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© ERIC FEFERBERG / AFP
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Pour Emmanuel Macron, la fin de campagne va être très compliquée. Et pour cause, les faiblesses ressortent. Les fragilités, le stress et le désordre peuvent tout changer.

Publié le 03 avril 2017
Emmanuel Macron, grand favori de la campagne présidentielle, parait de plus en plus paralysé par le succès. Par peur de déplaire, il s’est mis en roue libre.
Jean-Marc Sylvestre
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Emmanuel Macron, grand favori de la campagne présidentielle, parait de plus en plus paralysé par le succès. Par peur de déplaire, il s’est mis en roue libre.

La fin de campagne présidentielle va lui sembler bien longue. Confortablement et largement installé en tête des sondages, l'équipe de campagne d’Emmanuel Macron parait tétanisée à l'idée de dérégler le système qui a propulsé le candidat aux portes de l’Elysée avec un packaging ni de droite, ni de gauche, et qui se retrouve ciblé par tous les autres. Dans ce cas-là, les conseillers d’Emmanuel Macron préfèrent faire l'autruche et se taire plutôt que de prendre le risque de déplaire à une partie de l’électorat.

La situation est, selon les sondages, très confortable puisque tous les instituts le mettent très en avance, même devant Marine Le Pen, sans aucun problème pour accéder au deuxième tour et gagner la finale.

Seulement, les sondeurs nous disent aussi que la perspective d’abstention est importante et que le nombre d’électeurs, qui ne sont pas définitivement fixés sur leur vote, est énorme chez Emmanuel Macron et chez Marine Le Pen. Près de 30% des électorats sont volatiles. Ils peuvent donc changer d‘orientation d’ici au scrutin.

Ce qui n’est pas le cas chez François Fillon, Benoit Hamon ou Jean-Luc Mélenchon, qui restera, lui, comme un formidable performeur quelque soit son résultat final.

Par ailleurs, la société canadienne Filteris, qui analyse la web réputation à partir de tout ce qui se passe sur le web, n’a pas les mêmes perspectives que les sondeurs. Filteris donnait samedi Marine Le Pen en tête avec 23,56% des intentions de vote, mais mettait François Fillon en deuxième position avec 22,44% devant Emmanuel Macron qui stagne à 21,24%, en nette baisse.

Alors, le petit monde des sondeurs ne ménage pas ses critiques à l’encontre de Filteris qui ne travaille pas sur échantillon (c’est vrai), mais qui travaille sur tout ce qui apparait sur le net.

Filteris récupère des tonnes de data, les traite avec un algorithme, et sort un indice de probabilité sur la réputation de tel ou tel candidat. Avec cet indice et son évolution, les ingénieurs de Filteris fabriquent une prédiction de résultats. Ça n‘est pas un état de la situation actuelle, c’est une prédiction de résultats.

Comme Filteris ne s‘est pas beaucoup trompé jusqu'à maintenant, tout le monde les critique mais tout le monde les regarde. Ils avaient prévu et annoncé très longtemps à l’avance la victoire de Justin Trudeau, celle du Brexit, celle de Donald Trump, mais aussi la victoire de François Fillon au primaire, alors que personne ne le voyait placé. Par ailleurs, Filteris travaille sur beaucoup de marques commerciales dans le monde et dans le business; mieux vaut ne pas raconter d’histoires si on veut gagner des clients. Filteris s’est invité dans la campagne présidentielle française, au service d’un candidat, Francois Fillon et d’une organisation patronale, mais Filteris travaille surtout à la demande de deux multinationales de grande consommation qui voudraient bien anticiper les résultats.

En bref, le travail de cet algorithme qui avait vu la montée en puissance de l’étoile Macron révèle aussi ses fragilités et ses faiblesses dans la course à la présidentielle maintenant qu’on arrive dans la dernière ligne droite.

re faiblesse dans l’équation Macron : sa proximité avec le régime sortant. Le ralliement de Manuel Valls est considéré comme un marqueur de rapprochement avec la gauche et de filiation avec le quinquennat de François Hollande. Cette proximité est de nature à éloigner tout ceux qui pensaient que Macron serait le candidat de la rupture sociale-liberale. Ce marquage à gauche amène les équipes de Macron à rappeler les ralliements de personnalités de droite, en attendant d’autres apports tel que celui de Jean-Louis Borloo, plus que probable. Tout cela est très intéressant, mais ça fait désordre et manque de rigueur. La question que beaucoup se posent : pourquoi et pour aller où ?   

