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© Capture d'écran Youtube
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THE DAILY BEAST

La malédiction des fleurs de pavot : mais pourquoi ce tableau de Van Gogh est-il volé régulièrement ?

Publié le 01 janvier 2017
Un musée égyptien a subi l'ignominie de voir une toile de Vincent Van Gogh volée non pas une, mais deux fois. Les "Fleurs de pavot" (1887) restent encore introuvables à ce jour.
Allison McNearney
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Allison McNearney est journaliste pour The Daily Beast.
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Un musée égyptien a subi l'ignominie de voir une toile de Vincent Van Gogh volée non pas une, mais deux fois. Les "Fleurs de pavot" (1887) restent encore introuvables à ce jour.

Copyright The Daily Beast - Par Allison McNearney

 

Depuis sa mort il y a plus d'un siècle, Vincent Van Gogh est devenu l'archétype de l'artiste maudit. Sa vie fut tourmentée et tragique, la maladie mentale et l’angoisse le menèrent à une crise de folie désormais célèbre : se couper l'oreille et l'envoyer en cadeau à une dame (mal)chanceuse.

Ces tourments ont aussi nourri son immense talent artistique. “Plus je deviens dissipé, malade, une cruche cassée, et plus je deviens un artiste créatif dans cette période de grande renaissance de l'art," écrivait-il à son frère Théo.  Mais après sa mort à 37 ans (suicide ou meurtre, la question est toujours en suspens et le pistolet utilisé est toujours resté introuvable), son génie a finalement commencé à recevoir la reconnaissance qu'il méritait. Bientôt, ce fut au tour des presque neuf cent toiles qu'il a peintes au cours de sa vie de recevoir cette reconnaissance (un tour de force époustouflant étant donné qu'il commença à peindre à l'âge de 27 ans). 

Ses œuvres ont été honorées par le son du marteau des salles de vente aux enchères, scellant des prix atteignant des dizaines de millions de dollars.  Reste que certaines choses sont trop convoitées. Au lieu de mener des vies paisibles dans des cadres luxueux, accrochées dans des musées célèbres ou des demeures royales, plusieurs œuvres de Van Gogh ont été la cible de voleurs, prouvant que la malédiction de la beauté est bien réelle. 

La liste des musées victimes de voleurs amateurs d'art est longue et élégante. Mais un musée en Egypte a subi la honte de voir la même œuvre de Van Gogh volée non pas une mais deux fois. La toile reste encore introuvable à ce jour.  Van Gogh a peint les “Fleurs de pavot”, tableau aussi connu sous le nom de “Vase et fleurs”, en 1887, trois ans avant sa mort.

Ce n'est pas son œuvre la plus célèbre, mais c'est un Van Gogh caractéristique, un chef d'oeuvre post-impressionniste représentant des fleurs jaune vif (et trois fleurs rouges) dans un vase de couleur sombre sur un arrière-plan sombre également.  De 1886 à 1890, Van Gogh essaya de capturer dans ses huiles la vivacité des coquelicots qui fleurissent dans les champs du sud de la France chaque année à la fin du printemps. Il commença à peindre des natures mortes à Paris, avant d'évoluer vers les paysages de champs fleuris quand il prit résidence dans la campagne provençale. La peinture en question fait partie de la première période.

C'est une nature morte que l'artiste a peint alors qu'il vivait avec son frère à Montmartre. Quelques temps après la mort de l'artiste, “Fleurs de pavot” fit son chemin de Paris au Caire, où la toile fut installée comme morceau de choix dans l'impressionnante collection du Musée Mohamed Khalil. C'est ici que le destin des pavots a pris un mauvais tournant.  Le 4 juillet 1977, “Fleurs de pavot” disparaît. Il est impossible de savoir ce qui s'est réellement passé étant donné que le gouvernement égyptien n'a jamais révélé les détails de l'affaire, mais on pense que la peinture a disparu lors du déménagement du musée, entre deux palais. Le gouvernement est resté silencieux jusqu'à aujourd'hui alors que les coupables présumés seraient un trio d’Égyptiens. Peu importe qui étaient ces bandits, la toile fut finalement retrouvée et récupérée dans un lieu non révélé au Koweït. 

