En direct
Best of
Best of 15 au 21 juin
En direct
© BERTRAND GUAY / AFP
Eclatement de l'offre politique
58% d’abstention aux Européennes malgré 12 listes en présence : les Français sont-ils des enfants gâtés de la démocratie ou les orphelins d’une vraie-fausse variété de l’offre politique ?
Publié le 15 avril 2019
La profusion d'offres politiques pour les européennes, résultat de la recomposition du paysage politique en 2017, ne semble pas être en mesure de répondre aux attentes des Français.
Chloé Morin est Chargée de projets internationaux chez IPSOS, ancienne conseillère en charge de l'opinion publique au sein du cabinet du Premier ministre Jean-Marc Ayrault puis Manuel Valls, de 2012 à 2016.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Chloé Morin
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Chloé Morin est Chargée de projets internationaux chez IPSOS, ancienne conseillère en charge de l'opinion publique au sein du cabinet du Premier ministre Jean-Marc Ayrault puis Manuel Valls, de 2012 à 2016.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
La profusion d'offres politiques pour les européennes, résultat de la recomposition du paysage politique en 2017, ne semble pas être en mesure de répondre aux attentes des Français.

Atlantico : Avec 15 listes potentielles pour les élections européennes, les Français sont confrontés à un choix politique fortement diversifié, sans que pour autant ne se dessine une forme enthousiasme, d'intérêt, de capacité de former une majorité, ou de consensus derrière l'une ou l'autre formation. Comment expliquer ce paradoxe ?

Chloé Morin : Clairement, loin d’être perçue comme une richesse, la dispersion engendre la confusion. Notons que c’était déjà le cas lors des législatives : il y avait beaucoup de nouveaux candidats, et nombre d’électeurs se disaient désorientés face à un paysage politique en pleine transformation. Les repères d’hier sont effacés, mais le « nouveau monde » organisé autour du clivage ouverts/fermés, progressistes/populistes ne semble pas non plus tout à fait au goût de tous - LREM et le RN, qui incarnent ce clivage, ne rassemblent après tout que44,5% des votes dans notre dernière enquête électorale IPSOS pour Le Monde et le CEVIPOF...
Cette dispersion joue clairement en faveur des forces établies, installée dans le paysage, dont le positionnement global paraît clair. LREM, perçu comme clairement pro-européen quitte à être trop associé au « statu quo ». Le RN, clairement anti-européen. Et entre ces deux pôles, une fragmentation et une confusion incroyables. Le débat du 12 sur France 2 illustrait parfaitement cette impression de cacophonie...
Les forces nouvelles, comme Générations, ou en cours de transformation et de reconfiguration idéologique, comme LR ou le PS, pâtissent de cette situation. Les électeurs ne perçoivent pas - encore?- quelle est leur offre politique. Reste à savoir si certains parviendront, à la faveur de la campagne, à percer le voile de la confusion et amorcer une dynamique. Car à ce stade, ce qui est frappant, c’est qu’il n’y a aucune réelle dynamique dans cette campagne.

Quelles sont les racines de cette divergence apparente entre l'offre politique proposée aux Français et la demande des citoyens ? 

Ce n’est pas parce qu’une déception est majoritaire qu’elle se transforme nécessairement en offre politique alternative cohérente. A ce stade, et c’est un immense avantage stratégique pour Emmanuel Macron depuis mai 2017, notre paysage politique compte un front d’opposition extrêmement fragmenté. 
Une majorité de Français, installés dans le rejet du pouvoir, semblent désormais savoir ce dont ils ne veulent plus, mais n’ont pas pour autant trouvé leur bonheur dans l’offre des oppositions actuelles. 
Et c’est compréhensible :
- Il y a, à gauche de LREM, trois forces politiques dont les électeurs sont extrêmement proches sur le plan des valeurs, qui pourraient ensemble prétendre à la 3e place de cette élection, et dont on peine à comprendre le sens de leurs divisions.
- A droite, LR a joué la carte du renouveau avec Bellamy, et son entrée en campagne est assez intéressante, en tout cas moins décevante que les commentateurs avaient initialement voulu le croire. Mais Les Républicains peinent encore à justifier leur utilité par rapport à un Président largement perçu comme menant une politique de droite, qui plus est plus courageuse que celle menée par la droite elle-même lorsqu’elle a exercé le pouvoir…
 
