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© JOEL SAGET / AFP
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Retour de flamme

De quoi le fillonisme est-il le nom ?

Publié le 13 janvier 2017
Libéraliste, Gaulliste, souverainiste ou encore Séguiniste... beaucoup de qualificatifs sont utilisés pour décrire François Fillon. Mais à quoi correspondent-ils vraiment ? En voici la réponse.
Jérôme Fourquet
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Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.
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Libéraliste, Gaulliste, souverainiste ou encore Séguiniste... beaucoup de qualificatifs sont utilisés pour décrire François Fillon. Mais à quoi correspondent-ils vraiment ? En voici la réponse.

Alors que de premières interrogations se font jour sur la ligne que va suivre François Fillon durant la présidentielle et que ses soutiens récents l’enjoignent d’édulcorer son programme quand ses proches et lui-même semblent vouloir tenir sur le cap qui a été tracé durant les primaires,  il n’est pas inutile de tenter d’esquisser une définition de ce qu’est le fillonisme et d’identifier à quel(s )héritage(s) politique(s) il renvoie. Marcel Gauchet, interviewé dans Le Monde déclarait « En François Fillon, la droite française retrouve le sillon gaulliste, dans une version actualisée, avec son mélange de modernisme et d’ancrage traditionnel. [ ] Le gaullisme n’est pas une doctrine mais une inspiration. On pourrait la définir : un pragmatisme au service du patriotisme, dans sa double dimension de priorité de l’intérêt national et d’autorité de l’Etat qui en est l’instrument. [  ] On prend l’économie telle qu’elle est. Mais ce qui est frappant dans le discours de Fillon, c’est la subordination de la technique économique à un dessein politique. C’est le « redressement » du pays qui commande de s’en remettre aux recettes libérales »¹.

François Fillon assume de fait son programme de rupture libérale en le légitimant par le fait qu’en tant que gaulliste et séguiniste, il est attaché plus que tout à la souveraineté de notre pays mais que pour en assurer l’indépendance il faut en passer par cette politique de réformes indispensables. Le député de Paris a ainsi su mêler l’héritage gaulliste et la revendication de davantage de liberté, portée par une autre sensibilité historique de la droite française. Il déclarait notamment dans son discours de Sablé-sur-Sarthe du 28 août 2016 : « Je suis allé à la rencontre des agriculteurs, des médecins, des infirmières, des travailleurs sociaux, des artisans, des commerçants, des policiers et des gendarmes, des maires, des entrepreneurs et des enseignants. Tous m’ont dit à leur manière la même chose : Que l’Etat arrête de nous emmerder ! Laissez-nous travailler ! Faites-nous confiance ! Libérez-nous des normes inutiles, des charges exorbitantes, des impôts confiscatoires, des réglementations absurdes ! ». On retrouve également cette ode à la liberté et à la valorisation de l’initiative individuelle dans la définition qu’Henri de Castries donne du succès de son ami : « Ma compréhension des deux tours de la primaire, c’est la mobilisation de tous ceux à qui on a voulu pendant des années donner mauvaise conscience, à qui on a voulu faire croire qu’ils étaient coupables. Ceux-là ont en eu marre. Marre qu’on leur fasse la morale, marre qu’on les prive de leur liberté d’agir »². Mais l’ancien patron d’Axa ajoute une dimension complémentaire, et selon nous déterminante dans le succès de François Fillon : la volonté partagée par une grande majorité du peuple de droite de rompre avec le politiquement correct et avec une forme de repentance et le souhait de pouvoir revendiquer fièrement ses valeurs mais aussi son histoire.  

Ce rejet s’exprimant dans l’électorat de droite face à ce qui est perçu comme une mise en accusation par la «bien-pensance » de gauche de la France pour certaines pages de son histoire, François Fillon l’a totalement intégré et l’a aussi exprimé avec force durant sa campagne comme en témoigne par exemple cette réponse, lors d’une émission de France2, à une interpellation du syndicaliste guadeloupéen Elie Domota à propos de l’esclavage : « Je n’accepte pas qu’on fasse porter à notre pays cette responsabilité. Je ne l’accepte pas. Quand je me retourne derrière moi, je suis français, je vois des générations de paysans basques et vendéens qui n’ont pas à faire repentance pour des faits correspondant à des situations dans des sociétés données». Cette sortie est intéressante car on voit poindre ici, comme dans d’autres déclarations, une condamnation de cette repentance, condamnation qui débouche ensuite sur une valorisation du roman national puis sur une remise en cause du pédagogisme et des ravages de l’idéologie soixante-huitarde, credo que Nicolas Sarkozy, avait, avec un certain succès, placé en bonne place dans sa campagne de l’entre-deux tours de la présidentielle de 2012. La matrice du fillonisme intègre donc la filiation gaulliste, la fibre libérale mais aussi les éléments de ce que l’on pourrait appeler une révolution conservatrice, qui vise à redonner à la droite la fierté de ses valeurs et qui prendrait la forme d’une revanche sur la domination idéologique de la gauche depuis les années 70. Ce faisant, François Fillon développe une conception toute barrésienne de l’histoire et de l’identité nationale accordant la part belle aux paysans, à la notion d’enracinement et reprenant la thématique de « la terre et des morts », faisant de chaque Français le détenteur d’un héritage légué par les générations qui l’ont précédé et dont il doit être fier et qu’il doit à son tour transmettre³. Cette inspiration barrésienne s’exprime très clairement dans cet extrait de son discours d’entre deux tours prononcé le 23 novembre à Chassieu dans le Rhône : «Nous sommes les héritiers d’une nation bâtie par des femmes et des hommes qui ont travaillé sans relâche et tout nous commande de faire au moins aussi bien qu’eux. Cette nation de paysans, de châteaux et de sans-culottes. Cette nation fille de la chrétienté et fille de l’esprit des Lumières [ ] Nous avons 2000 ans d’épopée derrière nous et nous allons faire en sorte que cette épopée ne s’arrête pas maintenant ».

