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Crime et châtiment

"Mais quel est le dingue qui largue des bouts de corps dans Paris ?"

Publié le 26 novembre 2011
Dans son ouvrage, Matthieu Frachon retrace cent ans de la Brigade la plus mythique et la plus ancienne, la Crim'. Quelques extraits du chapitre "L'usine de mort du docteur Satan". (1/2)
Matthieu Frachon
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Matthieu Frachon est journaliste, spécialiste de l’Histoire de la police.
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Dans son ouvrage, Matthieu Frachon retrace cent ans de la Brigade la plus mythique et la plus ancienne, la Crim'. Quelques extraits du chapitre "L'usine de mort du docteur Satan". (1/2)

Des morceaux de cadavres qui s’ajoutent aux autres, qui les complètent, abandonnés dans la rue, jetés dans la Seine. Aucun visage, pas d’identification possible.

– Mais quel est le dingue qui largue des bouts de corps dans Paris ?

Il empoigne son scalpel, fouille, découpe, analyse puis classe une nouvelle pièce de cet amas de chair. Elle va rejoindre la cohorte de « corps non identifiés », de ces cadavres estampillés X ou Dupont… Mais Charles Paul est troublé, il délaisse le scalpel pour la plume et d’une écriture étonnamment lisible pour un médecin, il rédige son rapport :Le dépeçage n’a pu être fait que par un homme d’amphithéâtre, un spécialiste de la dissection. (…) Les victimes confiées et trouvées éparpillées dans Paris présentent les habitudes de cette façon de faire. Le docteur Paul se demande quel est cet inquiétant « confrère » tueur et dépeceur…

Le 11 mars 1944, il va avoir la réponse à cette question. Le temps est frais et humide, on dirait que cet hiver n’en finit pas. Comme tous les hivers d’ailleurs depuis 1940, comme si le beau temps répugnait à envahir la France occupée. La cheminée du 21 lâche des bouffées de fumée noire, le vent s’est levé et rabat cette brume vers les étages voisins.

– Ça pue, c’est horrible !

– Il faut faire quelque chose !

Sur la porte du 21 une pancarte prévient « Absent pour un mois, faire suivre le courrier 18, rue des Lombards à Auxerre. »

– Ça fait deux jours que ça dure, mais là avec le vent c’est insupportable !

On appelle le commissariat, deux agents à bicyclette arrivent. (…)

Les deux agents battent la semelle, il est sept heures du soir, il fait froid. Lassés d’attendre et inquiétés par l’odeur épouvantable, ils décident de prévenir les pompiers. Très vite un véhicule arrive, trois gravissent l’échelle, la vitre est cassée, ils sont à l’intérieur… Les minutes passent, voisins et badauds commentent le spectacle. Le portail s’ouvre, un jeune pompier livide s’appuie contre un mur et se met à vomir, le caporal-chef Boudringhrin sort et se tourne vers les policiers :

– Venez, il y a du travail pour vous.

Fillion suit le pompier, tout est noir, la torche du caporal-chef éclaire des pièces en désordre, la poussière recouvre les meubles, il y a des toiles d’araignées partout. Les deux hommes vont vers le sous-sol, partout c’est le même abandon, on croirait une maison hantée, un lieu de repos pour les fantômes. Le bruit d’une chaudière en marche s’amplifie, Fillion reste saisi devant l’horrible spectacle. Dans le pinceau lumineux de la lampe torche et de la chaudière, il voit des débris humains posés par terre près d’un petit poêle, un bras sort du foyer de l’immense chaudière chauffée au rouge, un corps coupé en deux attend sur une table…

– Ah, nom de Dieu !!!

Fillion ressort en courant, se précipite au bistrot voisin, il court à perdre haleine, avale de l’air frais, des visions de cauchemar devant les yeux :

– Allô, le commissariat ? Ici l’agent Fillion, prévenez le chef, on a trouvé une cave pleine de cadavres en train de brûler. 21, rue Le Sueur, faites vite.

Il rejoint son collègue Teyssier, lui explique la situation. Les deux hommes tentent de faire circuler en vain les curieux. Soudain un homme à bicyclette arrive, tente de passer.  

– Hé là, où vous allez, vous ?

– Je suis le frère du propriétaire, il arrive, il est derrière moi.

Teyssier laisse passer l’homme, quelques minutes plus tard il ressort de la maison, se dirige vers l’agent, sort ses cigarettes et l’entraîne à part. Ils sont bientôt rejoints par Fillion, intrigué. Il les prend par l’épaule et lance :

– Vous êtes de bons Français ?

– Pour sûr !

– Alors je vais vous dire : ces cadavres, ce sont des Allemands, des collabos, je suis le chef d’un groupe de résistance. J’ai chez moi plus de 300 dossiers avec des noms de traîtres, il faut que j’aille les détruire. Vous avez prévenu vos chefs ?

– Ben oui…

– Il faut que je m’en aille. Vive la France ! On boira un coup après la libération !

– Vive de Gaulle, bafouillent les deux agents, nous, on n’a vu personne.

L’homme remonte sur son vélo et part.

– Quand même, ils sont drôlement gonflés ces résistants, lance Fillion. 

 

Extraits de L'Histoire de la crim', Jean-Claude Gawsewitch (24 novembre 2011)

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