2ème faiblesse dans la candidature de Macron : la légèreté du programme. Emmanuel Macron a construit sa crédibilité de départ sur un diagnostic fort de la société française. Une société fermée, enquillée dans son modèle, ses corporatismes, repliée sur elle-même, tentée par le protectionnisme, inquiète de la mondialisation et allergique aux innovations. Ce diagnostic est partagé par une grande partie de l’opinion, y compris par d’autres candidats, François Fillon en tête. La faiblesse de Macron est que ce diagnostic n’a pas accouché d’une stratégie de réformes qui auraient répondu au problème. Donc, on a l’impression que le candidat d’ "En marche!" tourne en rond autour de ce diagnostic comme d’autres se regardent le nombril.

3ème faiblesse : l’absence de majorité pour appliquer un programme de réformes fortes. Alors, la dynamique présidentielle, ajoutée à l’expérience des députés du Modem ou de l’UDI, vont lui permettre de gagner des sièges de députés mais surement pas assez pour fabriquer une majorité cohérente et homogène. Il lui faudra signer des accords de gouvernement ou même cohabiter. Avec qui ? Sans doute avec Manuel Valls ou avec les députes Républicains.

4ème sujet d’inquiétude : on craint chez Macron l’accident de parcours. La révélation d’un fait concernant sa vie, son œuvre qui viendrait polluer l’image de premier de la classe qu’il s’est forgée. Les articles biographiques, les portraits qui sont faits de lui, les livres qui sortent comme celui d’Anne Fulda, sont loin d’être élogieux. Ils donnent une autre image que celle du bon élève, bienveillant et propre sur lui.

Plus on va avancer vers le premier tour, plus Emmanuel Macron va être attaqué sur tous les fronts. On l’a bien vu ce week-end. Sa capacité à répondre aux critiques s’est limitée jusqu'alors à manier avec talent, l’humour et la désinvolture . Ceci dit, il n’a jamais affronté une véritable épreuve. Il a été jusqu'à maintenant très protégé.

Ce qui est intéressant dans cette problématique est que chaque fois que Macron va recevoir un coup, une partie de ceux qui voulaient voter pour lui vont s’envoler et revenir sans doute chez Fillon. Tout comme certains de ceux qui hésitent à voter Marine le Pen.

En fait, ce qui guette Emmanuel Macron, c’est d’être touché par le syndrome Juppé lors du premier tour de la primaire de droite, ou encore le syndrome Balladur quand il s’était présenté à l’élection présidentielle contre Jacques Chirac. Alain Juppé était donné largement en tête de la primaire. Balladur était donné grand vainqueur de la droite. Pour l’un comme pour l’autre, les sondages se sont lourdement trompés. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Commentaires (26)
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Ex abrupto
- 06/04/2017 - 16:26
VOTEZ FILLON
Votez Fillon sacré bon sang......
LICOT
- 05/04/2017 - 17:00
oui
voter Le Pen ,nous sommes sur qu'elle ne passera pas le deuxième tour! voter Fillon peut, lors de débats faire la différence avec Macron tant il connait ce qu'est de gouverner ,et les dossiers ,c'est la seule chance pour que la droite fasse barrage à la gauche! le contraire ne suffira pas ! et après ce débat j'ai trouvé MLP plus dans le discourt de gauche que de droite !! elle recule sur la sortie de l'euro ,bref hier son discourt a quelque peu penché à gauche !! elle c'est attaquée a Fillon pour prendre ses électeurs , ainsi que NDA voilà son programme elle contribue à faire passer la gauche !
Jean-Benoist
- 04/04/2017 - 23:45
Ecoutez le mea coulpa de Eric Brunet
Sur le net...
Enfin il se rend compte de la suffisance de ce candidat, porté par Attali, Hollande, Jouyet, Drahi, Bergé. .
Ce sera une marionnette qui detruira toutes les valeurs de ce qui a fait notre pays...