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Pourquoi le rebond de la croissance prévu par l’INSEE et la Banque de France risque de ne pas faire long-feu
Publié le 12 février 2019
La Banque de France prévoit seulement 0,4% de croissance au premier trimestre 2019.
Philippe Waechter est directeur des études économiques chez Natixis Asset Management.Ses thèmes de prédilection sont l'analyse du cycle économique, le comportement des banques centrales, l'emploi, et le marché des changes et des flux internationaux de...
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La Banque de France prévoit seulement 0,4% de croissance au premier trimestre 2019.

Atlantico : La Banque de France, tout comme l'INSEE, anticipent une croissance de 0.4% pour ce 1er trimestre 2019. Comment expliquer un tel chiffre alors que les premiers relevés du niveau d'activité en France, les PMI par exemple, étaient pour le moins fragiles ?

Philippe Waechter : La contradiction n'est qu'apparente. Les entreprises sont inquiètes mais à court terme de nombreux éléments plaident pour un rebond de la consommation des ménages. Celle-ci avait été médiocre au cours du dernier trimestre 2018 pour des raisons non directement économiques. Les ménages bénéficiaient pourtant au mois d'octobre de la baisse complète des charges qui avait débuté en janvier. Ils disposaient ainsi d'une hausse significative de pouvoir d'achat qui n'a pas alors été exploitée. Au cours du premier trimestre 2019, on pourra ajouter à cela les mesures d'aides présentées par le président Macron le 10 décembre dernier comme la hausse de la prime d'activité ou les primes versées. En outre, le ralentissement de l'inflation, en raison de la baisse du prix du pétrole, aura aussi un effet favorable sur le pouvoir d'achat.

Pour l'ensemble de ces éléments, la consommation devrait être robuste sur les premiers mois de l'année et tirer le chiffre de croissance à la hausse.

L'incertitude viendra principalement des entreprises. Au dernier trimestre 2018, leurs investissements ont franchement ralenti en raison d'un environnement global peu porteur et parce que l'incertitude sur la situation française était élevée. L'incertitude internationale n'est pas levée et c'est ce que signalent les différentes enquêtes évoquées dans la question. Les incertitudes sociales devraient aussi inciter les entreprises à sursoir leurs dépenses en capital.

Le commerce mondial restera déprimé, les signaux ne suggèrent pas de retournement rapide.

Dès lors le chiffre de 0.4% n'est pas excessif et repose principalement sur le rebond de la consommation

Cette allure de croissance peut-elle durer au cours des prochains trimestres ? 

C'est la grande question. Il n'y aura pas d'impulsion en provenance des partenaires économiques de la France. La dynamique industrielle de l'Allemagne s'est dégradée très vite ces derniers mois et va être pénalisante. L'Italie est en récession et ne va pas en sortir rapidement. Le Royaume uni entre dans la zone de turbulence associée au Brexit. Les gains d'exportations liés à de grosses livraisons de matériels de transports ne se renouvelleront pas et de ce fait le commerce extérieur français risque de retrouver une contribution négative. Cela apparait d'autant plus probable que la demande domestique française, via la consommation et les mesures évoquées plus haut, sera en opposition de cycle par rapport à nos voisins. Cela devrait favoriser les importations et renforcer la contribution négative du commerce extérieur. En outre, en raison des premiers effets des mesures Trump sur le commerce mondial (et asiatique en particulier) on ne peut pas spontanément attendre là aussi un changement de tendance rapide. Le risque est plutôt celui d'un ralentissement supplémentaire des échanges qui pénaliserait tout le monde.

La grande inconnue sera l'investissement des entreprises. Celui-ci dépend toujours et d'abord de la demande anticipée (effet dit d'accélérateur) et ne se réalise complètement que si les conditions financières le permettent. La demande globale adressée aux entreprises va se maintenir à un niveau bas. Les entreprises ne devraient donc pas se précipiter pour accroître leurs dépenses en capital même si les conditions financières sont très favorables. En effet, le double effet CICE-baisse de charges va doper le taux de marge des entreprises. Celui ci reviendra, en 2019, à un niveau très proche de ses plus hauts historiques. Sera-ce suffisant pour créer un boom de l'investissement ? Les entreprises semblent y croire comme le montre l'enquête sur l'investissement dans l'industrie de janvier. Les dépenses des entreprises devraient augmenter de 10% en 2019 après avoir été stables en 2018. Le détail de l'enquête suggère une forte hausse de la demande interne et externe, ce qui me parait être très excessif.

J'ai du mal à anticiper une reprise de l'investissement si la croissance et l'environnement économique sont peu dynamiques. En effet, si la situation reste incertaine, la hausse des dépenses en capital ne sera pas efficace et c'est pour cela que le chef d'entreprise préfèrera reporter ses dépenses en capital.

En d'autres termes, le chiffre de croissance sera plus proche de 0.3% que de 0.4% dans les prochains mois.

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REAGAN
- 14/02/2019 - 11:00
BREXIT
L Allemagne va avoir une croissance en 2018 de 1.1% et pas mieux en 2019 la France ment sur les chiffres et le 1.7% 2019 finira comme d habitude a moins de 1% et pendant ce temps la il y a une catastrophe économique ( dixit les économistes) en Grande Bretagne avec 1.4% de croissance en 2018 et un taux de chômage de moins de 4% alors heureusement qu il y a l effet Brexit sinon ils seraient a 6% de croissance et a 0% de chomeurs
Sidewinder
- 13/02/2019 - 02:52
Confiance
La croissance économique a bien de nombreux paramètres, mais l'un des principaux est la confiance. Je ne sais pas la mesurer, donc je ne ferais pas de pronostic, mais la situation dans laquelle les Français sont me fais douter d'une rage de dépenses. Que les Français usent un peu de leur pouvoir d'achat, certes, mais de-là à parler de relance...
Olivier62
- 12/02/2019 - 12:19
M. Macron à l'oeuvre
"le ralentissement de l'inflation, en raison de la baisse du prix du pétrole, aura aussi un effet favorable sur le pouvoir d'achat" Amusant, quand on sait comment sont calculées les statistiques de l'inflation. Quant à parler de croissance avec un 0,3% (soit 1,2% en rythme annuel) c'est surréaliste, car cela équivaut techniquement à une stagnation voire à une récession ! Et cela sur des chiffres déjà "optimisés". Bref, le petit génie que les français ont élu en 2017 a comme des ratés. Mais il est plus facile de parader en manches de chemises devant un parterre de maires à moitié endormis que de redresser réellement l'économie française.