On peut imaginer le soupir de soulagement des conservateurs du musée Mohamed Khalil lorsque leur Van Gogh fut réinstallé à sa place. Mais il semble qu'ils aient été un peu trop laxistes depuis le retour de leur peinture-prodige. Un samedi d'août 2010, “Fleurs de Pavot” fut volé une nouvelle fois, cette fois-ci en plein jour. Première d'une série de révélations spectaculaires sur le vol :  le suspect (ou les suspects, on l'ignore encore), aurait poussé un canapé contre le mur pour découper la toile et l'ôter de son cadre et aurait ensuite tranquillement quitté le musée. 

Rien de tout cela n'aurait apparemment attiré l'attention du personnel du musée, ni déclenché la moindre alarme. Etant donné l'importance de certaines pièces de la collection du musée – on y trouve des œuvres de Monet, Renoir et Degas – une faille de sécurité aussi magistrale parait impossible. Les négligences sont encore pires. D'après les autorités égyptiennes, au moment du vol, seules sept des quarante-trois caméras de sécurité du musée fonctionnaient, et aucune des alarmes de sécurité du musée n'était activée. 

Abdel Meguid Mahmud, un procureur égyptien, a résumé la situation en décrivant un musée qui offrait uniquement une sécurité "de façade". De plus, la liste des suspects possibles est courte puisque dix personnes seulement se sont inscrites pour visiter le musée le jour en question.  Dès que le cadre et son trou béant furent découverts, l'Egypte se mit en branle.

Le ministre égyptien de la Culture, Farouk Hosni, ordonna aux aéroports et aux ports d'être en alerte maximale pendant que les responsables du musée était oficiellement interrogés sur la situation désastreuse de la sécurité, tandis que plusieurs personnes connues furent arrêtées.  Peu après la révélation du vol, les autorités annoncèrent que deux Italiens, qui allaient embarquer dans un vol vers l'Italie, avaient été arrêtés. Les Italiens avaient visité le musée avec un groupe et avait éveillé les soupçons - après coup - des responsables. Quelqu'un se souvenait les avoir vus entrer aux toilettes avant de rapidement quitter le bâtiment. Farouk Hosni annonça officiellement que la peinture avait été retrouvée. Il fut d'autant plus gêné de devoir se rétracter quand cette information se révéla fausse. 

Les jours suivants, l'affaire provoqua une frénésie générale puis les Italiens disparurent rapidement des actualités (on suppose qu'ils ont finalement été autorisés à rentrer chez eux).  On ignore s'il existe encore des pistes sérieuses mais un mois après cette fatidique journée d'août, le ministre de l'Intérieur égyptien, Habib Al-Adly, déclara au Daily News d'Egypte que le scénario le plus probable pour le vol du Van Gogh impliquait une complicité en interne. “De nombreux éléments entourant le vol des 'Fleurs de pavot' indiquent qu'un employé du musée a participé au vol ou l'a même volé lui-même", a déclaré Habib Al-Adly. “Le lieu et sa localisation dans le musée le confirment.” 

Peu importe qui possède le Van Gogh, il a fait de ce bien mal acquis un secret bien gardé, ce qui doit être difficile – encore plus difficile que le vol lui-même – étant donné que l'œuvre est estimée à 50 millions de dollars.  Chaque année, les coquelicots continuent de fleurir dans le sud de la France, tout comme ils le faisaient lorsque Van Gogh les capturait sur ses toiles il y a plus d'un siècle. Mais depuis six ans, ses "Fleurs de pavot" sont restées silencieuses et ont disparu sans laisser de traces. 

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vangog
- 01/01/2017 - 15:47
Il n'y a plus de journalistes français en France?
Obligés de faire appel au Daily-Beast gauchiste et à des journalistes étrangers pour commenter un peintre français? Quelle dérision!...