Si l’on prend le problème non pas à partir de l’offre politique, mais à partir de la demande des électeurs, il existe là encore des lignes de faille qui expliquent la dispersion et donc la paralysie des fronts d’opposition. Le clivage entre la France « ouverte », optimiste, incluse, et celle qui craint la mondialisation, le déclin collectif et le déclassement individuel, a pris le dessus, mais il n’a pas effacé les multiples autres lignes de fracture qui divisent le pays. Ces fossés qui se creusent sans cesse compliquent d’autant plus la constitution d’une offre politique alternative à celle du pouvoir et à vocation majoritaire. 
Ajoutons à cela que pour construire une dynamique politique, ce qui fonctionne le mieux dans le paysage actuel c’est le clash, l’affrontement, la désignation d’ennemis, de boucs émissaires… autant d’attitudes qui créent davantage encore de tension et de divisions, et n’incitent pas au compromis et à la réconciliation...

Cette situation est-elle une particularité française ?

Si par « situation » vous entendez une reconfiguration profonde des clivages et donc du paysage politique, alors non, la situation Française n’est pas nouvelle. L’effondrement du « vieux monde » nous a sans doute paru extrêmement soudain, mais les plaques tectoniques sur lesquelles reposaient nos clivages partisans étaient en réalité en mouvement depuis longtemps. Et les mêmes mouvements sont à l’oeuvre ailleurs en Europe : montée de l’insécurité culturelle en Europe, sur fond de peur de l’immigration et du terrorisme, rejet du « système » politique et des élites, sentiment que les règles du jeu sont faussées en faveur des puissants, crainte du déclassement collectif et individuel, transformation de la composition ethnique de nos sociétés (la « diversité » est devenue une réalité)… autant de tendances de fond, que l’on retrouve aux Etats Unis, comme dans la plupart des pays Européens, et auxquelles les partis de gouvernement, souvent issus d’une longue histoire et focalisés sur la préservation du statu-quo, n’ont pas su adapter leur offre idéologique. 
Dès lors que nos sociétés ont changé, de nouvelles offres fleurissent partout, et les offres politiques obsolètes meurent à petit feu ou sont appelées à se transformer radicalement. Un tel processus paraît tout à fait normal, même s’il engendre une grande confusion. Reste à savoir combien de temps cette forme de transition démocratique et idéologique durera…
 