Or selon François Fillon, cette identité et cet héritage seraient aujourd’hui menacés de dislocation notamment par « les provocations des salafistes et des Frères musulmans qui n’ont d’autres objectifs que de détruire l’unité nationale sans laquelle la France n’existe pas, ne compte pas ». Face à cette menace, il précise alors qu’il veut « imposer aux musulmans de France les règles communes qu’ont acceptées, souvent après de longs combats, les chrétiens et les juifs. Ce n’est pas une option. C’est une condition non négociable. C’est la condition de leur acceptation au sein de la communauté nationale⁴ ».  L’affirmation des racines voire de l’identité chrétienne de la France associée à un plaidoyer pour une politique d’assimilation stricte constitue avec les influences précédemment citées un autre fragment de l’ADN du fillonisme. Cette dimension est selon nous déterminante car, d’une part, c’est à partir du moment où François Fillon l’a mise au cœur de sa campagne (après la sortie de son livre Vaincre le totalitarisme islamique et lors du second débat télévisé) que la dynamique électorale s’est enclenchée. D’autre part, ce mantra sur l’assimilation lui a permis d’opérer la jonction entre la droite catholique conservatrice, très déstabilisée par la question de la place prise par l’islam dans notre société, et une « droite nationale », déjà travaillée de longue date par cette question. Nous montrons ainsi par exemple avec Hervé Le Bras, dans Primaire de la droite : la guerre des Trois, essai publié prochainement par la Fondation Jean Jaurès, que François Fillon a devancé au premier tour Nicolas Sarkozy auprès des sympathisants frontistes ayant voté à la primaire et qu’il a viré en tête dans la quasi-totalité des villes aujourd’hui dirigées par le FN.  

Enfin, si la dimension économique et sociale a bien été abordée dans l’entre-deux tours des primaires avec notamment une passe d’armes avec Alain Juppé sur l’ampleur des réformes libérales à mener et sur l’avenir de notre protection sociale, ce n’est pas, pour reprendre la grille de lecture de Gilles Finchelstein⁵, la question de l’égalité mais bien celle de l’identité, qui a structuré le débat au second tour et conditionné le rapport de forces final de la primaire. La répartition manichéenne des voix des différents segments électoraux entre les deux candidats⁶et la très forte polarisation des électorats confessionnels en sont autant de preuves. Même si la campagne électorale conduira fatalement à certains ajustements, cela a déjà commencé sur la Sécurité sociale par exemple, on peut penser que ces éléments constitutifs de la matrice fillonienne demeureront très présents et structureront la campagne que le candidat de la droite mènera. Le fait qu’il ait choisi les Alpes-Maritimes pour relancer sa campagne en faisant des propositions musclées sur le thème de l’immigration semble d’ores et déjà le confirmer.

¹In Le Monde 30/11/2016.

²In Le Figaro 08/12/2016.

³Alain Finkielkraut y voyant un ressort majeur de son succès : « A « l’identité heureuse », François Fillon a opposé le droit à la continuité historique et c’est l’une des principales raisons de sa victoire ».

⁴Discours de Sablé-sur-Sarthe du 28 août 2016.

⁵Cf Piège d’identité. Réflexions (inquiètes) sur la gauche, la droite et la démocratie. Fayard 2016

⁶Le maire de Bordeaux obtient 83% des voix des électeurs de gauche ayant voté au second tour de la primaire et 66% de ceux du centre, quand à l’inverse, François Fillon rassemble 75% des électeurs de la primaire se disant proches des Républicains et 84% de ceux du FN.

 

 

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Commentaires (19)
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edac44
- 13/01/2017 - 11:20
Fillon se cire lui-même les pompes !...
Fillon, une âme de petit notaire de province, paillasson de Nicolas Sarkosy pendant cinq ans, est le seul homme politique français encore vivant depuis le décès de Philippe Séguin, à pouvoir se cirer lui-même les pompes, juste en fronçant les sourcils !... comme le dromadaire, il est le seul à pouvoir avancer dans une tempête de sable les yeux grands ouverts !... seule différence avec l'animal : un dromadaire, même dans le désert, sait toujours où il va !...
vangog
- 13/01/2017 - 01:50
@Liberte5 si le programme de Fillon est si bon...
pourquoi ne l'a-t-il pas appliqué, lorsqu'il état premier ministre? Ah oui! C'est vrai...parceque Sarko-le-tricheur ne voulait pas! Mais alors, pourquoi Fillon n'a-t-il pas démissionné? Ah oui! C'est vrai...parceque Fillon ne voulait pas! Un peu con-con de perdre cinq ans, quand même, non? Qui nous dit qu'il n'en perdra pas encore cinq?...
Texas
- 12/01/2017 - 20:21
Du Blairisme ( de Tony Blair )
C' est ce qu' il vient d' affirmer . Comme ça c' est plus clair .