19%. Dans un tel cas, cela affaiblirait énormément Emmanuel Macron d’un côté, et renforcerait Laurent Wauquiez… à moins que cela ne donne trop de pouvoir à une personne telle que François-Xavier Bellamy, et dans un tel cas il aurait créé pour un avenir un peu plus lointain quelque chose comme un concurrent.

Si la droite redevient attractive, quelle capacité de récupération ont des personnalités telles que Valérie Pécresse, Bruno Retailleau ou Xavier Bertrand qui semblent se présenter comme des alternatives à Laurent Wauquiez dans la lutte pour la direction du parti et, à plus long termes, pour les présidentielles ?

Ils ne sont pas tous dans le même cas de figure : Bertrand est en dehors de LR quand Retailleau et Pécresse ont constitué des groupes au sein même de leur parti. Retailleau diffuse l’ancien courant filloniste au sein de son micro-parti Force Républicaine, Valérie Pécresse a son mouvement qui s’appelle Libres. Il faut donc bien séparer Bertrand des deux autres.Il n’aurait certainement pas envie de rentrer dans un jeu de primaires. Il attend son moment et souhaite être le candidat de la droite des provinces, des régions, tout en refaisant le coup de Macron, c’est-à-dire d’une candidature libre à la Ve République, comme le faisait De Gaulle. Pour lui, peut lui importe les rapports de force au sein de son parti. Il a cependant intérêt que LR soit faible, mais point trop - il faut quand même que les gens votent pour lui - car cela rend sa candidature plus aisée. Valérie Pécresse est sur la même ligne que Xavier Bertrand, mais a choisi de rester dans le parti. Dans son cas, il est certain qu’elle attend que Laurent Wauquiez connaisse des défaites. Et si les municipales se passent mal pour LR, ou bien entendu si Laurent Wauquiez ne réussit pas les prochaines régionales, Pécresse sera alors bien entendu en pôle position. Retailleau est dans la même logique, sauf qu’il est nettement plus proche idéologiquement de Wauquiez. Il se positionne cependant plus sur le débat d’idées, ce qui est intéressant, d’autant plus qu’il a une place importante au Sénat. Retailleau tente de parfaire une stature d’homme d’Etat. 

Peut-on encore s’attendre à des primaires, ou la place de président du parti va être tout l’enjeu des deux années qui vont suivre ?

Valérie Pécresse et Bruno Retailleau, ont, du fait de leur positionnement, tout intérêt à ce qu’il y ait des primaires. Mais Laurent Wauquiez ne devrait avoir que peu de difficulté à convaincre son parti que les primaires ont été une catastrophe en 2016 et qu’il ne faut pas renouveler l’expérience en 2022. Pour Pécresse et Retailleau, il va s’agir de convaincre que des primaires sont indispensables, et c’est une tâche qui s’annonce ardue. Il ne faut pas oublier qu’en 2017, aucun candidat issu des primaires n'a accédé au 2e tour. 

A partir de là, c’est le rôle de président du parti qui sera décisive. On devrait avoir une désignation après congrès du parti. Le Congrès de LR sera après les municipales et les régionales, et celui sera élu à ce moment-là aura probablement l’investiture ensuite. 

Les municipales vont-elles donc être stratégiques ?

Ce sont des élections intéressantes pour LR, parti nettement plus installé partout en France que LREM par exemple. Ils sont mieux implantés. Si Laurent Wauquiez réussit à garder quelques villes, notamment Marseille et Nice, et réussit à en gagner quelques-unes sans perdre trop, il serait vraiment en position de force. Marseille est très importante : c’est une ville à droite depuis longtemps et qui va changer de candidat, Gaudin ne briguant pas de nouveau mandat. Si LR gardait la cité phocéenne, ce serait un très bon signe pour Wauquiez. 

Et à Nice ?

La partie va être compliquée, surtout si le match Estrosi-Ciotti a lieu. On voit qu’Estrosi essaye d’éviter cette situation. Après avoir dit pis que pendre à propos de Bellamy il y a trois mois, il a finalement déclaré qu’il soutenait le candidat LR. Ce qui est intéressant parce que LREM sait très bien qu’ils n’ont pas d’alternative à Estrosi : face à Estrosi et Ciotti, ils sont certains de perdre. 

Globalement, ces municipales doivent surtout faire peur à LREM, qui ne bénéficie pas du tout de réseau de la droite. En Marche va avoir du mal à prendre la place de la droite ou de la gauche. Et leur stratégie de tout miser sur les Européennes se retourne contre eux. Le chantage effectué vis-à-vis des maires macron-compatibles tels que Moudenc, Robinet ou Estrosi, afin qu’ils soutiennent leurs candidats, n’a pas tout simplement pas fonctionné. Les stratèges de LREM ont mis dans la balance leur soutien aux européennes contre le soutien des maires en place, un bien mauvais calcul qui a plutôt eu tendance à braquer ces personnalités, qui reviennent peu ou prou dans le bercail LR. Il est certain que la droite va tenter de profiter de cette situation. Et comme LREM n'est pas certain de réellement bénéficier des villes dans lesquelles il est implanté, telle Lyon, le rapport de force pourrait être intéressant pour LR.

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Benvoyons
- 11/05/2019 - 09:42
Bellamy redonne un sens à la Politique
Bellamy n'harangue pas la foule (avec des slogans à l'emporte-pièce), il parle à l'intelligence de chaque personne de la foule.

Enfin un Politique Humain, parlant à des Humains.
Clodo31
- 11/05/2019 - 02:14
Compromis
Pécresse et Bertrand n'ont aucune chance, ils se sont trop compromis. Wauquiez, lui, n'est pas toujours trés clair dans ses discours, seul Retailleau me semble avoir une chance.
hoche38
- 10/05/2019 - 15:30
Ne faudrait-il pas calmer un peu ce jeune homme?
J'ai cru entendre Michel Barnier, candidat pressenti à la présidence de la Commission de Bruxelles, apporter au parti "Les Républicains" un soutien fraternel. Sa politique migratoire et son action comme commissaire au brexit sont exactement celles d'Emmanuel Macron. Mais je sais aussi que l'action de ce parti à Bruxelles n'engage pas à Paris. N'y aurait-il pas déjà chez son candidat, François-Xavier Bellamy, comme l'amorce du commencement du début d'un double langage quand il critique la politique migratoire de notre président ainsi que sa position sur le Brexit? N'est-il pas allé un peu loin? Ne faudrait-il pas calmer un peu ce jeune homme? Emmanuel Macron semble heureusement être un trop fin politique pour s'en offusquer et fermer les voies de la réconciliation et du "vivre ensemble".