J’ajoute que les Gilets jaunes sont sans doute l’expression de l'insatisfaction d’une partie du pays face à l’offre politique actuelle, et de l’incapacité des partis politiques institutionnalisés à capter les aspirations et y apporter des réponses. De ce point de vue, le cas Français est en effet assez unique : nulle part ailleurs - dans des pays à niveau de développement et modèle démocratique comparable - on n’a vu le débat démocratique sortir de sont lit naturel aussi brutalement, pour inonder les rues. Le parallèle avec le mouvement 5 étoiles est d’ailleurs assez limité, car celui-ci avait su s’institutionnaliser, ce que les Gilets jaunes ne veulent ou ne parviennent à ce stade pas à faire. 
Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
A la recherche des Gilets jaunes disparus
02.
Taxe d’habitation : les Français organisent leur propre malheur immobilier
03.
Vent de sécularisation sur le monde arabe ? Ces pays qui commencent à se détourner de la religion
04.
Renault-Nissan-Fiat Chrysler : le mariage à trois est possible à condition d’éviter trois enterrements
05.
Quand la SNCF se laisse déborder par ses contrôleurs
06.
Il y a une grande différence entre l’hygiène et la propreté lorsque vous faites le ménage chez vous et voilà laquelle
07.
Kim Kardashian provoque la colère des Japonais avec le lancement d'une ligne de sous-vêtements, Kimono Intimates
01.
Un sondage bénéfique pour Dominique de Villepin?
01.
Retour des moustiques tigre : voilà comment s'en protéger efficacement cet été
02.
A la recherche des Gilets jaunes disparus
03.
Taxe d’habitation : les Français organisent leur propre malheur immobilier
04.
Pourquoi les Francs-maçons ne sont certainement pas les héritiers des constructeurs de cathédrale qu’ils disent être
05.
L'homme qui combat la bien-pensance pour sauver le monde agricole
06.
Meghan & Harry : all is not well in paradise; Mariage sous couvre-feu pour Laura Smet; Laeticia Hallyday, délaissée ou entourée par ses amis ? Voici & Closer ne sont pas d’accord; Taylor Swift & Katy Perry se câlinent vêtues d’un burger frites de la paix
01.
PMA et filiation : ces difficultés humaines prévisibles que le gouvernement écarte bien rapidement
02.
Mieux que Jeanne d'Arc : Greta Thunberg voit le CO² à l'œil nu !
03.
Amin Maalouf et Boualem Sansal, deux lanceurs d'alerte que personne n'écoute. Est-ce parce qu'ils sont arabes ?
04.
L'Ordre des médecins autorise Jérôme Cahuzac à exercer la médecine générale en Corse
05.
Ce piège dans lequel tombe le gouvernement en introduisant le concept d’islamophobie dans le proposition de loi Avia sur la lutte contre les contenus haineux
06.
Canicule : y’a-t-il encore un adulte dans l’avion ?
Commentaires (3)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
lasenorita
- 15/04/2019 - 11:32
Moi,je voterai...
pour ''faire barrage'' aux immigrationnistes (les gauchistes et les macronnistes) Je voterai pour le candidat qui promet de STOPPER l'immigration musulmane! Ceux qui ne voteront pas ne devront pas se plaindre ensuite si des BARBARES musulmans égorgent et violent leur femmes et leurs filles, vendent de la drogue à leurs enfants,etc..etc...Beaucoup de Français qui n'ont pas voté aux ''présidentielles'', se plaignent, maintenant, du gouvernement de Macron! Je fais partie de ''la majorité silencieuse'', des ''Français moyens'' qui en ont MARRE de se faire plumer par les islamo-collabos qui nous gouvernent et qui n'assurent pas la ''sécurité'' des Français! Le devoir numéro 1 d'un Etat est d'assurer la sécurité des biens et des personnes.. or, Macron me pique des sous pour les donner aux terroristes qui nous envahissent (et qui m'ont chassée de mon pays natal) au lieu de RENVOYER les délinquants ''étrangers'' dans ''leur'' pays!
henri beauclerc
- 15/04/2019 - 11:29
A quoi bon aller voter pour les élections européennes ?
Pourquoi donc aller voter pour les élections européennes ? L'Union Européenne est un dévoiement du projet européen dont la majorité des Français ne veut plus. Ils savent depuis le référendum bafoué de 2005 que cette "construction" supra-étatique est totalement verrouillée pour échapper aux tentations démocratiques et au contrôle des peuples. Il n'y a aucune possibilité d'évolution interne de l'UE et les britanniques l'ont bien compris. La solution passe par les élections internes à la France et l'émergence d'une politique de sortie de l'UE et de l'€.
FREXIT vite !
J'accuse
- 15/04/2019 - 09:34
Mascarade
Tous les candidats veulent la même chose: qu'ils vivent confortablement de nos impôts en nous imposant leurs visions.
Ils proposent des programmes différents, mais ce ne sont que des illusions de démocratie, des leurres pour piéger les citoyens.
La politique de l'UE ne changera pas d'un iota, quels que soient les résultats. Et tout le monde le sait.